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25 août 2005
Traque d’enfants de sans
papiers :la police perquisitionne le domicile d'une journaliste de Radio France Communiqué du Réseau Education Sans Frontières - 24 août 2005 Aujourd'hui, 24 août 2005, vers 10h du matin, un détachement de policiers s'est présenté à Auxerre au domicile d'une journaliste de Radio France Bleue Bourgogne, Bleuette DUPIN. La police a procédé à une perquisition dans le cadre d'une enquête sur la disparition des enfants de Madame Barbe MAKOMBO MBELU, ressortissante congolaise assignée à résidence avec deux de ses enfants (Grace, 10 ans et Naomie, 12 ans) dans l'attente de sa reconduite à la frontière. Ses deux aînés, Rachel, 15 ans et Jonathan, 14 ans, se sont enfuis, terrorisés à l'idée d’être expulsés vers la République Démocratique du Congo où leur père a disparu, où leur mère a subi de graves sévices et où elle est toujours recherchée. Bleuette Dupin avait fait un reportage sur cette affaire, diffusé aux journaux de Radio Bleue Auxerre le 23 août. Elle avait téléphoné à Barbe MAKOMBO MBELU, puis l'avait rencontrée dans le cadre de son métier de journaliste, ce qui lui vaut une perquisition puis une audition au commissariat d'Auxerre. La police venue interroger la mère des adolescents en fuite, le 23 août, et avait aussi relevé les numéros de téléphone figurant sur son portable et dans son agenda (sans d'ailleurs l'avoir informée du cadre juridique de cette intervention, ni avoir produit de mandat). Parmi eux, celui de la journaliste... immédiatement soupçonnée d'héberger les enfants. Les numéros de téléphone des militants du RESF qui étaient venus visiter Barbe MAKOMBO MBELU ont aussi été relevés, il est à craindre qu'ils subissent à leur tour des perquisitions. Les communiqués précédents du RESF disent ce qu’est le sort de la famille MAKOMBO MBELU, l'interpellation en centre aéré des deux fillettes de 10 et 12 ans, la fuite des aînés. Au-delà de ses aspects grotesques, la perquisition du domicile d'une journaliste et l'acharnement avec lequel les services de police semblent avoir reçu l'ordre de conduire l'enquête illustrent les dérives graves qu'entraîne la politique de Monsieur Sarkozy et de son gouvernement, non seulement pour les sans papiers et leurs enfants mais, aussi, de façon contradictoire, pour la justice, la police, les services préfectoraux d'un côté, et pour les journalistes et, finalement, tous ceux qui demeurent attachés à la protection contre les persécutions, au droit pour des enfants à la scolarité, à l'équité et aux libertés, celle d'informer et les autres. Inévitablement, et sans prétendre mettre en parallèle des situations incomparables, le spectacle de policiers interpellant des enfants dans leurs écoles ou sur leurs lieux de vacances réveille des images qu'on souhaitait ne jamais plus revoir. Faudra-t-il constituer des réseaux clandestins de protection des enfants de parents sans papiers pour les protéger du sort honteux qui leur est promis par le ministre de l'Intérieur : parents menottés et rudoyés sous leurs yeux, enfermés dans ce qu’un rapport officiel appelle " les horreurs de la République", parents molestés quand ils font des difficultés à embarquer, scotchés à leur siège d'avion. A partir de quel âge les mineurs reconduits sont-ils aussi menottés ? Ce que subissent Barbe MAKOMBO MBELU et ses enfants, mais aussi, en ce moment même, des centaines d'autres familles ou des jeunes scolarisés, est grave. Ce que des dirigeants politiques irresponsables imposent aux services de l'Etat chargés d'appliquer leurs décisions l'est aussi. "Les familles sans papiers ne sont pas les seules victimes de cette politique démentielle : les fonctionnaires chargés de l’appliquer le sont aussi, à leur façon. Et, avec eux, toute la société. On leur fait faire un sale boulot. Ils en sont conscients. Quelques-uns craquent et cherchent à se faire muter. D'autres, et c'est sans doute le plus grave, se soumettent, se blindent et s'habituent à exécuter n'importe quel ordre. Cette politique est malfaisante et dangereuse pour la démocratie" écrivait le RESF dans son communiqué du 17 août. Nous espérions n'avoir pas raison si tôt. L'atteinte scandaleuse à la liberté de la presse, les coups de téléphone d'intimidation à ceux qui soutiennent Barbe MAKOMBO MBELU, dont