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Une "politique ambitieuse de prévision des crimes et délits" Le président de la République l'a annoncé le 8 novembre, à Nîmes, avec le ministre de l'Intérieur. Dans le cadre "d'une nouvelle étape" de la politique de sécurité, le chef de l'Etat préconise le "renouvellement des formes de prévention". Il insiste sur la nécessité de développer "une politique ambitieuse de prévision des crimes et délits". Une politique qui implique, selon lui, que les forces de sécurité et les travailleurs sociaux "travaillent plus étroitement". D'où ce projet de loi qui sera présenté fin décembre, au conseil des ministres. Nous sommes tous concernés ! Nous sommes tous susceptibles, dans nos vies quotidiennes, de nous adresser à un de ces professionnels : enseignant, médecin, infirmière, psychologue, psychiatre, puéricultrice, assistante sociale, conseillère en économie sociale et familiale, travailleuse familiale, éducateur spécialisé, animateur, etc. Aujourd'hui Ce qu'ils savent sur nous, ce que nous leur confions, est protégé par l'éthique, la déontologie ou le secret professionnel attachés à ces métiers. Cela a permis jusqu'à maintenant de garantir à chacun, en toute équité et en toute confiance, une relation pédagogique, d'aide ou de soins. Or ces métiers de l'aide à la personne sont soumis aux dispositions du projet de loi dit de "prévention de la délinquance". Demain Les maires, futurs "Shérifs" de leur commune. La dernière mouture connue du projet de loi de prévention de la délinquance prévoit : "Tout professionnel intervenant au titre de l'action éducative, sociale ou préventive est tenu d'informer le maire de la commune de résidence de la personne au bénéfice de laquelle il intervient, ou le représentant désigné par le maire, de l'action entreprise au bénéfice de cette personne. Cette communication ne constitue pas une violation du secret professionnel". Ainsi devront être communiquées au maire (sous peine de sanctions disciplinaires) des informations d'ordre privé concernant : - les personnes victimes de l'insécurité sociale (chômeurs, travailleurs précaires), ayant des difficultés financières (sur endettés), - les parents confrontés à des difficultés éducatives, - les enfants en échec scolaire (ou trop souvent absents de l'école), - des personnes malades (alcoolisme, toxicomanie). Sous couvert de "prévention", cette loi sonne la fin du travail social, médico-social et éducatif, en supprimant ses valeurs éthiques et déontologiques de respect de la personne, en obligeant les intervenants sociaux à être des auxiliaires de police. Avec cette loi, tout citoyen est susceptible d'être soumis au contrôle du maire et fiché en tant que délinquant potentiel. C'est la fin de l'intimité des personnes, la systématisation du contrôle, au nom du partage de l'information, avec le maire désigné comme "le pilote en matière d'animation et de coordination de la prévention de la délinquance", et également avec les services de police (dans le cadre, notamment, des conseils locaux de sécurité et de prévention de la délinquance). Le projet de loi ne comporte aucune mesure pour remédier aux causes économiques et sociales de la délinquance, pas plus qu'il n'octroie au maire de moyens en matière d'action sociale. Il s'agit uniquement de contrôle. Le projet de loi de prévention de la délinquance, préparé par le ministère de l'intérieur et déjà expérimenté dans 23 quartiers dits "criminogènes", a pour objectif de renforcer ce maillage. A partir du postulat suivant "toutes les personnes en difficultés sociales sont des délinquants potentiels" et du rejet d'une culture de l'excuse sociale, il prévoit : - l'abrogation du secret professionnel en obligeant les travailleurs sociaux, personnels de l'éducation nationale et personnels de santé à signaler au maire toutes personnes présentant des difficultés sociales, éducatives ou matérielles, sous peine de sanctions, - la diffusion d'une "culture commune de la prévention favorisant l'intégration des normes et de l'interdit" par des interventions de policiers et de magistrats dans les IUFM et les écoles de travailleurs sociaux, - des stages payants "d'aide à la parentalité" dans le cadre de la lutte contre l'absentéisme scolaire, - des sanctions sur les prestations sociales pour "les familles à problèmes", - la mise en place de systèmes de vidéo-surveillance dans les établissements scolaires et les immeubles, - l'installation de policiers référents à l'intérieur de chaque établissement scolaire et de travailleurs sociaux dans les commissariats. Nous, citoyens, parents, professionnels : - dénonçons l'amalgame entre le champ social, éducatif, sanitaire, et le champ répressif et sécuritaire, - refusons l'obligation de délation qui rend impossible toute politique de vraie prévention et d'accompagnement des personnes. La résistance à ce projet doit s'élargir, au-delà des professionnels concernés, à tous ceux qui refusent une société policière. Nous exigeons le retrait du projet de loi de "prévention de la délinquance". Rassemblement Collectif de Défense des Libertés Fondamentales soutenu
par : Alternative Libertaire, CGT, CGT-IDS, Collectif 76 des travailleurs
sociaux et médico-sociaux, Collectif des sans papiers, Coordination Rouen
Artistes et Techniciens, DAL, Fédération Anarchiste, les Alternatifs,
LCR, LDH, Ras l'Front, SNPES-PJJ-FSU, SUD-Santé-sociaux, SUD-Education,
Union Syndicale Solidaires.
Généalogie du nouvel ordre sécuritaire : quelques éléments factuels.
Première partie : de Chevènement à Sarkozy (1997-1998)
La chronologie ci-dessous, qui est loin d'être exhaustive, se veut un outil de travail et une machine de guerre contre l'amnésie collective qu'entretiennent les grands médias quant à la genèse du consensus sécuritaire que nous vivons aujourd'hui. Comme le rappelle l'introduction qui figure dans cette rubrique, ce n'est pas une "demande de sécurité" émanant spontanément de la "France d'en bas" qui a amené les grands médias et la classe politique à se préoccuper des "violences urbaines" et à mener des politiques sécuritaires. C'est au contraire une décision politique qui a précédé la "demande" populaire, et qui l'a produite. Préambule : 1994-1996 1994 - Mise en place aux États-Unis de la politique pénale de "tolérance zéro". La "loi des trois infractions" ("three strikes and you're out") prévoit notamment la condamnation à la prison à perpétuité au bout de trois condamnations, quelle que soit la gravité des infractions commises. Cette loi est suivie, en 1996, par la "loi sur la responsabilité personnelle et le travail", qui retire à des millions de personnes le droit à l'aide sociale. 1995 - Gérard Le Gall, chargé au Parti socialiste des études sur l'état de l'opinion, publie plusieurs documents internes appelant la direction à durcir son discours sur l'immigration et l'insécurité. Le but affiché est de reconquérir les votes populaires, qui se seraient portés vers l'extrême droite. Juillet 1995 et 1996 - Publication dans plusieurs grandes villes françaises des "arrêtés anti-mendicité". Plusieurs maires du Sud de la France, soucieux du confort des touristes et des commerçants, autorisent la police à déplacer de force les mendiants, même si leur comportement ne constitue pas un trouble à l'ordre public. Parmi ces maires, on trouve le maire de Nice, Jacques Peyrat, ancien membre du Front National, mais aussi le socialiste Georges Frêche, maire de Montpellier, et le radical de gauche Michel Crépeau, maire de La Rochelle. Ce dernier affirme que cette mesure est nécessaire pour que le FN ne trouve pas prétexte à se développer. Le quotidien lepéniste Présent invite les élus FN à faire de même en s'abritant derrière cette jurisprudence. Le journal ajoute : "Ce n'est pas tous les jours qu'un édile de gauche nous offre le bon exemple et nettoie les rues de leurs parasites". Le tribunal administratif de Nice, saisi par des associations, décrètera en mai 1997, puis en 1999, que ces arrêtés anti-mendicité sont légaux. Aucune sanction ne viendra non plus des partis politiques. Juin 1997 - Discours d'orientation générale de Lionel Jospin
: la sûreté sera la seconde priorité de son gouvernement, après
l'emploi.
Défendons Roland Veuillet et toutes les victimes de la répression sociale !
Le cas de Roland Veuillet est exemplaire car sa résistance met en lumière les méthodes utilisées et les buts poursuivis. Pour autant, Roland est le contraire d'un cas isolé. Si la répression a toujours existé dans les entreprises et dans les administrations, elle est aujourd'hui systématique contre tous ceux qui s'opposent à la mise en cause des acquis à la Libération (protection sociale, retraites, services publics, garanties salariales, de durée du travail, de contrats de travail). C'est parce qu'elle vise tout le monde que cette politique sécuritaire n'épargne pas les militants. Mais les lois Sarkozy, Perben I et II et les dispositifs militaro-policiers qui les accompagnent visent et frappent d'abord et avant tout les plus démunis, les plus faibles et les plus pauvres, les habitants des cités populaires, en particulier les jeunes, tous ceux, chaque jour plus nombreux que l'ordre économique et moral et la politique d'insécurité sociale transforme en exclus. Ce sont ceux qui refusent l'injustice pour en être les victimes ou les témoins qu'il s'agit de surveiller, contrôler et punir car c'est leur révolte qui menace l'ordre établi. Les militants, syndiqués ou non, mais aussi toutes les personnes jugées "indociles", ou risquant de faire tâche dans le grand concert des mensonges médiatiques orchestrées par le MEDEF, deviennent les cibles de la répression sociale. Citons des cas récents, parmi d'autres :
Lettre d'un Biologiste
Bonjour,
Docteur en biologie cellulaire et moléculaire des plantes et maître en biologie des populations des écosystèmes (écologie) je me permets de joindre en document attaché un article dont je suis l’auteur et qui est (je crois) en totale adéquation avec le combat qui est le vôtre. Cette article tente (sans prétention) d’expliquer les vrais craintes qu’il faut nourrir à l’encontre des OGMs (et surtout des firmes agroalimentaires). Pour précisions, il y a 3 ans j’ai quitté l’organisme de recherche public dans lequel je travaillais (pour des raisons éthiques) et ai ré-orienté ma carrière. Ma spécialité était la genèse de mutants végétaux et de plantes transgéniques afin d’en étudier les conséquences (recherche fondamentale) ! Si cet article ou mes compétences scientifiques peuvent vous être d’une quelconque utilité je me mets à votre disposition. Cordialement Olivier Caiveau
Il faut sauver Mumia !
Mumia Abu-Jamal est né, aux Etats-Unis, le 24 avril 1954.
A l’âge de 14 ans, Mumia est arrêté et battu pour avoir protesté contre un meeting du candidat ultraraciste George Wallace, à Philadelphie. Peu après, il est fiché par le FBI pour avoir voulu rebaptiser son lycée “Malcolm X”. En 1969, le jeune homme est chargé de l’information à la section de Philadelphie du Black Panther Party. Le FBI le considère comme l’une des personnes “à surveiller et interner en cas d’alerte nationale”. Il est l’une des cibles du Cointelpro (programme d’infiltration et de contre-espionnage) dont seront victimes Leonard Peltier et d’autres membres de l’Américan Indian Movement et des Black Panthers. Devenu journaliste de radio apprécié, lauréat de plusieurs prix, Mumia est surnommé "La voix des Sans-Voix" pour sa critique de la corruption de la police et des dirigeants politiques locaux. Pour faire vivre sa famille, Mumia est contraint de travailler comme taxi de nuit. Aux premières heures du 9 décembre 1981, Mumia Abu-Jamal est grièvement blessé lors d’une fusillade dans le quartier sud de la ville, où il vient de déposer un client. Arrêté, il est accusé du meurtre d’un policier, Daniel Faulkner, tué dans cette fusillade. - Malgré ses dénégations et une enquête inéquitable (expertises balistiques inexistantes, balles non identifiables, absence de relevé d'empreintes, zone non sécurisée, tests non effectués, etc.), - malgré les témoins subornés, menacés, écartés ou intimidés, - malgré les rapports de police contradictoires, - malgré les procédures d'appel et les violations de ses droits Mumia Abu-Jamal est condamné sous la pression d'un juge recordman des condamnations à mort, le Juge Sabo. La peine de mort contre Mumia est requise par Ed Rendell. Mumia est "le coupable idéal" En juin 1999, un ancien tueur à gages, Arnold Beverly, avoue à l’une des avocates de Mumia avoir tué l’officier Faulkner dans le cadre d’un contrat mêlant police et mafia. Corroborés par un faisceau d’éléments et de témoignages concordants, les aveux de Beverly n’ont jamais été entendus par la justice au prétexte qu’ils sont "hors des délais de la procédure". En 2001, la greffière du juge Sabo témoigne avoir entendu ce dernier confier, à des policiers au moment du procès (1982), à propos de Mumia : "eh bien, je vais vous aider à faire griller ce nègre !" Le 18 décembre 2001, la sentence de mort de Mumia a été provisoirement écartée, mais il est toujours considéré coupable et menacé de voir cette sentence à nouveau prononcée. Mumia Abu-Jamal lutte toujours depuis le couloir de la mort, enfermé 23h/24h dans une cellule aussi petite qu'une salle de bains et dans un isolement sensoriel inhumain. En date du 8 octobre 2003, les ultimes appels d’Etat ont été rejetés, renvoyant l’affaire au niveau fédéral. La vie de Mumia demeure en grand danger, comme le précisait récemment son avocat fédéral, Maître Bryan. Seule la mobilisation a permi de sauver Mumia de son exécution, en 1995 et en 1999. Seule la mobilisation permettra de le libérer. Comité étudiant pour la libération de Mumia Abu-Jamal - Montpellier e-mail : mumia.montpellier@laposte.net NDLR : Le "Comité pour la libération de Mumia" a rencontré Michael Moore, à Cannes, pendant le Festival du cinéma, pour lui demander des explications sur sa position "étrange" au sujet de Mumia. Le compte-rendu de cette rencontre est téléchargeable sur ce site (en début de cet article).
Chômeurs, salariés,
précaires, retraités :
Contre la suppression massive des allocations ASSEDIC
Le protocole de décembre 2002, signé par les organisations patronaleset certains syndicats (arrêté du 8 février 2003), a été appliqué aux chômeurs indemnisés avant cette date. A partir du 31 décembre 2003, 856 700 personnes vont voir leurs allocations amputées.
PREPARONS NOUS :
Ce qui a été fait peut être défait : les accords et agréments doivent être retirés !
L'union fait la force : Résistons !
Attention, danger ! La machine ultra-libérale "d'en haut" fabrique, "en bas", chômeurs et précaires en quantité. Demain, VOUS, VOS AMIS, VOTRE FAMILLE, ferez peut-être partie du lot, c'est la loi de leur marché. Des mesures anti-sociales et répressives inédites depuis 60 ans sont appliquées pour le seul bénéfice du patronat et des actionnaires. Les salariés et précaires sont soumis à un racket illimité. La logique du pouvoir s'établit sur un " pari " basé sur la confiance, entraînant la consommation, le tout débouchant sur la croissance qui engendre un " monde merveilleux ", comme dans le rêve des poupons et poupées barbantes. SANS NOTRE PARTICIPATION À CE CERCLE VICIEUX, NE CRÉANT QU'INJUSTICE ET MISÈRE, LA MÉCANIQUE BROYEUSE D'HUMANITÉ PERD SON CARBURANT PRINCIPAL : Le/la consommateur/trice NOUS POUVONS DONC STOPPER CETTE MACHINE INFERNALE ET DANGEREUSE QUI NUIT GRAVEMENT À LA SANTÉ, À L'ÉDUCATION, À LA CULTURE, À LA NATURE, À NOS VIES ET À NOS ENVIES D'UN MONDE SOLIDAIRE ET ÉQUITABLE.
Utilisons enfin notre pouvoir par la grève des achats,
vers la décroissance de la consommation ! Cette action n'est pas utopique ; la bourse tourne avec notre argent ! Aussi, dès aujourd'hui :
Participer à cette action ne coûte rien, ne demande ni réunion, ni inscription et nous fera faire des économies. Profitons-en pour consommer autrement, des produits sains achetés chez les producteurs, sur les marchés et dans les petits commerces de proximité. Ne gaspillons rien, partageons avec ceux qui en ont besoin et entraidons-nous. Les divisions ne servent que ceux qui tiennent le tiroir-caisse. Démontrons que l'Organisation Mondiale du Commerce ne gouvernera pas à notre place. C'est la rue qui gouverne ! La désobéissance civile et la résistance active s'imposent face aux fossoyeurs de nos libertés chéries.
Peut nuire gravement... dessinateur, créateur du personnage de BD " Le Chat ". Les Français sont en train de se poser la question de savoir s'ils ne devraient pas imprimer sur les paquets de cigarettes (dont le prix vient d'ailleurs d'augmenter considérablement) la photo d'un fumeur atteint du cancer du même nom ainsi que la mention " le tabac tue ". L'effet sera-t-il suffisamment dissuasif pour décourager les futurs consommateurs ou faire baisser la fréquence d'inhalation des adeptes de Jean Nicot (1530-1600). L'idée n'est pas bête et pourrait faire des petits. - On ferait imprimer sur les sachets de bonbons des photographies de dents gâtées. - Et sur les étiquettes des bouteilles de bière ou de whisky des clichés d'accidentés de la route perdant leurs derniers litres de sang dans le bas fossé. - Sur chaque emballage plastique, chaque canette, chaque bouteille d'eau minérale, une vue de décharge publique où s'entassent pour les siècles des siècles les rebuts de notre société d'hyper consommation. - Sur nos t-shirts, casquettes et chaussures de sport, on verrait le portrait des enfants esclaves qui, dans des caves obscures quelque part en Asie, pour quelques centimes d'euro, cousent de leurs petits doigts les vêtements que nous porterons seulement quelques fois avant de les bazarder parce que le coloris ne sera plus de saison. - Il faudrait aussi apposer sur chaque litre d'essence l'image d'une mouette mazoutée et sur chaque baril de pétrole, celle des terres inondées par les océans qui vont bientôt déborder suite au réchauffement de la planète ou celle de populations martyrisées par des guerres dont le seul but est de préserver l'approvisionnement en or noir des pays les plus riches et les plus égoïstes du monde. Au fond, la meilleure solution serait peut-être, tout simplement, de faire imprimer sur les billets de banque cette mention : " Peut nuire gravement à l'humanité". Philippe Geluck
L'autre jour, l'Ange s'est pendu...
Bonjour,
Nous venons d'apprendre la triste nouvelle : Alban s'est donné la mort lundi dernier. C'était un compagnon de lutte et un ami. Alban, tu vas nous manquer... Mot du directeur de la maternelle où Alban a travaillé 5 ans, remis à chaque élève : "En mars 1999, Alban entrait dans l'école en tant qu'aide-éducateur. Il a vite su imaginer et créer son rôle auprès des enfants et des enseignants. Sa capacité d'adaptation le faisait entrer avec enthousiasme dans le projet d'école, sa créativité lui permettait de proposer aux enfants des situations d'apprentissage, sa sensibilité le conduisait à adapter sa pédagogie à chaque enfant. Il a su créer des liens chaleureux avec les familles et être pour nous, au sein de nos classes, un interlocuteur essentiel. Au printemps 2003, Alban s'est battu pour que la fin des contrats des aides-éducateurs débouche sur des propositions de formation et d'emploi. Il a tout de même dû partir en mars 2004, et après 5 années passées au service de l'Education Nationale, sans diplôme et dans l'indifférence de l'institution. Nous venons d'apprendre qu'Alban s'est donné la mort et nous pleurons l'ami, le collègue et le jeune homme sensible qu'il était." L'ensemble des personnels de l'école. -------------------- Texte paru dans Libé : L'autre jour, l'Ange s'est pendu lundi 8 novembre 2004 (Libération - 06:00) Nous sommes deux institutrices de maternelle en deuil. C'est le deuil d'un collègue et ami que nous subissons, mais aussi celui d'une "certaine idée de la France". Il va falloir apprendre à vivre avec la douloureuse certitude d'appartenir à un système incapable d'intégrer ses jeunes, qui les rejette, allant jusqu'à nier leur existence. Il y a cinq ans, Alban, jeune aide-éducateur, débarquait dans notre école. Au fil des semaines, il a su imaginer et remplir ce tout nouveau rôle auprès des enseignants, des élèves et de leurs familles. Il est devenu l'interlocuteur qui nous manquait, à nous, enseignants, qui n'étions plus seuls face à la classe. Il a su se rendre disponible pour s'occuper avec finesse et bienveillance des petits groupes d'enfants qui avaient besoin de cette intimité pour progresser. Il a su nous raconter ce qu'il voyait dans les autres classes et concourir ainsi à des échanges fructueux. Pendant ces cinq années, Alban s'est formé au métier d'enseignant. Il en a connu les joies, les écueils et les difficultés. Et c'est en connaissance de cause qu'il désirait devenir professeur. L'institution l'a-t-elle reçu pour un entretien au cours de ces années ? Non. A-t-il jamais été évalué ? Non. A-t-on demandé à l'équipe de témoigner de ses capacités ? Non. Pour l'institution, Alban n'existait pas. Tant pis, Alban gardait espoir : il avait le projet de passer le concours interne puisque sa position d'aide-éducateur le lui permettait. Mais on lui a refusé de concourir : il lui manquait deux mois de travail à l'Education nationale ! Pourtant, Alban avait encore foi dans la justice. Il s'est battu pour que les contrats d'aide-éducateur débouchent sur des emplois. Au printemps 2003, il a été l'un des fondateurs du Collectif des aides-éducateurs. Alban était de sa génération : il n'avait pas de culture politique. Il s'est lancé dans l'aventure à corps perdu, sans se protéger des coups. Ses convictions lui donnaient des ailes, il volait. Quand tout a été fini et qu'il a fallu partir sans rien obtenir, Alban ne s'est pas résigné, ses ailes étaient toujours déployées. Il a continué d'écrire partout, de dénoncer, de rappeler qu'il existait. Il n'a jamais eu de réponse. L'autre jour, l'Ange s'est pendu. Dans l'espoir d'être enfin entendu. Et nous, nous restons là. La colère nous submerge. Marie de Villartay et Laurence Kleinberger, Paris
Il faut exiger la séparation du MEDEF et de l'Etat !
Quand le gouvernement se répand, dans les médias aux ordres, pour expliquer qu'on ne peut plus payer les retraites, qu'on n'a plus les moyens d'avoir un système de santé correct, que nos services publics fonctionnent mal et que, "non, c'est juré !", ils ne veulent pas les privatiser, il faut lire et relire cette déclaration faite par le Ministre à la Destruction, pardon à la Réforme de l'État, Renaud Dutreil, lors d'un colloque de la Fondation Concorde (fondation ultra-libérale, tendance Chirac) le 20 octobre, reprise par Charlie-Hebdo, présent sans autorisation, et à qui le Président de la Fondation a expliqué, à la fin, que "nous n'avons pas besoin de la presse comme vous". Extraits choisis : "Les retraités de la Fonction Publique ne rendent plus de services à la nation. Ces gens-là sont inutiles, mais continuent de peser très lourdement. Il faudra résoudre ce problème. A l'heure actuelle, nous sommes un peu méchants avec les fonctionnaires..." "... Comme tous les hommes politiques de droite, j'étais impressionné par l'adversaire. Mais je pense que nous surestimions considérablement cette force de résistance. Ce qui compte en France, c'est la psychologie, débloquer tous ces verrous psychologiques..." "... C'est sur l'Éducation nationale que doit peser l'effort principal de réduction des effectifs de la Fonction publique….Licencier dans les back-offices de l'Éducation nationale, c'est facile, on sait comment faire, avec Eric Woerth (secrétaire d'Etat à la Réforme de l'Etat) : on prend un cabinet de conseil et on change les process de travail, on supprime quelques missions. Mais pour les enseignants, c'est plus délicat. Il faudra faire un grand audit..." "... Le problème que nous avons en France, c'est que les gens sont contents des services publics. L'hôpital fonctionne bien, l'école fonctionne bien, la police fonctionne bien. Alors il faut tenir un discours, expliquer que nous sommes à deux doigts d'une crise majeure - c'est ce que fait très bien Camdessus -, mais sans paniquer les gens, car à ce moment-là ils se recroquevillent comme des tortues." Sans commentaire...
Arrêtons la répression anti-syndicale !
Le mercredi 13 octobre 2004, Kamel a été condamné à 3 ans de
prison, dont 18 mois fermes, et 30.000 euros d’amende. On l’accuse
injustement d’avoir provoqué l’incendie de l’usine de tubes
cathodiques Daewoo-Orion en Lorraine, près de Longwy.