des militants du RESF, sont des atteintes inadmissibles aux libertés publiques. Il est hors de question de laisser sacrifier aux ambitions du ministre de l'Intérieur actuel les valeurs de justice, d'équité et de solidarité que les enseignants, les parents et les individus attachés aux droits de l'Homme que nous sommes sont chargés de transmettre aux jeunes générations. Le Réseau Education Sans Frontières appelle toutes les organisations qui le composent, tous les syndicats, les associations et les partis attachés aux libertés fondamentales à exprimer leur indignation et à exiger des sanctions contre les responsables qui ont organisé cette lamentable affaire. Réseau national des militants, collectifs d’établissements, syndicats et associations pour l’information et le soutien aux jeunes scolarisés étrangers sans papiers adresse postale : C/o EDMP - 8, Impasse Crozatier - 75012 Paris e-mail : educsansfrontieres@free.fr site : http://www.educationsansfrontieres.org
14 août 2005
En plein mois d’août,
les mauvais coups continuent de pleuvoir
Le 28 mars 2005, le mouvement lycéen contre le projet de loi Fillon sur l’école appelait à une opération de péage gratuit et de distribution de tracts au viaduc de Millau. Aujourd’hui la Société Eiffage, gestionnaire du viaduc, assigne au tribunal de grande instance une quinzaine de lycéens, parents d’élèves, enseignants, militants et citoyens et veut leur faire payer plus de 23 000 € de dédommagements. Cette somme, dérisoire pour Eiffage, est exorbitante pour des personnes qui n’avaient pour seule motivation que la défense du service public d'Education Nationale. Par ailleurs, les 250 personnes présentes seront étonnées d'apprendre que la dite société ait décompté, ce jour-là, 3 237 véhicules en 1 heure. En outre, elles s’interrogent sur la logique des personnes chargées du casting des assignés et trouvent, pour le moins, ce choix partisan car il ne correspond pas à la réalité des actions lycéennes. Cherche-t-on, en s'en prenant au portefeuille des citoyens de Millau, à briser les mouvements sociaux ? Après plusieurs réunions rassemblant des personnes de tous horizons, un comité de soutien s'est constitué pour organiser la défense et la solidarité. Il mettra tout en oeuvre pour faire respecter les droits fondamentaux et obtenir le retrait de sa plainte par Eiffage. Il appelle tous les Millavois à soutenir les actions qui seront mises en place. Le comité de soutien
12 août 2005
Les "Faucheurs
Volontaires" dénoncent les OGM dans le lait et la viande
industriels
Article paru dans "L'Indépendant" (édition de l'Aude), le 10 Août 2005 Alors que deux faucheurs volontaires comparaissaient en justice à Orléans, une quarantaine de militants anti OGM de l'Aude et des environs ont manifesté à Carcassonne. Distribution de tracts pour informer le public et nettoyage des rayons d'une grande surface au programme. Les "détectives OGM" étaient une quarantaine, hier matin à Carcassonne, à manifester leur soutien aux deux faucheurs volontaires qui comparaissaient devant le tribunal correctionnel d'Orléans pour avoir "neutralisé" des parcelles de la société Monsanto. Les Audois, les plus nombreux, étaient accompagnés de militants anti-OGM venus de l'Ardèche, du Gard et des Pyrénées-Orientales. Ils ont démarré leur journée par une manifestation sur la place Carnot: "Nous sommes là en tant que citoyens pour soutenir nos copains, commente Michel David, de la Confédération paysanne de l'Aude. Mais nous profitons également de l'occasion pour informer les gens sur les dangers des OGM. Aujourd'hui encore, beaucoup ne connaissent pas les risques qu'ils représentent pour notre futur et celui de nos enfants". Non aux champs contaminés ! Jean-François Cornil, animateur à la Conf', d'ajouter : "Nous ne sommes pas opposés aux recherches dans les lieux confinés ni aux expériences menées dans le domaine médical. Ne dénonçons simplement les cultures en plein champ. Après le sang contaminé, nous ne voulons pas du scandale des champs contaminés", conclut un militant en distribuant des tracts. Les manifestants décident d'aller inspecter les rayons d'une grande surface. Le temps de s'organiser, et le cortège se dirige vers l'hypermarché Leclerc, route de Toulouse. Dans le magasin, le groupe se disperse, se partageant les rayons. "Nous étions déjà