C’est scandaleux car nul ne doute que ce sont les employeurs qui avaient intérêt à ce que l’usine occupée par les salariés en lutte contre leur licenciement, soit évacuée et les stocks détruits pour aboutir à la liquidation judiciaire et non à un plan social. Le Groupe Daewoo (qui continue de vendre des voitures) a pu ainsi délocaliser sans payer un seul centime des indemnités de licenciement ni les dettes qu’il doit à l’URSSAF (nos cotisations sociales). Des éléments troublants ont pourtant été communiqués au tribunal, dont l’accumulation est incroyable : - Pourquoi le dispositif incendie était-il hors d’usage ? - Pourquoi la direction de l’entreprise a t-elle fait déménager la comptabilité le matin-même ? - Pourquoi a-t-elle renvoyé les salariés chez eux à partir de 16 Heures ? - Pourquoi les cadres qui devaient être présents jusqu’à 22 H étaient-ils absents lors du départ de feu aux environs de 20 H 30 ? - Pourquoi la société de gardiennage avait-elle réduit le système de surveillance depuis la veille ? L’accusation contre Kamel ne repose sur aucun élément matériel, mais seulement sur un témoignage particulièrement incohérent : celui qu’on a présenté comme le "témoin clé" prétend avoir reconnu le conducteur au seul bruit d’un chariot élévateur qui serait passé par une "porte rouge"... dont tous les autres témoins s’accordent à dire qu’elle était bloquée ! En face 3 témoins sont formels : Kamel était présent avec eux au poste de garde depuis 20 Heures jusqu’au moment où l’incendie s’est déclaré ... c’est à dire qu’il ne peut pas matériellement en être l’auteur. Il fallait un coupable, la justice a condamné un innocent ! L’UL CGT Longwy ne restera pas sans réagir face à l’ignominie et prépare d’ores et déjà la riposte tant sur le plan de la mobilisation que sur le plan juridique. Elle continue d’exiger la réouverture du dossier d’instruction afin que les vrais coupables soient enfin démasqués. Les travailleurs victimes de la répression anti-syndicale et d’une justice au service des patrons se multiplient ! Nos camarades se sont engagés et se sont exposés au nom et pour le bien de tous les travailleurs ! Ne les laissons pas tomber ! Arrêtons la répression anti-syndicale ! Réintégration de tous les camarades licenciés pour activité syndicale. Retrait de toutes les sanctions pour les victimes de répression anti-syndicale. C’est pourquoi le Réseau Syndical Interpro appelle tous les militants syndicaux et toutes les organisations syndicales à se joindre à une campagne unitaire et intersyndicale sur cette question. Il en est de notre responsabilité à tous. Il est fondamental que nous apportions très rapidement le soutien le plus large possible à nos camarades victimes de cette répression.
------------------------------------------------------------ Rebonds - Lundi 20 septembre 2004 Syndicaliste sanctionné suite à la grève de 2003, son combat contre l'Education nationale replace l'homme au centre des luttes collectives. Roland Veuillet, ou l'individu contre le néolibéralisme Par Philippe Corcuff , maître de conférences de science politique à l'IEP de Lyon. Roland Veuillet est conseiller principal d'éducation en lycée. A la suite de la grève des surveillants et des aides-éducateurs de janvier 2003, ce militant du syndicat Sud Education a été sanctionné et muté de Nîmes à Lyon, loin de sa famille et de ses enfants. Roland n'a pas accepté cette mesure arbitraire orientée contre le droit de grève et entachant son intégrité personnelle. Alors, marathonien, Roland a couru pour protester. Pendant les périodes de congés scolaires, il a parcouru environ 5 000 km en un an : de Nîmes à Lyon, autour du ministère de l'Education nationale, etc. Mais rien n'y a fait. "Les chaînes de l'humanité torturée sont en papier de ministère", écrivait l'individualiste libertaire Kafka. La rage antisyndicale et les petites lâchetés bureaucratiques d'un proviseur et d'un recteur ont été entérinées par les ministres successifs : hier Luc Ferry, aujourd'hui François Fillon. Roland a alors entamé une grève de la faim le lundi 30 août dans sa voiture devant le ministère de François Fillon. Une action reposant sur le courage individuel, mais une action de dernier recours, mettant en danger son corps. Le combat de Roland est exemplaire quant au statut nouveau de l'individualité dans les combats contre le néolibéralisme. Tout, d'abord, parce qu'il met en évidence que ce néolibéralisme continue à promouvoir un individu passif, soumis, standardisé, coincé entre la réduction marchande de ses capacités et l'arbitraire des grandes bureaucraties privées et étatiques. Face à cela, Roland incarne la résistance de l'individualité méprisée. Comme les jeunes salariés en lutte dans les McDonald, etc., Roland ne plie pas face à l'injustice. Comme eux, il est têtu, individuellement déterminé. Combien lui ont conseillé de courber l'échine, de rentrer dans le rang, le temps que «ça se tasse» selon le bon vouloir d'une hiérarchie indigne, dans le silence de la servitude volontaire. Ya Basta, répond-il en zapatiste au coeur de nos univers policés et volontiers conformistes ! Les mouvements sociaux et la critique antilibérale ont souvent, de ce point de vue, du retard. Insistant légitimement sur les solidarités collectives défaites par la flexibilité néolibérale et indispen sables à son renversement, ils oublient de faire de l'individualité un point d'appui et une finalité de nos luttes. Ils laissent alors trop facilement le monopole de l'individu au management néocapitaliste (le jeu de l'individualisation pour casser les collectifs syndicaux) et au marché (l'individu consommateur). Pourtant, la critique sociale révèle bien dans son patrimoine historique une forte attention à l'émancipation individuelle. La tradition anarchiste (Proudhon, Bakounine, Pelloutier, etc.) a ainsi su prendre en compte les exigences de l'individualité contre les penchants trop "collectivistes" de nombreux marxistes. Marx lui-même, si on sort des lectures les plus routinisées de son oeuvre, n'a-t-il pas mis l'individu au centre de sa critique du capitalisme ? Un individu non pas isolé mais potentiellement riche de ses relations sociales, porteur de possibilités créatrices entravées par l'hégémonie de la mesure marchande de ses activités et par la division du travail de l'usine capitaliste. Sait-on même que, dans ses Manuscrits de 1844, Marx récusait un "communisme vulgaire" qui, "niant partout la personnalité de l'homme", "cherche à tout ramener à un même niveau", dans la logique d'un "nivellement", et non du développement souhaitable des capacités singulières de chaque individu ? Quant au socialisme français, un Jaurès s'efforçait de concilier l'appropriation sociale des moyens de production et d'échange avec la dynamique de l'individualisme. Ce patrimoine apparaît particulièrement actuel au moment où le néolibéralisme s'attaque aux «supports collectifs de l'individu moderne» (Etat social et services publics), selon l'expression du sociologue Robert Castel, c'est-à-dire aux outils collectifs qui ont permis à l'autonomie individuelle de se consolider. Au nom d'une vision erronée, autosuffisante et égoïste de l'individu, les prophètes néolibéraux saperaient les bases concrètes sur lesquelles l'individualisme contemporain a pu se développer, et donc menaceraient les fragiles acquis de l'autonomie individuelle. D'où la nécessité de nourrir la critique sociale d'une double référence aux solidarités collectives et à l'individualité. L'entêtement de Roland se situe bien à cette croisée de l'individuel et du collectif, du je et du nous. C'est une personne et un syndicaliste, qui se bat à la fois pour lui et pour nous, pour sa dignité et pour la défense d'acquis collectifs. Sa lutte suppose l'affirmation d'une volonté individuelle, dans le cadre d'un mouvement collectif. Il met en jeu sa responsabilité individuelle, mais en appelant à un sens collectif de la responsabilité. Comme dans les luttes écologistes, où ce qui relève de la responsabilité de chacun (mode de vie, consommation, rapports à l'environnement, etc.) vient étayer une visée collective (l'avenir des générations futures et de la planète). L'action de Roland (comme celle des altermondialistes, des salariés de McDonald et de Pizza Hut, des intermittents, des syndicalistes refusant les délocalisations, des écologistes, des sans-logis, des sans-papiers, etc.) nous convie alors à un double défi, à court et à moyen terme. A court terme, il s'agit de se mobiliser pour que ces combats indissociablement individuels et collectifs débouchent sur des avancées. Afin que la possibilité que des énergies individuelles se déploient plus largement dans des mouvements collectifs soit renforcée, donnant alors de nouvelles bases sociales et une confiance renouvelée à une perspective d'émancipation pour le XXIe siècle. Dans le cas de Roland, le temps presse : sa santé, jour après jour, court des risques grandissants. François Fillon doit accepter que justice soit faite. Il faut que, individuellement et collectivement, pour Roland et pour chacun d'entre nous, pour notre avenir commun, nous l'y poussions. A moyen terme, il faut capitaliser ces expériences, explorer les traditions oubliées, repenser la critique sociale en donnant toute sa place à l'individualité Philippe Corcuff
Et voilà : la Bourgogne est nettoyée de ses OGM !!!
Communiqué des Faucheurs volontaires
Dans la nuit de dimanche (3/10/2004) au lundi, une trentaine de
faucheurs volontaires de Bourgogne et Franche-Compté a nettoyé une
parcelle expérimentation de maïs OGM (2 lots de maïs BT et 2 lots de
maïs résistants au glyphosate). Cette parcelle de 6000 mètres carré,
située dans la commune de Varois-et Chaignot près de Dijon, la
deuxième parcelle la plus grande de France en terme de surface, était
la dernière parcelle dans toute la Bourgogne (une parcelle de Colza,
voisine, ayant déjà été récoltée).
Appel
pour amplifier les « lundis de Résistance »
dimanche 26 septembre 2004, Jean Dornac
Aux Intermittents, vaillants combattants depuis plus d’un an ; aux faucheurs volontaires frustrés de n’avoir pu faire leur devoir de désobéissance civile, à Colomiac comme à Valdivienne ; aux faucheurs volontaires et à leurs nombreux sympathisants qui n’ont pu se rendre sur les lieux, quelles qu’en soient les raisons ; aux chômeurs, récents, anciens, jeunes, moins jeunes ; aux radiés des indemnités de chômage ; aux victimes des délocalisations comme aux victimes des nombreux chantages patronaux ; aux syndicalistes et adhérents frustrés par l’attitude des dirigeants ; aux adhérents des partis politiques, surtout de gauche, frustrés par les démissions des dirigeants ; aux retraités de plus en plus spoliés ; aux journalistes frustrés de ne pouvoir travailler selon leur conscience ; à tous les Français, quelle que soit leur origine, conscients de l’attitude générale du gouvernement UMP, fait de mépris, de décisions arbitraires, de manipulations médiatiques, etc... Nous lançons un appel pour nous retrouver dans la rue chaque lundi soir. Ces lundis doivent devenir des « lundis de résistance », dans l’esprit d’une résistance constructive et totalement non-violente, mais non moins ferme ! Ce lundi 27 septembre, vous pourrez manifester votre volonté d’être enfin respectés, votre volonté de reconstruire un Etat de Droit et de restaurer une démocratie bafouée aujourd’hui, dans les villes suivantes (communiqués reçus de diverses associations et collectifs) : Lundi 27 septembre à 18h30 : Manifestation hebdomadaire pour des droits nouveaux, pour résister à la précarité, contre la Casse Sociale ! Place de la Comédie (devant le Théâtre), à Montpellier. Avignon : Lundi 27 septembre : 18h30, RDV devant la mairie d’Avignon pour la troisième des manifs du lundi ! Les Alternatifs du Tarn seront devant la statue de Jean Jaurès à Castres dès Lundi 27 septembre à partir de 17 h 30 ! Ils amorcent à Castres « les rassemblements du lundi » initiés déjà en Allemagne pour la défense des Droits de Tous. Nous sommes tous concernés, nous vous invitons à nous rejoindre. Merci de diffuser largement cette information Paris : Pour les parisien-ne-s et région parisien-ne-s, et ceux qui leur rendront visite en début de semaine : "En France comme en Allemagne, rassemblement tous les lundis à partir de 17h. Rotonde de la Vilette - Métro Stalingrad et Jaurès" (communiqué d’AC !) Vannes : même date, 18h30. Mais aussi : à Nancy, Bourges, en Gironde et à Marseille ! Si vous vous sentez concernés ! Si vous n’en pouvez plus du mépris affiché par la « France d’en haut » ! Si dans votre ville aucun « lundi de résistance » n’est prévu, contactez les collectifs et associations du lieu pour organiser ces « lundis » au plus vite ! La casse sociale avance à très grande allure : nous n’avons pas le droit de dormir ! A noter dès maintenant : Dimanche 3 octobre, à Berlin (Allemagne) - Rassemblement national des "Manifestants du Lundi". Nos camarades allemands qui manifestent tous les lundis depuis plus d’un mois dans des centaines de villes invitent tous les militants européens qui le peuvent à venir les rejoindre pour cette manifestation, avec comme objectif d’élargir leur mouvement à travers toute la Communauté Européenne.
Auch
: les faucheurs volontaires d'OGM
attaqués et gazés... par un hélicoptère !