venus il y a cinq ans et nous constatons qu'il y a eu des progrès puisque nous trouvons moins de produits contenant des OGM", se réjouit Michel David. Mais leur combat, loin d'être gagné, se portait hier sur les produits animaux industriels. Le lait et la viande sont plus particulièrement montrés du doigt par les militants anti-OGM. Michel David explique: "Rien, sur l'emballage, ne dit que le bétail a été nourri avec des aliments à base d'OGM. Il faut savoir que si l'éleveur ne fait pas la démarche de demander à son fournisseur des produits sains pour ses bêtes, il est livré en aliments contaminés. La présence d'OGM est d'ailleurs signalée sur les emballages de ces produits. En ce qui nous concerne, nous voulons que cela apparaisse également sur les emballages de la viande et du lait produits par ces animaux". Au rayon boucherie, un groupe s'est formé autour des manifestants, attentif aux explications de ces "spécialistes". "Comment fait-on pour savoir si la viande et le lait sont issus d'animaux contaminés puisque cela n'apparaît pas sur l'emballage ?", interroge un client, intéressé par la démarche. "Vous pouvez considérer que si le produit n'est pas labellisé, il contient des OGM", répond le militant de la Confédération Paysanne. Un éleveur ajoute: "Aujourd'hui dans la profession, seuls 10% font attention au contenu des aliments qu'ils donnent à leur bétail. Et la plupart du temps, la viande et le lait qu'ils produisent sont mélangés avec ceux des 90% d'éleveurs restants". Des OGM au rayon "anglais" Un groupe de militants, chargé d'inspecter les autres rayons, est tombé sur un nid d'OGM. Ils remplissent leurs chariots de "sauce blue cheese", "steack sauce", "salad sauce", "sauce barbecue" et autres sirops pour pancakes, tous de la même marque, "Classic foods". Ils montrent leur trouvaille au directeur du magasin, qui a finalement accepté de les recevoir. "Nous avons moins de produits qu'il y a 5 ans mais ce n'est pas encore parfait", insiste Jean-François Cornil en désignant les chariots. "Tous ces produits viennent du linéaire destiné à la clientèle anglaise, remarque Laurent Boissonnade. Je dois m'adapter à la demande de ces nouveaux clients". Attentif à leurs revendications, le directeur de l'hypermarché leur demande de dresser la liste de leurs revendications, notamment en ce qui concerne le lait et la viande industriels : "Je m'engage à faire remonter ces informations à Michel-Edouard Leclerc". Satisfaits d'avoir pu ouvrir le dialogue, les militants ont continué à distribuer des tracts à la sortie du magasin. Séverine Troucat
31 juillet 2005
Postiers de Bègles :
des sanctions lourdes, exigeons leur retrait !
Les sanctionnés des conseils de discipline nationaux : Jean-Paul : 2 ans d'exclusion dont 1 an ferme Jean-Pierre : 2 ans d'exclusion dont 1 an ferme Xavier : 2 ans d'exclusions ferme René : 2 ans d'exclusion dont 3 mois ferme Pierrot : 2 ans d'exclusion dont 1 an ferme Patrick : 2 ans d'exclusion ferme Les sanctionnés des conseils de discipline locaux DOTC : Bernard : déplacement d’office Jean-Marie : déplacement d’office Christian : 9 mois d'exclusion dont 6 mois ferme Denis : déplacement d’office Pierre-Alain : 2 ans d'exclusion dont 6 mois ferme Patrick : déplacement d’office Gérard : 9 mois d'exclusion dont 1 mois ferme Fabrice : licenciement pour faute lourde En sanctionnant lourdement et sans motif, quatorze militants syndicaux du Centre de Tri de Bordeaux-Bègles, La Poste vient de montrer à quel niveau elle entendait frapper pour faire passer ses réorganisations. En licenciant, sanction la plus dure, le seul contractuel, La Poste envoie un message très clair à tous ses personnels de droit privé, statut appelé à être très bientôt majoritaire (actuellement 110 000 salariés, soit 35%) : se soumettre à la politique libérale de La Poste ! C'est le droit de revendiquer, de contester la politique libérale et la loi postale qui sont sanctionnés. Les événements du Centre de Tri de Bordeaux-Bègles sont le résultat du refus obstiné de tout vrai dialogue sur les projets de restructuration, les quarante suppressions d'emplois et les changements d'horaires imposés. Toutes les accusations de la direction ont été démontées par les défenseurs et les élus du personnel. La Poste n'en a pas tenu compte. Son objectif était bien connu : expulser le maximum de militants syndicaux du centre de tri de Bordeaux-Bègles. Et, au-delà, faire un exemple pour tout le mouvement de résistance aux restructurations. Sur Bordeaux, elle pense ainsi avoir le champ libre pour en préparer la fermeture et le transfert sur la PFIN (Plate forme d'intérêt national). La Poste se trompe si elle pense faire taire les sanctionnés et les organisations qui les soutiennent. Elle montre sa faiblesse en sanctionnant des militants syndicaux à la carrière exemplaire, tous appréciés "E" (excellent) ou "B" (bon). Si elle était si sûre de ces arguments, La poste organiserait un véritable dialogue social. Depuis le 25 mai l'ensemble des fédérations a tout mis en œuvre pour éviter les révocations et les sanctions. Les organisations syndicales CGT, SUD, CNT s'engagent conjointement à poursuivre la campagne de solidarité pour réhabiliter nos collègues injustement sanctionnés. Elles continueront, ensemble, pour la défense juridique et le retrait des plaintes. Ensemble, CGT, SUD et CNT poursuivront la mobilisation avec le personnel, pour l'annulation de toutes les sanctions et la réintégration de tous les sanctionnés. Bordeaux, le vendredi 29 juillet 2005 CGT PTT 33 - 44, cours Aristide Briand - 33075 Bordeaux Cedex CNT PTT 33 - BP 203 - 33021 - Bordeaux Cedex SUD PTT 33 - BP 718 - 33006 - Bordeaux Cedex
28 juillet 2005
Conseils de discipline de
Bègles-Bordeaux : Salarié licencié !
Paris, le 21 juillet 2005 Les sept conseils locaux de discipline, réunis les 18, 19 et 20 juillet à Bordeaux, ont marqué la volonté de la DOTC de frapper fort. Pour les 7 fonctionnaires, les propositions de sanction sont : - 9 mois fermes d'exclusion pour 2 d’entre eux, - 6 mois pour 2 autres, - 15 jours pour un autre, - le déplacement d'office pour les 2 derniers. Pour l'agent contractuel, militant CNT, la Poste a proposé le licenciement pour faute lourde : rien de moins ! Alors qu'aucune révocation n'a été prononcée au niveau national, La Poste a fait le choix réfléchi de la fermeté à l'extrême. C'est inadmissible ! Les contractuels doivent se sentir extrêmement trahis par un employeur qui ne cesse de leur répéter qu'ils sont des postiers comme les autres. A l'heure de la répression tous azimuths, qu'ils soient militants syndicaux ou simplement qu'ils défendent leurs conditions de vie et de travail, La Poste choisit de licencier l'agent contractuel. Mais ne nous y trompons pas, les sanctions rendues ou proposées par la Poste, dans le contexte d'un conflit du travail, de la mise en place aveugle de CQC et d'un dialogue social qui trouve dans cette affaire une concrétisation plus qu'amère, marquent toute la violence de La Poste envers son personnel. Non à la criminalisation de l'action syndicale ! La mobilisation et le soutien financier doivent s'amplifier. Il est possible d'envoyer des chèques de solidarité à l'ordre de : "Syndicat SUD PTT Gironde - Solidarité" CCP N° 12 896 40 B Bordeaux Union Syndicale Solidaires SUD-RAIL Fédération Syndicale des activités postales et de télécommunications 25/27 rue des Envierges - 75020 PARIS Tél 01 44 62 12 00 - Fax 01 44 62 12 34 --------- Communiqué Centre de tri de Bordeaux-Bègles La Poste accentue la répression en licenciant un salarié de droit privé ! La direction de La Poste vient à nouveau de se distinguer, en se proposant de licencier un salarié de droit privé dans le cadre d'un conflit du travail. En effet, lors du conseil de discipline qui se tenait le 20 juillet à Bordeaux, suite au conflit du travail au centre de tri de Bordeaux-Bègles, elle a proposé le licenciement pour faute lourde de ce collègue. Outre le fait que cette sanction soit totalement injustifiée, la direction de La Poste, en optant pour cette solution, adresse également un très sérieux avertissement aux plus de 100 000 salariés de droit privé qu'elle emploie : pour celles et ceux qui s'opposeraient à ces projets, la porte est grande ouverte. Pourtant, la mobilisation du personnel et la création d'un comité de soutien national avaient permis d'empêcher toute révocation pour les fonctionnaires. La Poste a donc fait le choix de traiter différemment le contractuel par rapport aux fonctionnaires et de licencier un militant salarié de droit privé dans le cadre d'un conflit du travail. Cette différence de traitement a une signification particulière au