Voir, aussi, d'autres témoignages sur http://www.altermonde.levillage.org,
http://www.bap.propagande.org
et http://paris.indymedia.org
Plus ça va, plus ça va plus ! ! ! Frinch’minin, c’est ce que j’ai trouvé, en phonétique masquée, approchant le plus l’accent québecquois, parce que moi j’aime bien l’accent québecquois. Je ne vous ai jamais parlé en québecquois ? Pourquoi je vous dis ça ? Parce que je ne sais pas comment commencer, blaireaux ! (c’est pas beau, hein, "comment commencer", "Hein" non plus, c’est pas beau, mais il faut dire que l’attitude de l’armée Françoise n’a pas été belle non plus. Nous, gentils tout et tout, on vient juste pour faire le ménage à Solomiac. Faire disparaître les quelques OGM négligemment perdus par Mon santo, et le vôtre si vous n’y faîtes pas gaffe. Frinch’minin, (ah ! vous voyez qui y’a un fil) moi j’vous l’dis père ben, si tout et toutes les techniciens de surface étaient accueillis à coup de grenades dans la tronche, y’aurait moins de ces immigrés. Figurez-vous, Marie Chantal de Seillières, que certains de ceux-ci, sont si colorés que mon bronzage en est ridicule ! d’autres, quelle horreur, osent ressembler à des palestiniens génocidés par Sharon ! Mais que fait notre gendarmerie nationale ? Ben justement, leur gendarmerie nationale pour l’heure elle est, comme en Palestine, très occupée ! Hé bé voui, y’a plein d’ennemis intérieurs qui voudraient qu’le bonheur soit dans l’pré. Y’a même des civils qui s’font passer pour des bébés, dans des véhicules maquillés en poussette, avec défaut d’immatriculation à la clé. Mais nous gendarmes on nous la fait pas ! Bang, bang, bang ! Tous pareils ! A la grenade et aux gaz irritants ! ça pleure, ça crie, aaah !!! Je jouis dans ma coquille ! Bon on arrive tout collé après une heure de bagnole. Heureusement les locaux nous ont préparés un p’tit kilomètre de marche, histoire de refaire fonctionner les membres qui servent beaucoup dans ce genre d’opération. Yeeep ! l’comité d’accueil est du genre conséquent. Y’a les mêmes couleurs qu’à Cournon mais, là, les mobiles qui bougent pas sont tous sous gamelle avec écran pour débroussailler. Là où on sent d’entrée que ça va être encore plus chaud qu’à Cournon, c’est en passant devant un poste de secours avancé installé par les pompiers, qui ont été "réquisitionnés" par l’empaffé, pardon, le préfet. Ils ont du matos pour soigner les yeux, et de l’eau comme il en pleuvait avant le réchauffement de la planète ! Conclusion : les ordres étaient, dès le départ, de nous massacrer. Le champ est entièrement ceinturé par deux rangs de barrières et, derrière chaque rang, les schtroumfs grognons. Les premières barrières tombent facilement. On avance en pack et on vient au contact du second barrage. Là, c’est pas la même. Tout de suite ça cogne. Coups de matraques dans l’estomac, coups de matraques sur les doigts qui traînent sur les barrières, coups de matraques sur tout ce qui se présente. Les barrières sont quand même abattues. Alors là ils paniquent ! Y’à même un branleur à tête de collégien pubère d’chez eux qui pleure... répète sans cesse : reculez... reculez... reculez ! Mais que nenni, on r’cule pas ! Enfin, d’une certaine manière, moi si... Parce que je progresse en leur tendant mon cul, ça fait moins mal que dans la gueule. Mais quand je me retourne c’est juste pour les voir lâcher... un chien ! ça c’est une première ! Il se rue (le chien) sur un pote tombé à terre et pendant qu’il se protège (le copain) du clébard, les bleus le cognent ! On parvient à récupérer quelques camarades mais d’autres, blessés, sont traînés au sol, embarqués dans des fourgons. A ce moment, la glorieuse armée Française, protectrice des multinationales et non des citoyens, perd pied, elle est en passe de se faire déborder. Alors ils balancent les grenades dans la foule, à tir tendu (interdit par leur propre règlement), droit dans la tronche ! ! ! Pas possible de s’incruster... On reflue, mais ça leur suffit pas. C’qui veulent les emmanchés, c’est apocalypse now ... l’hélico ... qui dégueule des chapelets de grenades sur nos carcasses ! Y’a des gens qui tombent, touchés par les éclats. Je m’affale comme une merde molle, les bronches et les yeux en feu, un camarade me propose de l’eau... non mec, merci, mais faut pas céder à la tentation, c’est le cureton de la paroisse qui l’a dit. La peau qui brûle comme sortie d’un bain d’acide. Du moins selon l’idée que je m’en fais, pacequ’ j’reconnais que j’me suis jamais ni prêté, ni vendu à l’expérience. Ça se calme. On va bloquer les bahuts, mais ils ont déjà réussi à virer José et Solwène à la Gendarmerie du bled. Sur place, il reste Francis Brousse, blessé, à qui les fafs refusent un toubib, et d’autres potes, dont on n’a pas les noms, vu qu’le gros mal rasé que sa barbe raye la visière et qu’on pourrait croire qu’il veut ressembler à un salopard d’gauchiste aprés 272 h d’garde à vue, veut pas communiquer. Hé Hé, quand le porte parole local des faucheurs nous dit çà, le troufion s’énerve : "non monsieur, non monsieur," qui dit l’empaté, "c’est pas qu’la gendarmerie veut pas communiquer, c’est qu’elle veux rien dire !" Traduction : comme on a peur de dire des conneries, (j’m’étais même pas rendu compte qu’ils pouvaient dire autre chose, mais bon...). On attend qu'un qu’a l’droit d’les dire vienne se faire foutre de sa gueule. Jean Émile Sanchez demande à ce que le préfet ramène sa viande, mais l’autre fait un caprice et y veut que ce soit Jean é....... qui aille à la pref. Pas question ! Et, finalement, nos camarades sont relâchés un par un. Et là un geste magnifique qui nous a tous déridés... enfin pas les schtroumfs ! Un des libérés dont j’ai pas le nom, mais ça va revenir, au moment de franchir les barrières a brusquement obliqué et foncé sur les Ogm sous nos acclamations. Bon, la division charlemagne qui s’est ruée derrière lui ne l’a pas ressorti tout de suite, alors j’vous laisse imaginer c’qu’il a ramassé ! Pendant les libérations, alors qu’on n’avait même pas dit qu’on les imaginait bien à quatre pattes derrière leur mère, leur petite soeur et même leur grand frère, ils se sont remis à nous balancer une nouvelle salve de grenades à hauteur d’homme... et de femmes, aussi, pace’qu’on les oblige à respecter la parité. Alors là, j’avoue que j’leur ai fait savoir qu’à mon sens ils seraient très à leur place au milieu d’une assemblée de très beaux et très jeunes Grecs en érection et dans un tel état de manque que même eux feraient l’affaire ! Ça faisait un moment qu’on les étudiait. Y’avait des p’tits jeunes pas finis de dresser, qui en étaient à leur première sortie champêtre. Sont dangereux ceux là, parce qu’ils balisent très vite. Les vieux aguerris, qui sont tellement dans leur trip qu’ils n’entendent même pas les ordres d’halte au feu, le genre "tout c’que j’ai dans les fouilles j’le balance, après j’arrête" sont dangereux aussi ceux là. Et pis y’en avait un.... Tout grand, tout maigue, tout coupant, le style que tu tiens par les pieds, tu fais tourner très vite et tu niques d’un coup tout un champ d’OGM. Cui là avec ses petits yeux très noirs très rapprochés brillants d’intelligence comme ceux de Busch, des yeux dans lesquels tu pouvais lire la méchanceté à l’état brute. Cui là, au berceau, son père a dû lui dire :"tu sera faf mon fils, et comme je connais bien ta mère, tu seras aussi fils de pute". Mâchoires serrées, il arpentait le terrain derrière les barrières, tel un chien gardien de camp de concentration, écrasant sa matraque sur tout ce qui les effleurait. Ben moi, j’suis content, quand même, parce qu’il y a un afflux de nouveaux militants qui vont prendre la relève. Comment je l’sais ? Facile. Il n’y avait qu’à écouter le nombre de camarades qui étaient convaincus qu’ils pouvaient par le seul pouvoir des mots, faire basculer les trouflicards en notre faveur... En rentrant, avec Jocelyn du CROAC, on a évoqué nos souvenirs de barricades, au quartier latin, en regrettant le temps où on pouvait faire morfler les bleus autant qu’ils nous faisaient morfler. Maintenant, ils sont blindés de partout, pieds, tibias, épaules, couilles. Tiens, leur coquille ! ça me rappelle l’adolescence, quand on se mettait du coton dans le slip pour faire croire aux filles qu’on était monté comme des ânes. Bon, moi, j’suis juste monté sur des ânes. Quand on se déloquait le soir, on aurait dit un père Noël avec un grand nez , enfin... avec un nez, quoi ! J’suis content quand même parce que j’ai pu mettre des visages sur mes camarades du site d’Altermonde, Jean et Madeleine Dornac, Aggie, Dimitri... Bilan positif, tout les camarades ont été libérés, en dernier José et Solwène ! Le champ n’a pas été fauché, mais il est condamné, les bleus le savent, ils l’ont dit à José. Bilan négatif, il y a des camarades salement amochés. Là où je ne suis pas d’accord avec toi José, c’est quand tu dis "ne nous trompons pas d’adversaires, ce ne sont pas les gendarmes" ! Désolé compagnon, mais ils ont prouvé aujourd’hui qu’ils étaient au service de la mafia sur laquelle s’appuie l’OMC. Certes ils obéissent aux ordres mais c’était la même ligne de défense qu’avaient adoptée les salopards nazis et derrière laquelle se réfugient toutes les ordures de la planète. Bakou, l’ex intermittent toujours faucheur Jocelyn of CROAC, m’a fait remarquer, fort justement, que dans l’épisode qui s’est déroulé devant la gendarmerie de Clermont-Ferrand, le 14 août, j’avais écrit "des frites offertes par un camarade de Montpellier". Rétablissons la vérité historique : c’est un camarade de là-haut qui a eu ce geste de solidarité. Fais-toi connaître et, à Riom, samedi je t’embrasserai). Seconde remarque du même Jocelyn of CROAC (sur qui pèse lourdement la suspicion d’être un chieur), je n’ai même pas parlé de cette accordéoniste géniale grâce à laquelle le temps ne nous a pas paru long. Fais-toi reconnaître à Riom, je t’embrasserai avec plus de facilité que le barbu des frites).
Suicide
à France-Télécom Nantes
C'est avec horreur que le syndicat SUD vient d'apprendre le suicide
d'un de nos collègues techniciens de France Télécom. Agé de 48
ans, Daniel LECHENE travaillait à l'Unité Régionale du Réseau de
Nantes. C'est le second suicide en deux mois dans cette unité.
Avec ses collègues, Daniel avait participé aux nombreuses mobilisations syndicales contre les restructurations de l'URR, notamment en juin dernier. A l'issue de ce mouvement, notre collègue avait été nommé sur le site de Carquefou sans même que lui soit attribué le moindre bureau ni même que soient transférés ses dossiers personnels. Le suicide de notre collègue ne peut être séparé de cette souffrance au travail, des restructurations incessantes, de la casse des collectifs de travail, du refus de la moindre reconnaissance sociale. Dans tout le département, de fortes réactions d'indignation et de colère s'expriment actuellement chez les agents de l'URR, collègues de Daniel, par ailleurs convoqués ce matin même pour être informés de nouvelles restructurations et suppressions de postes. Tous sont convaincus que l'hommage à lui rendre nécessite de dénoncer un système de management qui a conduit une nouvelle fois à de tels actes désespérés. SUD PTT s'associe pleinement à la douleur de la famille et des proches de Daniel, mais aussi à celle de ses collègues et amis. La machine à broyer les êtres humains, conséquence de la privatisation de France Télécom, a encore tué. Nous ne l'acceptons pas.
Faucheurs
Volontaires d'OGM :
l'opération du 14 août, à Marsat.
Salut compagnons,
D'abord une petite précision importante : je n'ai pas la prétention de faire du journalisme. Moi, je suis un militant de base qui ne veut que livrer ses sentiments sur une action à laquelle il participe directement. Quand on est dans le feu de l'action, on ne voit pas tout. On a un objectif, on le fixe, on essaie d'y parvenir, avec le minimum de "dommages colatéraux". Donc, on a forcément des oeillères ! La bataille de Gergovie a bien eu lieu ! Cinq cents lascards, de tous horizons, ont rempli des charrettes à en faire péter les portières ! Arrivée sur zone autour de 15h30. Ouélléllé ! Les copains de notre service local de renseignements avaient tout bon : la parcelle est ceinturée de barbelés... Bon ! Devant les barbelés, c'est la galerie j'farfouille de la flicaille. Faites votre choix m'sieurs, dames ! Du gendarme tout bleu sous képi ? Avec le maïs vert, derrière, il suffit de mélanger les couleurs et on obtient du kaki. Y'en a aussi ! Fouillez encore : ah ! V'la du gendarme mobile, avec du matos pour faire du skate-board sans s'abîmer. Moi, j'vois pas la différence entre un gendarme mobile et un gendarme qui l'est pas, attendu qu'ils s'agitent tout pareil ! Mais alors, la nouveauté qui vous fera préférer Cournon et le pays de Riom à Verdun-sur-Garonne, c’est que, derrière les barbelés, y'a les paysans collabos estampillés Limagrain, armés d'instruments pour le moins contondants ! Encore un bon point pour nos locaux ! Nous en avions été informés au briefing du service de déminage ! Comme d'hab, on fait comme on a dit : "tous groupir", sur le chemin d'accès et "en avant !" On pousse sur les kakis -mélangés aux noirs- avec quelques bleus. Ben merde ! Oh, comment on fait dans ce jeu, si y'a plus de couleurs pour se repérer ? "Fais rien !" me dit un mec, derrière, qui doit être arbitre de rugby. "Tu fais gerber tout ce qui se met devant toi !". D'accord ! Et c'est pour ça qu’y'a, aussi, des journaleux qui ont valsé dans les fossés ! Hop ! Hop ! Hop ! On arrive au contact du vrai barrage. Là c'est chaud ! Un mec de l'organisation lance, "On encercle le champ !" Et voilà comment une dizaine de blaireaux comme moi se retrouvent isolés ! Une petite erreur qui aurait pu avoir des conséquences graves : à ne pas reproduire ! La technique Conf' est éprouvée, faut pas y déroger. Un pote de la Conf' se prend une pierre dans la tronche, juste sous l'oeil. Les poteaux de barbelés sont un peu gênants, on les pousse sur les zombies formatés de Limagrain. Ils n'en veulent pas, alors on se les refile : avant-arrière, arrière-avant. Ben voilà ! C'est tout cassé maintenant ! Malgré les coups qui pleuvent, surtout de la part des planteurs fous, le gros de nos forces de remise en ordre s'engouffre et, en quinze minutes... A pu d'OGM, a pu, tout foutu ! Encore quelques accrochages avec les paysans génétiquement modifiés ! Mais bon, là, faut être honnête : si les bleus n'avaient pas été là, ça aurait sûrement été bien plus saignant. Ça me rend tout chose, moi, d'être obligé de dire ça ! On reflue sur le chemin et on fait les comptes : un malaise, trois potes qui voient un peu moins bien de l'oeil droit et deux arrestations. Alors, on bloque le fourgon des keufs en s'asseyant devant et derrière… avant de s'apercevoir qu'il est vide !!! Putain, ils les ont arrachés par derrière et on n'a rien vu ! On demande à un jeune flicard très mobile : "qui est dans l'ambulance, au bout du champ ?". Il répond que c'est un gendarme blessé ! Renseignements pris, plus haut dans la hiérarchie, c'est bien un gendarme… mais il n'a été victime que d'une surchauffe sous le casque ! Qu'est-ce que j'vous avais dit, au moment de Grignan, avec les intermittents, hein ? J'dis pas que des conneries ! Bon, on attend sur place des infos sur leur lieu de détention. Ça vient pas ! Alors, on extrapole : Riom, c'est la ville la plus proche. Convoi et bordel devant la gendarmerie de Riom ! On leur secoue un peu les grilles, pour faire tomber la poussière mais, eux, ils préféraient avant, alors ils se fâchent et nous envoient des p'tits nerveux. Une info nous dit qu'ils sont au Parquet : merde, ça sert à rien de rester là ! Départ, en manif, à travers Riom, vers le palais de justice. On s'use les cordes vocales : "Libérez nos camar... ! " Chiotte ! Nouvelle info : c'est tout pas vrai, ils sont à la gendarmerie des Salins, à Clermont-Ferrand ! Convoi et bordel devant la gendarmerie des Salins ! On s'use les cordes vocales : "Libérez nos camar... !". Si, si, si ! ... Cette fois, ils sont bien là. Bon, la gendarmerie des Salins c'est pas n'importe quoi. Non, non ! C'est un élevage en batterie : y'en a tout partout, sur plusieurs niveaux, et je ne fais pas référence à leur intelligence parce que, là, y'a juste un sous-sol insalubre ! Pour la plupart, on crève la dalle. Les quelques frites qu'un camarade de Montpellier fait circuler parmi nous, c’est un super geste, vachement sympa et apprécié. "Elle est à toi cette chanson, toi l'........... ". On a des contacts avec les camarades qui ont fauché à Pithiviers, vers Orléans. Ils font un bordel devant la préfecture, là haut, en solidarité, et il y en a qui vont descendre nous rejoindre au piquet de veille, dans la nuit. L'ami François Roux, l'avocat, qui grâce à la Conf', aux autres et à nous, a pu parfaire ses connaissances géographiques, nous dit que nos pt'its gars, à l'intérieur, ont un moral d'enfer et nous entendent. Alors, on gueule à s'en faire sortir les yeux de la tête... en même temps que les postillons ! Comme d'hab, le piquet de veille se met en place et les "locaux" se chargent de ravitailler nos potes, afin qu'ils ne soient pas empoisonnés, pendant la nuit, par la bouffe des gendarmes. Ceux-ci ayant le teint blafard après leur relève, on a des inquiétudes sur ce qu'ils mangent ! Bon ! Pour Mine et moi, co-voiturage oblige, il faut qu'on redescende vers l'Ardèche. A l’heure qu’il est, je ne sais pas encore si les camarades ont été relâchés. A bientôt, pour plus d'infos ! Bakou
SOS,
Ernest-Antoine !!!
On n’a jamais créé de cellules d’aide psychologique (c’est
très tendance !) pour des licenciés, devra-t-on en créer pour les
patrons ?
Une déclaration du Président du MEDEF, du 3 août, est pratiquement passée inaperçue. Il faut dire qu’il y a beaucoup plus important, comme la proximité des Jeux Olympiques et les élucubrations de Douste-Blazy attendant, de pied ferme, une canicule qui pourrait, enfin, le projeter en plein dans l’actualité. Ce qu’a dit Antoine SEILLIERES est un détail sans importance. A propos du SMIC il a déclaré : qu’il "était trop élevé en France, non pas en termes sociaux mais en termes économiques". La précision ne manque pas de sel. D’abord il y a les Smicards qui vont pouvoir apprécier qu’ils sont quasiment considérés comme des profiteurs, voire des sangsues affaiblissant l’effort économique national. Mais il y a mieux dans cette déclaration. En effet elle reconnaît explicitement l’incompatibilité entre le social et l’économique et cette fois-ci ce n’est pas moi qui le dit (voir l’article "Logique marchande/Logique sociale, il faut choisir"), mais le "patron des patrons". Autrement dit, ce qui est bon pour l’économie marchande (parce que c’est d’elle dont il est question), n’est pas bon pour le social, et vice-versa. Ca c’est un sacré aveu ! Mais ce n’est pas tout, Ernest-Antoine se lâche complètement (Ah, le mois d’août !). Il précise : "Que l'on décide par des coups de pouce, ou des décisions politiques, que le minimum de l'heure de travail en France est à un prix tel qu'on ne peut pas créer d'emplois, alors ça nous disons, nous les entrepreneurs, que c'est une erreur". Ca veut dire quoi ? Ben, tout simplement, que l’on paie trop les salariés et que si on les payait moins on pourrait créer des emplois. Ca vous étonne qu’il dise ça ? Non ? Moi non plus, mais nous voilà prévenus clairement. Il précise qu’à ce propos il travaille étroitement avec le Ministre de l’Economie pour "essayer de trouver des formules"... Elles seront probablement magiques ! Mais ce n’est pas encore tout (décidément !). Comme il s’attendait à une baisse des cotisations patronales sur les bas salaires mais que le gouvernement ne répond pas actuellement à ce souhait, Ernest nous prévient tout de suite et sans détour : "cela créerait un véritable traumatisme chez les entrepreneur". Dit plus simplement, il menace de péter les plombs. Et il décrit l’apocalypse qui va suivre : "La loi Fillon devait mettre à disposition des allègements de charges. Si on n'allège pas les charges, les entrepreneurs vont avoir une hausse du prix de l'heure de travail, donc moins d'embauches, moins d'emplois, probablement des licenciements, moins de croissance, alors nous disons très clairement au gouvernement : vous avez pris l'engagement de le faire, faites-le". Bien chef ! Décidément il veut tout réduire ! Vous n’y êtes pas : "Travailler plus pour garder (son) emploi. Actuellement, en France, on ne travaille pas assez pour être compétitif (...). Le monde entier le sait". Résumons-nous : baisse des salaires, baisse des cotisations patronales, allongement de la durée de travail. La rentrée promet d’être sympa !!!
Sauve
qui peut... La caisse !!!
Plus de 4OO morts dans un supermarché, au Paraguay, début août.
Un fait divers direz-vous. Certes, une catastrophe, mais un fait divers, tout de même ! En êtes-vous bien sûr ? Les conditions de sécurité n’étaient certainement pas respectées, allez-vous préciser, ce qui n’est pas chose exceptionnelle dans ce genre de pays. C’est probablement vrai, mais l’extraordinaire ne se situe pas là. L’enquête, à ses débuts, révèle que le directeur du supermarché a ordonné de fermer toutes les portes, dès le début de l’incendie, pour «empêcher les clients de partir sans payer». Extraordinaire réaction ! Un fou allez-vous dire ! Réfléchissons un peu et nous verrons que ce personnage n’est pas aussi fou que ça. Un directeur de supermarché c’est fait pour vendre et réaliser des marges commerciales. C’est sa fonction, et son unique fonction. Tout le reste («satisfaire sa clientèle», «donner le meilleur service», «pratiquer les prix les plus bas», «réaliser le meilleur rapport qualité-prix») c’est de la pub ou de la psycho-commerciale pour mieux soutirer le maximum d’argent au client. Il est fort probable que ce «brave homme» n’a pas mesuré l’ampleur de la catastrophe à ses débuts. Mais, même s’il l’avait mesurée, du fait de sa fonction, quelle devait-être sa réaction ? Poser la question c’est y répondre : assurer le chiffre d’affaire de son magasin. Or, si l’on avait ouvert toutes grandes les portes en criant au feu, pensez-vous que les clients auraient sagement fait la queue aux caisses pour payer leurs achats ? Evidemment non ! Sauf les aveugles et les sourds, comme aurait dit Brassens. Ils se seraient, bien évidemment, enfuis sans payer. Une telle attitude présente deux dangers : - perdre la recette du jour avec des clients indélicats... mais sains et saufs, - créer un dangereux précédent qui aurait pu donner des idées à certain(e)s. La réaction du directeur est, évidemment, on ne peut plus logique ! Elle est scandaleuse, allez-vous protester, moralement scandaleuse ! Mais qui vous parle de morale dans cette affaire ? Nous retrouvons ici notre bonne vieille logique marchande. Qu’est-ce qui prime dans cette logique ? La vie ou le chiffre d’affaire ? La vie ou la marge ? La vie ou le profit ? Nous n’avons pas besoin d’aller en Amérique Latine pour avoir une réponse à cette question. Virer des salariés et les laisser sans avenir lors d’un licenciement, c’est peut-être moins cruel, sur un plan physique (et encore), mais tout aussi scandaleux socialement. Comment ne pas reconnaître, déceler, dans le comportement directorial de ce commerçant consciencieux, les réflexes purement rationnels loués par les économistes libéraux ? Certes, la logique a été poussée jusqu’au bout, mais n’est ce pas ce qu’ils professent ? Il est vrai que ce qui s’est passé dans ce cas «fait désordre», mais est-ce que ça fait plus désordre de laisser mourir de faim une partie de l’humanité, pour raison de commerce et de profit, ou de détruire l’environnement, pour des raisons purement financières ? La marchandisation nous rend tous égaux dans l’abjection ! Patrick MIGNARD
29
juin 2004 : date historique !
- Faire-part de décès : L'EDF "service public" est mort ce
29 juin 2004, après une bousille historique des directions
syndicales. Et des sanctions vont tomber ! Et aussi, plus
positivement, des prises de conscience ont commencé à se faire même
dans les échelons de l'appareil syndical - utile pour l'avenir !
- Ce même 29 juin 2004, le débat parlementaire sur la sécu débute, c'est plié, également, toujours pour les mêmes raisons. Ce n'est plus qu'une question de jours ! On aura même droit sûrement à des mauvaises "surprises" comme pour l'EDF. - Et pour finir, toujours ce même 29 juin 2004, Raffarin annonce la création d'une agence nationale de la Recherche (tiens ! on croyait que les "chercheurs avaient gagné" !) (Cf. au-dessous) - Le "harcèlement social" incessant que prône Seillières s'attaque maintenant à la durée légale du temps de travail. Pas seulement pour remettre en cause les 35 h qui servent de prétexte bien commode puisque sur ce point confusion et compromissions sont totales MAIS pour remettre en cause au-delà des 39 h... les 40 heures ! Des preuves ? Le "juillet social" qu'ils disent ! L'arrogance est à son comble ! Et à la rentrée n'oublions pas Chirac. "La vraie fenêtre de tir pour relancer la machine, c'est en septembre." (Canard du 5 mai) : Après l'EDF, "le mammouth" ! ça a commencé pour les TOS : "disposition la plus controversée du projet de loi, le transfert des quelque 95.000 TOS (techniciens, ouvriers et personnels de service des collèges et lycées) aux régions et aux départements a été voté conforme par les sénateurs et ne sera pas remis en question". Pascal, enseignant à Toulouse
Affaire
de la saisie-vente :
AREVA saisit les comptes en banque de Greenpeace !
Bonjour,
Il y a plusieurs mois, nous vous alertions de l'opération de "saisie vente" engagée par Areva à travers sa filiale Cogema pour tenter de faire taire toute forme de contestation au nucléaire : les huissiers de justice commandités par Cogema pouvaient venir saisir l'ensemble des biens meubles corporels de Greenpeace France, pour avoir "osé" dénoncer les transports de matières nucléaires à travers les océans. Suite à la constitution du Comité de soutien "Non, nous n'allons pas nous taire" et à l'action symbolique menée par les militants de Greenpeace en janvier dernier, place de la Bastille, AREVA a finalement renoncé à faire saisir les biens de Greenpeace France, sans doute par crainte d'une image trop négative au moment où fleurissent dans tous nos médias sa publicité institutionnelle... Mais le N°1 mondial du nucléaire vient de faire saisir un compte bancaire de l'association, montrant ainsi sa volonté inébranlée de faire taire durablement son contradicteur : une saisie attribution pour un montant de 51 212 Euros a été opérée mais seul le montant crédité sur le compte, soit 5 752 Euros a pu être saisi. Nous proposons à AREVA que la somme réclamée soit versée à la Fondation Nicolas Hulot afin d'organiser des vacances d'enfants en difficulté dans son école de formation à l'environnement, en Bretagne. Pour tous les détails et informations sur cette affaire, visitez : http://www.greenpeace.fr Comité de soutien "Non, nous n'allons pas nous taire" Greenpeace France
A
propos de l'homophobie
COMMUNIQUE DES SOEURS DE LA PERPÉTUELLE INDULGENCE DU COUVENT D'ATLANTIQUE
SUD.
Action du 5 juin 2004, à Bègles, à l'occasion du 1er mariage gay
de France. « HAINEZ VOUS LES UNS LES AUTRES » ? LONGUE ET HEUREUSE VIE AUX PREMIERS GAYS MARIES DE FRANCE ! Contact avec les SPI du Couvent d'Atlantique sud : sistersidarta@aol.com « Les vrais fous sont ceux qui acceptent le monde tel qu'il est, et non tel qu'il devrait être ». Cervantès
Mise
à mort des prisonnier(e)s malades !
COMMUNIQUÉ DE BAN PUBLIC Afin de prolonger jusqu'au dernier souffle son supplice physique et moral, le Ministère de la Justice a refusé, pendant plusieurs années, à Jean-Michel Treuvey une suspension de peine pour raison médicale. Sorti sous le régime de la liberté conditionnelle le 5 mars 2004, deux contrats de travail en poche , il intègre directement l'hôpital pour la phase terminale d'une agonie dont la plus grande part fut vécue en prison. Jean-Michel est mort le 26 avril 2004. Pour ce qui tient lieu de Justice en France, la certitude de son décès était la vraie condition de sa liberté. Peu importait le temps qui lui restait à partager avec son enfant et ses proches, peu importait l'insulte d'une promesse de réinsertion intenable, peu importait l'application du Droit. Jean-Michel Treuvey, en libération conditionnelle, décédé un mois et demi après, et Philippe Guérin, en libération provisoire pour cause de coma, décédé deux mois après, font partie des centaines de personnes soustraites chaque année aux statistiques des décès en prison, néantisées jusqu'à la tombe, passant du numéro d'écrou à une fraction de pourcentage truqué. Dans l'indifférence générale de l'opinion publique et des administrations, l'obstruction complice et criminelle du Pôle suspension de peine et l'absence de diagnostics et de soins professionnels en prison entretiennent les conditions d'une peine de mort en plein essor. Pierre André Franceschi, Laurent Jacqua, Joëlle Aubron, Georges Cipriani, Nathalie Ménigon, Jean-Marc Rouillan et tant de mourants anonymes, combien faudra-t-il encore de cadavres et de tortures pour que la démocratie trouve la dignité qui lui donne légitimité à proférer ses leçons d'humanisme et de Droit à la Planète ? Combien faudra-t-il de morts ? Combien de temps cette loi ne s'appliquera-t-elle qu'aux puissants soustraits aux mouroirs carcéraux ? Que faut-il pour que l'attention se porte sur l'indignité collective d'une justice à deux vitesses dont l'exercice produit le pire pour la communauté : le discrédit du principe de droit et l'encouragement généralisé à le mépriser. BAN PUBLIC se refuse de cautionner cette mise à mort. Aidez nous en signant et demandant l'application immédiate de la Loi du 4 mars 2002, pour la suspension de peine de tous les prisonnier(e)s malades pour : Pierre André Franceschi, Laurent Jacqua, Joëlle Aubron, Georges Cipriani, Nathalie Ménigon, Jean-Marc Rouillan, … Et tous les prisonnier(e)s malades anonymes. URL de l'article :http://prison.eu.org/article.php3?id_article=4808 PRISON.EU.ORG est un site de Ban Public
Douce
France !
Les poètes et la police remue.net, le bulletin le lundi 24 mai 2004 Douce France ! Nous nous permettons de vous faire suivre les éléments suivants. Chacun d'entre nous a pu être témoin d'événements de cette sorte, toujours en direction des mêmes victimes, et nous avons tous été contraints d'exercer notre devoir de citoyen en intervenant de la façon ci-dessous décrite pour Brice Petit. Nous sommes donc pleinement solidaires de cette protestation. Les documents suivants sont consultables sur ce site : - Convocation de Brice Petit au tribunal correctionnel de Montpellier, - Déclaration de Brice Petit, - Témoignage et récit de Cédric Demangeot. Cliquer ici pour accéder aux 3 documents Lire aussi : site Jean-Michel Maulpoix <http://www.maulpoix.net/police.html>, avec constitution d'un collectif Brice Petit. "Les poètes et la police" transmis par la revue moriturus "Brice Petit, notre collaborateur et ami, est convoqué au tribunal correctionnel de Montpellier le 5 octobre 2004 à 14h00 (Palais de Justice, salle Pierre Michel). Trois agents de police assermentés ont déposé contre lui, le 29 avril dernier : six lignes d'accusations parfaitement mensongères, qui mettent notre ami en danger et qui, plus gravement, tentent d'asservir la langue aux seules fins policières, aux logiques de l'arbitraire et de la brutalité. Les membres et amis de moriturus dénoncent, et dénonceront sans relâche cette calomnie, que l'on peut qualifier de criminelle. Nous produisons ci-après trois pièces du dossier - trois textes - trois points de vue : celui de la police (texte de la déposition contre Brice Petit), celui de l'intéressé lui-même, et celui de Cédric Demangeot, témoin principal de toute la scène du 28 avril. Ce témoignage s'achève sur un appel au soutien des poètes, et de tous ceux que la langue concerne. signé : moriturus, unanime, le 30 avril 2004." Tous vos courriers ou témoignages seront les bienvenus : - chez Brice Petit, Les garrigues 84290 Cairanne. - via e-mail, à remue.net, que nous leur transmettrons.
Scandale
aux "Tritons" !
Discrimination raciale et traitement inhumain
Même les médias (presse, radio, télé) ont préféré taire ce scandale !!! Et dire qu'en été, la société française est émue, voire choquée, quand des chiens de compagnie sont délaissés sur les aires d'autoroute par leurs maîtres. ILS nous prennent pour des imbéciles, des moins que rien !! Manifestons notre indignation en téléphonant massivement au Préfet (04.67.61.61.61) et au Maire de Montpellier (04.67.34.71.76) Faisons savoir notre mécontentement lors des prochaines élections. Soutien au dernier résistant de la Tour Monge et
dénonciation des magouilles immobilières sur la ville de
Montpellier.
Police
partout, justice nulle part !
Ce n'était pas à Gaza, ni à Grosni, ni Bagdad ! Non cela se passait hier (jeudi 13 mai), en fin d'après midi, entre le quartier du Plan Cabane et Figuerolles, à Montpellier (quartiers multicolores). Bouclage du quartier, certaines rues étaient interdites, même aux piétons. Les clients du bar la "Pleine lune" resteront consignés une 1/2 heures à leur table, entourés par les forces de l'ordre (et leurs chiens !) ; sympa l'apéro !. Nous avons quand même pu nous approcher, pour être là, voir et témoigner. Une jeune femme et son copain, en passant, ont certainement marqué leur désapprobation devant cette mise en scène ; ils sont sommés "de la fermer et de dégager". Devant nous passe "X", menotté. Il est embarqué dans le panier à salade. "X" était porte parole des Kurdes en lutte, à Montpellier, en 2001 : 31 jours de grève de la faim pour avoir ces putains de papier ! Avec ou sans papier les "typés pas français" sont victimes en permanence des contrôles au faciès, menottés et trimballés devant tous, bousculés, insultés, au moindre signe d'humeur. "X" ne supporte plus ces méthodes fascistes. Il sait de quoi il parle, lui qui a connu la répression des autorités turques ; il est réfugié politique en France. Alors bien sûr, ça se bouscule dans le fourgon ! Nous intervenons, interpellant les flics. Leur chef nous répond "non non, il ne se passe rien d'anormal, d'ailleurs nous pouvons nous en rendre compte au travers des vitres, faut arrêter de déconner ! Nous ne sommes pas en Turquie, il n'y a rien à craindre"... Quoi répondre sans finir nous aussi dans le fourgon ? Notre présence et nos réactions incitent de plus en plus de personnes à se rapprocher, la tension commence à monter autour du camion, les flics décident alors de repousser les badauds "cassez vous !" ça pousse, bousculade, les chiens sont de la partie, muselés, certes, mais ils sont quand même lancés sur ceux et celles qui rechignent à bouger. Ils (les chiens) sauteront sur plusieurs personnes. Certains flics sont super hargneux : à un conducteur impatient leur chef hurlera "tu veux le bouffer ton klaxon ?"... "X" et un deuxième interpellé sont relachés. Après s'être éloigné, le premier reviendra, furieux, sa haine débordante, il tentera simplement de dire sa rage face à ces méthodes. Ce sont les chiens qui lui répondront en se jetant (muselés) sur lui. Lui restera imperturbable et continuera à dire ce qu'il pense aux flics. Il est alors jeté à terre par l'un d'eux. Nous interviendrons pour le sortir de là et l'éloigner. Départ des flics. Spontanément, des badauds applaudissent. Les flics arrêtent leurs véhicules et reviennent à la charge : leur responsable fonce sur les badauds : "ça veut dire quoi, ça ? Dégagez ! Vous vous prenez pour qui ? Allez, foutez le camp !". Avec l'aide des chiens, la police disperse la foule jusque dans la rue voisine, des gens sont bousculés mais aucun coup sérieux ne sera porté. Le bouclage du quartier est fini, les keufs partent enfin, pour de bon. Des trois personnes interpellées, de ce côté là du bouclage, aucune ne sera maintenue en garde à vue. Il est évident que la manifestation de notre solidarité envers les immigrés, et notre désapprobation des méthodes policières, ne peuvent que renforcer la résistance des "sans papier" eux même et de leur entourage. Et certainement, aussi, limiter les abus et le zèle des forces de l'ordre dans l'exercice de ces rafles... QUE SOUFFLE ENFIN UN VENT DE RÉVOLTE ! LIBERTÉ DE CIRCULATION ET D'INSTALLATION POUR TOUTES ET TOUS ! PAS DE JUSTICE, PAS DE PAIX ! Vincent
Non
au fichage des populations !
Les travailleurs sociaux ne sont pas des indics ! Un avant projet de loi sur la prévention de la délinquance est actuellement en discussion. Il prévoit de transformer les travailleurs sociaux en auxiliaires de police et de ficher tous ceux qui sont confrontés à un problème à un moment donné de leur vie. Chacun de nous peut être concerné ! Si demain, vous vous retrouvez au chômage, Si votre famille est confrontée à des difficultés financières, Si votre enfant s'absente souvent de l'école : Nous devons le dénoncer au maire et vous serez convoqués afin de suivre un stage de parentalité et payer une amende de 750 euros. Est-ce la solution ? Si vous êtes confronté(e) à des problèmes dans
votre couple et que vous souhaitez en parler avec un
travailleur social, Premiers signataires : SNPES-PJJ / FSU ;
Fédération Syndicale Unitaire 13 ; UD CGT 13 ; syndicat
UGICT-CGT CAF 13 ; Syndicat CGT des employés CAF ;
Syndicat Démocratique Unitaire 13 ; syndicat CGT conseil
général 13 ; SAF Marseille ; Union Locale SAM-CNT ;
Union Syndicale G10 Solidaires ; section SUD de l'ASSEA 13
; syndicat Sud Santé-Sociaux 13 ; ATTAC Marseille ; LDH
13 ; MRAP ; CGT-ADDAP 13 ; USD Santé Action Sociale ;
syndicat CGT SSSA ; Coordination de Provence contre le
projet de loi Sarkozy/Raffarin ; CGT Union Fédérale
Equipement 13 ; comité de chômeurs 13 ; collectif
chômeurs CGT 13 ; étudiants en formation IMF et IRTS ;
syndicat CGT de la ville d'Aubagne ; Ras l'Front 13 ; LCR
13 ; Robert BRET sénateur Bouches du Rhône ; Collectif
" excluons l'exclusion " ; Ballon Rouge Soutenu
par le Syndicat de la Magistrature 13. Chômeurs,
salariés, précaires, retraités :
Contre la suppression massive des allocations ASSEDIC
Le protocole de décembre 2002, signé par les organisations patronaleset certains syndicats (arrêté du 8 février 2003), a été appliqué aux chômeurs indemnisés avant cette date. A partir du 31 décembre 2003, 856 700 personnes vont voir leurs allocations amputées.
PREPARONS NOUS :
Ce qui a été fait peut être défait : les accords et agréments doivent être retirés !
L'union fait la force : Résistons !
Attention,
danger ! La machine ultra-libérale "d'en haut" fabrique, "en bas", chômeurs et précaires en quantité. Demain, VOUS, VOS AMIS, VOTRE FAMILLE, ferez peut-être partie du lot, c'est la loi de leur marché. Des mesures anti-sociales et répressives inédites depuis 60 ans sont appliquées pour le seul bénéfice du patronat et des actionnaires. Les salariés et précaires sont soumis à un racket illimité. La logique du pouvoir s'établit sur un " pari " basé sur la confiance, entraînant la consommation, le tout débouchant sur la croissance qui engendre un " monde merveilleux ", comme dans le rêve des poupons et poupées barbantes. SANS NOTRE PARTICIPATION À CE CERCLE VICIEUX, NE CRÉANT QU'INJUSTICE ET MISÈRE, LA MÉCANIQUE BROYEUSE D'HUMANITÉ PERD SON CARBURANT PRINCIPAL : Le/la consommateur/trice NOUS POUVONS DONC STOPPER CETTE MACHINE INFERNALE ET DANGEREUSE QUI NUIT GRAVEMENT À LA SANTÉ, À L'ÉDUCATION, À LA CULTURE, À LA NATURE, À NOS VIES ET À NOS ENVIES D'UN MONDE SOLIDAIRE ET ÉQUITABLE.
Utilisons enfin notre pouvoir par la grève des
achats,
vers la décroissance de la consommation ! Cette action n'est pas utopique ; la bourse tourne avec notre argent ! Aussi, dès aujourd'hui :
Participer à cette action ne coûte rien, ne demande ni réunion, ni inscription et nous fera faire des économies. Profitons-en pour consommer autrement, des produits sains achetés chez les producteurs, sur les marchés et dans les petits commerces de proximité. Ne gaspillons rien, partageons avec ceux qui en ont besoin et entraidons-nous. Les divisions ne servent que ceux qui tiennent le tiroir-caisse. Démontrons que l'Organisation Mondiale du Commerce ne gouvernera pas à notre place. C'est la rue qui gouverne ! La désobéissance civile et la résistance active s'imposent face aux fossoyeurs de nos libertés chéries.
dessinateur, créateur du personnage de BD " Le Chat ". Les Français sont en train de se poser la question de savoir s'ils ne devraient pas imprimer sur les paquets de cigarettes (dont le prix vient d'ailleurs d'augmenter considérablement) la photo d'un fumeur atteint du cancer du même nom ainsi que la mention " le tabac tue ". L'effet sera-t-il suffisamment dissuasif pour décourager les futurs consommateurs ou faire baisser la fréquence d'inhalation des adeptes de Jean Nicot (1530-1600). L'idée n'est pas bête et pourrait faire des petits. - On ferait imprimer sur les sachets de bonbons des photographies de dents gâtées. - Et sur les étiquettes des bouteilles de bière ou de whisky des clichés d'accidentés de la route perdant leurs derniers litres de sang dans le bas fossé. - Sur chaque emballage plastique, chaque canette, chaque bouteille d'eau minérale, une vue de décharge publique où s'entassent pour les siècles des siècles les rebuts de notre société d'hyper consommation. - Sur nos t-shirts, casquettes et chaussures de sport, on verrait le portrait des enfants esclaves qui, dans des caves obscures quelque part en Asie, pour quelques centimes d'euro, cousent de leurs petits doigts les vêtements que nous porterons seulement quelques fois avant de les bazarder parce que le coloris ne sera plus de saison. - Il faudrait aussi apposer sur chaque litre d'essence l'image d'une mouette mazoutée et sur chaque baril de pétrole, celle des terres inondées par les océans qui vont bientôt déborder suite au réchauffement de la planète ou celle de populations martyrisées par des guerres dont le seul but est de préserver l'approvisionnement en or noir des pays les plus riches et les plus égoïstes du monde. Au fond, la meilleure solution serait peut-être, tout simplement, de faire imprimer sur les billets de banque cette mention : " Peut nuire gravement à l'humanité". Philippe Geluck
Mauvais
perdants...
C'est vrai que Nicolas-la-matraque, l'ancien ministre de la répression intérieure, avait prévenu : lui et ses services allaient être particulièrement vigilants sur les affaires où la police serait impliquée. Ils font donc appel de la décision du tribunal de Montpellier dans l'affaire des inculpés du «Carnaval des Gueux ». Rappelons les faits : lors de la dernière édition du Carnaval des gueux, à Montpellier, six personnes sont interpellées par les flics, pour violence, injure et dégradation de bien privé (la liste habituelle). Les trois qui accepteront la comparution immédiate prendront entre 2 et 12 mois avec sursis accompagnés de 2 à 5 ans de mise à l'épreuve. Pour les autres: deux seront relaxés, et le dernier prendra 1 mois avec sursis et 1 ans de mise à l'épreuve. Les déclarations des flics puaient tellement le montage que la justice n'a pu suivre la police. Dans le pays du sécuritaire à fond la caisse il n'est pas pensable que des gueux fassent perdre la face au corps le plus chouchouté de ce gouvernement. Que vont-ils sortir de leur képi? De nouveaux témoignages de policier, c'est vrai que la dernière fois il régnait comme une ambiance de grand bricolage entre les différents PV. Si nous ne craignons l'acharnement contre les inculpés nous pourrions aller à cette audience avec une certaine impatience, mais là... Décidément la police n'est pas joueuse, et elle démontre (si besoin était) quelle haine elle a envers celles et ceux qui osent défier l'ordre et l'Etat. Le bleu marine s'acharne, mobilisons nous pour que le sécuritaire ne nous fasse pas taire. Le ministère n'a pas autant de zèle pour suivre les dossiers où la police est mise en cause. Dans la région, on peut rappeler le cas de Mourad (Nimes 2003) ce jeune abattu par les gendarmes, 15 balles seront tirées sur lui alors qu'il prenait la fuite alors qu'aucun gendarme n'était en danger, le tireur exerce toujours ses fonctions... Plus récemment, un jeune de la même région Nîmoise a reçu une balle dans la tête alors que lui aussi prenait la fuite, il est entre la vie et la mort. POLICE PARTOUT, JUSTICE NULLE PART ! Vincent Montpellier, avril 2004
Dehors les prédateurs
!!! Les électeurs ont condamné la politique de régression sociale. Chirac et ses complices ne veulent pas entendre l'avertissement. Ils proclament leur volonté de poursuivre « les réformes » qui ne sont que des régressions. Nous savons que cela nous apportera encore plus de difficultés sociales ! Le PS, vainqueur par défaut de ces élections, n'avance pas de nouvelles perspectives politiques et ne s'engage pas à annuler les mesures les plus négatives en commençant par le droit à une retraite décente. Le PC et les Verts, alliés de circonstance, sont-ils capables de faire entendre une voix différente ? Tous les ingrédients pour une crise politique majeure sont réunis. Tous ceux qui souffrent des injustices sociales, tous ceux qui s'opposent à cette régression sans précédent exigent une autre politique. Nos exigences ne peuvent pas attendre. Abrogation des lois sur les retraites : retour pour tous aux 37,5 annuités pour une retraite à taux plein ! Abrogation des accords contre les chômeurs et les intermittents ! Non à la destruction des services publics ! Abrogation du plan « hôpital 2007 » ! Recrutement de personnels titulaires pour remplacer les départs à la retraite et répondre aux besoins ! Résorption de la précarité ! Régularisation des sans papiers ! Non à la privatisation d'EDF, de GDF et de la SNCF ! Non à la privatisation de l'Assurance Maladie ! Non à la déréglementation du code du travail ! Non aux lois fascisantes du ministre de la justice Perben La liste est dramatiquement plus longue et justifie une mobilisation de tous, encore jamais vue. La période qui s'ouvre sera déterminante La masse des citoyens, les organisations syndicales et politiques qui refusent les projets de Chirac doivent affirmer ensemble leur détermination et leurs exigences pour construire des solidarités et des luttes. Contre le loi du plus riche et du plus fort du capitalisme prédateur, construisons un Front de Résistance, pour stopper la casse sociale . Nous vivrons ce que nous aurons cultivé ! BALLON ROUGE BP 520 - Le Charrel - 13681 Aubagne Cedex- Tél/Fax : 04 42 03 88 88 ballonrouge.aubagne@free.fr - http://ballon.rouge.free.fr Justice, justice... Monsieur Juppé contre Monsieur X Chacun d'entre vous a entendu parler du jugement rendu contre Alain Juppé (voir article, dans le numéro 18357 du Monde, daté de dimanche-lundi 1-2 février 2004). On trouve dans cet article la somme d'argent public
"détournée" durant la période des emplois fictifs. On
estime cette fraude à 2,4 millions d'euros... L'internaute = 5 511 Euros aux maisons de disque = 6 mois fermes. Alain Juppé = vol de l'Etat = jugement trop sévère = intervention
sur TF1. Alain Juppé = "consternation" = campagne de soutien. Aucun média ne s'est amusé à de tels rapprochements. Dommage ! Instructif, non ? PS: Si vous jugez bon de transmettre cette comparaison à vos correspondants faites-le, et sans limite.
A
propos de la manifestation "Anti-Seillière" du 28
janvier, à Montpellier
Manifestement, le quotidien "Midi Libre" a, une fois de plus, interprété à sa manière le déroulement de la manifestation d'hier à Montpellier. Si la fronde était, comme ils disent, "restreinte", elle ne comptait pas moins d'un millier de personnes (là ils ne se trompent pas) et ne regroupait pas que les organisations citées dans l'article. Ce qui est étonnant c'est que le journaliste ne parle pas du
déploiement pléthorique de CRS : nous avons pour notre part
facilement repéré les 15 fourgons et les 2 cars de ceux qui
devraient normalement assurer l'ordre. Mais le plus grave n'est pas là ! D'après Midi Libre, en fin de
manifestation, "une échauffourée s'est produite et un
manifestant... a été interpellé" La femme qui, d'après Midi Libre, a été "victime d'un
malaise au cours de cet épisode" a, en fait, était
"courageusement" repoussée avec violence et insultée par
les forces "de l'ordre", alors qu'elle voulait seulement
empêcher que l'interpellé continue à être matraqué. Vous avez dit "liberté de la presse"
?
Les concours 2003 n'ont recruté que 14 500 stagiaires 2nd degré (18 000 postes annoncés, mais suppression des listes complémentaires), alors qu'à la rentrée 2004 16 600 titulaires partent en retraite, selon le Ministère. Déficit: 2 100 titulaires! En 2004, le nombre de postes publié devrait être de 15 000, toujours sans liste complémentaire, soit un recrutement réel de 12 000 stagiaires. Or, à le rentrée 2005, ce sont 17 000 titulaires qui partent en retraite. Déficit programmé: 5 000 titulaires! Et les départs en retraite devraient très fortement augmenter à partir de 2006, selon le Ministère toujours. La question des recrutements est cruciale, puisque si le Ministère n'est pas contré, alors les suppressions d'options, de classes, et même d'établissements, vont s'amplifier à la rentrée 2005. La situation des remplacements sera encore plus désastreuse, les effectifs par classe vont encore grimper, etc, etc. C'est mécanique: moins de profs = moins d'options, de classes, de collèges, d'absences remplacées. C'est maintenant qu'il faut nous battre; il sera trop tard à la rentrée 2005! Les syndicats comptent-ils faire de ce sujet une revendication forte, corollaire de la question de la carte scolaire? Pierre.
du centre commercial jusqu'à 20h00 Il y avait une centaine de manifestants et les journalistes de France 3. Pour info, voici le contenu de leur tract : CGT, CGT-FO, CFTC, UNSA-FNAC et les Salariés non-syndiqués LES SALARIES DU POLYGONE CONTRE LA FERMETURE DU CENTRE A 20H00. Depuis des années, la Direction du Polygone augmente l'amplitude horaire des magasins, au détriment de nos vies de famille. Aucun respect des salariés, aucune concertation des instances représentatives du personnel des magasins. Aujourd'hui 20h00, et demain 22, 23h00...??? Vous-même, Clients, seriez-vous d'accord pour travailler jusqu'à 20h00 ou plus ? Soutenez notre action en signant notre pétition. Les salariés du Polygone
GARDEZ TOUTES VOS PUBS ! site internet de Brigade AntiPub : www.bap.propagande.org Il s'agit de préparer une opération de sensibilisation du public à l'importance des nuisances causées par la distribution des pubs dans les boîtes aux lettres... Gardons dès aujourd'hui et pendant un mois les publicités -adressées ou non-de nos boîtes aux lettres. Il y en aura beaucoup, car c'est la période où nous sommes chaque année soumis au matraquage maximal:.. Nous allons soigneusement collectionner cette masse de papiers, au lieu de les jeter, et nous les déposerons dans un endroit symbolique de chaque centre ville, au début du printemps, à une date unique qui sera choisie et diffusée d'ici là. Nous apporterons ainsi la preuve visuelle de l'énorme gaspillage engendré par l'activité publicitaire, et cette masse de papiers témoignera de la puissance du matraquage dont nous sommes victimes. Plus il y en aura, plus la démonstration sera efficace. Tout le monde est concerné : individuels, groupes, associations. Pas besoin d'autre matériel que nos collections de pubs (transformées en armes pacifiques), donc opération gratuite. Tout le monde peut le faire. On ne jettera rien par terre, ce sera ordonné. Il suffira de banderoles explicatives (bien que le spectacle doive se suffire a lui-même!!!) et pas besoin d'affiches supplémentaires ! FAITES CIRCULER LES INFOS SUR CETTE OPERATION, qui présente comme avantages de ne pas demander de grosse organisation collective : nous agissons au niveau individuel (ce qui n'empêche pas les groupes et les asso d'agir ensemble) et donc cela concerne tous ceux qui veulent agir contre la pub. D'ICI LA GARDEZ TOUTES LES PUBS !!!!!!!! .
le supermarché de l'éducation Tentons de situer les enjeux. En cédant nécessairement à de nécessaires simplifications pour favoriser la brièveté du propos. Allègre, Lang puis Ferry se sont tous les trois successivement accordés sur une nécessité de mettre en place une nouvelle architecture des formations dite européenne qui va évidemment finir par se substituer à celle existante. Un premier cycle universitaire jusqu'à la licence (bac + 3), un deuxième cycle jusqu'à un master, professionnel pour les uns, de recherche pour les autres (bac + 5) et, pour la crème, le doctorat (bac + 8). Cette refonte est problématique du fait de quelques unes de ses caractéristiques qu'il faut mettre à jour. Le contenu des diplômes est renvoyé à une logique concurrentielle très forte puisqu'il n'existe plus aucun cadrage national en terme de contenu du diplôme rendant complètement caduque la notion de diplôme national. Le seul critère est un critère comptable : chaque diplôme doit contenir un certain nombre d'unités de crédit (ECTS), mais le contenu de ces unités est totalement aléatoire tant sur le plan disciplinaire (pas d'exigence en terme de référence à des savoirs établis) que sur le plan du nombre d'heures d'enseignement (le critère n'est plus le nombre d'heures de cours, mais un volume estimé de travail demandé à l'étudiant). Le deuxième cycle est contingenté en terme d'effectifs. A la fin du B+4, on sélectionnera en fonction des moyens en terme d'encadrement. Mais il est probable que les tentations seront fortes pour que le barrage d'effectifs existe dès l'entrée en second cycle (pourquoi dépenser de l'argent à former des étudiants que l'on fera décrocher en cours de cycle ?). Le décrochage entre l'enseignement et la recherche au niveau du premier cycle est quasiment garanti, d'autant que nombre de deuxièmes cycles ne recruteront pas nécessairement leurs étudiants dans leurs premiers cycles mais les feront venir d'ailleurs - enfin, ceux pour lesquels le prestige le permettra - et qu'il y a fort à parier (voir plus loin) qu'un grand nombre des enseignants du premier cycle ne seront pas considérés comme enseignants chercheurs. Le premier cycle est complètement délaissé tant dans les préoccupations ministérielles que dans les Universités. Paris 8, par exemple, connaît une situation particulièrement critique de ce point de vue et il y a pourtant un refus systématique de la présidence d'aborder cette question. On peut facilement le comprendre si les hypothèses de travail du ministère sont de considérer que le nombre d'étudiants est de toute façon trop important et que le coût de réduction de l'échec universitaire est trop élevé. Laissons donc les étudiants "s'échouer" tout seul. Dans un tel contexte, ce qui est valorisé par le ministère est assez consternant. L'étudiant doit construire son parcours lui même. Il va remplir son caddy d'ECTS qui à Madrid, Berlin Londres ou Toulouse, Brest et Paris. Séduisant sans doute pour l'étudiant voyageur, mais tellement loin de l'étudiant que nous côtoyons tous les jours à Paris 8, dans ce fameux 9-3, Etudiant qui devra prendre les ECTS qui se présentent à lui, quelque soit le niveau de reconnaissance du "marché universitaire" ainsi institué. Tous les étudiants ne seront donc pas victimes, mais nombreux le seront. Quand certains se contenteront de regarder la vitrine, les autres iront faire leur emplettes. Mais pour être sûr que c'est bien cette logique là qui va se mettre en place, on adjoint à cette réforme, dite LMD, un projet de loi de modernisation universitaire dont le maïtre mot est "tout le pouvoir de gestion aux Présidents", qui s'en trouvent ravis. Qu'attendre d'autres d'une conférence de présidents sinon de réclamer du pouvoir pour… les présidents. S'il ne fallait prendre qu'une mesure, c'est celle dite du budget global qu'il faut citer. Ce ne sont plus les formations en tant que telles qui seront financées par le ministère, mais l'Université qui disposera d'un budget global. Avec celui-ci, le Président pourra asseoir son autorité. Le premier récalcitrant venu pourra aller se rhabiller pour disposer de crédits. Le Président aura à cœur de s'allier une coterie de mandarins pour établir son offre de formation, d'autant que le "prestige" de ces mandarins sera indispensable pour obtenir à l'extérieur de l'Université les crédits complémentaires indispensables - puisque ceux du ministère seront insuffisants. La reconstruction de l'offre de formation va donc se faire "par le haut". L'objectif n'est pas de faire réussir les étudiants bacheliers, mais d'avoir des formations prestigieuses - dites pôle d'excellence - ou des formations professionnelles habilitées - donc financées - par les entreprises locales. La grille de lecture des formations est ainsi établie. Les 15 dernières années de contractualisation de la recherche universitaire ont préparé les esprits. Chacun sait maintenant qu'il faut participer à une écurie pour avoir le droit de courir. Et que les écuries sont contingentées. Comme si cela ne suffisait pas, pour s'assurer un peu plus la collaboration des enseignants, il est proposé de revoir complètement le mode de définition de leurs services (rapport Belloc). Il ne s'agit, ni plus ni moins, que de s'orienter vers l'idée qu'un enseignant devra dorénavant passer un contrat d'objectif avec son couple mandarin-président pour savoir s'il a le droit de continuer à faire de la recherche ou s'il doit s'occuper des tâches administratives en fonction des objectifs définis, dans sa grande sagesse, par la hiérarchie locale. La soumission est ainsi espérée. Il faudrait ajouter enfin que les critères de mise en place de cette nouvelle architecture de l'Université française ne sont communiqués à personne. On en est réduit à sonder le ministère - ou un de ses conseillers - qui dans sa grande mansuétude dira OK ou non, sans que l'on sache bien pourquoi. Bien sûr qu'en réalité se dégagent des critères convergents : les nouvelles formations ne doivent pas coûter plus cher, les mutualisations doivent être systématiques, l'air du temps (i.e.une formation instrumentalisée par le marché) doit être pris en compte. Et surtout, que chacun prenne conscience de l'arbitraire afin que tous se sentent dans l'insécurité. La façon dont cela se passe dans les Universités du côté des enseignants est très inquiétant. La course au bon projet qu'il faut placer avant celui des autres est en train de l'emporter sur une réflexion sage et résolue autour des questions pourtant essentielles : comment faire réussir les étudiants et particulièrement les "nouveaux" étudiants, comment assurer une polyvalence des formations tout en garantissant un ancrage en terme de savoirs disciplinaires indispensables pour l'avenir de la recherche, comment faire progresser l'égalité de traitement de tous les étudiants et salariés à l'encontre d'une marchandisation de nos rapports sociaux à l'université, … C'est la courte vue qui l'emporte, une démonstration supplémentaire d'un renoncement à porter une volonté politique à l'encontre d'un marché conquérant. Nous nous retrouvons bien souvent, en tant qu'enseignant attaché au service public et à une vision démocratique du monde (un peu d'égalité dans nos rapports sociaux que diable !) dans une situation totalement schizophrénique : porter des exigences démocratiques et donc s'opposer à ce qui se passe et, en même temps, s'engager dans la mise en place du LMD pour ne pas laisser le pire s'installer. Mais cette contradiction est lourde de menaces pour l'avenir du service public. Une autre Université est possible. Il y a matière à réflexions et à la construction d'autres projets. François Castaing Enseignant en AES Université Paris 8
Pour ce faire, nous avons besoin les uns des autres. Les différents métiers liés aux spectacles ont besoin du soutien du public en ce moment de crise qui met en péril leur avenir, et nous, spectateurs, avons besoin des intermittents pour continuer à nous nourrir de diverses représentations artistiques. Nous sommes en danger. Nous sommes en colère. Si nous acceptons les termes actuels de la réforme, nous nous condamnons parce qu'en cautionnant la réduction du nombre des artistes et techniciens travaillant dans l'intermittence, nous acceptons aussi la réduction du nombre des spectacles proposés et notre liberté de choix s'en trouvera altérée. En outre, si le nombre des spectacles chute, leur qualité, leur créativité se trouve également menacée, et demain, qu'allons-nous transmettre à nos enfants et petits enfants si les créateurs et les compagnies cessent d'exister ? Nous exigeons le retrait de la réforme du régime spécifique d'assurance chômage des professionnels du spectacle ! Rejoignez le collectif " Spectateurs en danger " Pour adhérer au collectif, laissez vos coordonnées : nom, prénom, adresse, téléphone, e-mail dans la boîte à lettres spectateursendanger@ifrance.com
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