moment où la direction de La Poste et le gouvernement banalisent le statut de droit privé dans cette entreprise publique. Cela est d'autant plus inquiétant que la loi dite de "régulation postale" du 25 mai affranchit La Poste des obligations contenues dans le code du travail pour tout ce qui concerne les délégués du personnel, délégués syndicaux et comité d'entreprise. Usant de ce prétexte, l'inspection du travail s'est d’ailleurs déclarée incompétente pour donner un avis sur le licenciement du militant concerné. Nous assistons donc à la naissance d'un sous-statut où les militants n'ont pas de protection, et cela dans une grande entreprise publique. Ce dont rêve le Medef, La Poste le fait ! La fédération Sud-PTT interpelle publiquement Jean-Paul Bailly, le Président de La Poste ainsi que son Ministre de tutelle pour exiger l'abandon de cette procédure de licenciement. De façon plus générale, Sud-PTT appelle à poursuivre et amplifier la mobilisation et le soutien aux sanctionnés pour obtenir le retrait de toutes les sanctions disciplinaires et l'abandon de toutes les poursuites pénales à l'encontre des 14 syndicalistes du centre de tri de Bordeaux-Bègles. Paris le 21 juillet 2005
27 juillet 2005
Béziers : l'incendie d'un
entrepôt de pesticides inquiète les riverains
Le Monde | 26.07.05 | 13h15 Béziers (Hérault), de notre envoyé spécial Jean-Pierre Galtier tend une petite boîte d'insecticide de jardin : "Regardez, il est écrit qu'un milligramme de ce produit est un poison. Ils veulent nous faire croire que 1 600 tonnes de pesticides parties dans l'atmosphère ne causent aucun risque !" Cet habitant du quartier du Montimaran, à Béziers, exprime une inquiétude partagée par la plupart des riverains de la zone industrielle de La Devèze : un incendie y a ravagé, lundi 27 juin, un entrepôt de pesticides. Le feu s'est déclaré à SBM Formulation, à 3h00, et a duré plusieurs heures. Cette entreprise, qui produit des pesticides agricoles, est classée Seveso 2 (à très haut risque). "Il y avait un nuage immense et noir qui couvrait tout, des flammes montaient très haut" , raconte Georgette Manzanares, dont le pavillon donne sur l'usine. "C'était irrespirable et ça faisait pleurer". Dans le voisinage, les témoignages se ressemblent : "J'ai travaillé le matin dans la zone", dit Marie-Claude Leclerc, psychologue dans une entreprise de formation. "Les yeux et la gorge nous grattaient". Selon Sophie Donzier, de l'association Arbre, le nuage de fumée a voyagé : "J'étais à 40 km de Béziers ce matin-là. Ça sentait très fort le soufre". Les pompiers sont arrivés à 3h27. Un périmètre de protection de 400 mètres autour de l'usine a été établi. Le laboratoire mobile de spectrométrie des sapeurs-pompiers de Marseille a été installé à 9h45 ; la fin de l'urgence a été déclarée par la préfecture à 16h15. Si le sinistre a été bien maîtrisé, les autorités n'ont cependant pas décidé de prévenir ou d'évacuer les populations voisines. "Personne ne m'a prévenue, j'ai dormi les fenêtres ouvertes, j'ai tout respiré. Au matin, j'avais les lèvres enflées et les paupières collées", explique une habitante, Anne-Marie Faes. "Les gens se sont plaints, ont appelé les pompiers", ajoute Mme Leclerc. On leur répondait : "Ce n'est pas grave, calfeutrez-vous". "On ne nous a rien dit", assure Patrice Bataillie, un autre riverain. "Je suis allé sur la zone, dans mon entreprise d'informatique, tout le monde travaillait". Hormis les messages diffusés sur la radio locale à 8 heures, il n'y a pas eu de communication. "Pour les fumées, nous n'étions pas très inquiets", dit le capitaine Rebillon, des pompiers de Béziers. "Grâce à l'étude de danger de l'usine, nous connaissions les grands polluants présents". Toutefois, pendant plusieurs heures, la composition exacte des fumées n'aurait pas été connue. "Pollution globale" Dans Midi libre du 28 juin, Philippe Ramon, directeur de cabinet du préfet, expliquait : "L'incident qui vient de se produire est plus grave que le scénario le plus défavorable envisagé dans l'étude de danger-que venait de rendre SBM Formulation aux autorités". "Les gens ont le sentiment de ne pas avoir été assez informés en temps et en qualité", concède le sous-préfet de l'Hérault, Bernard Huchet. "Ils ont raison. Mais l'accident n'a fait aucune victime ni intoxiqué : les services de santé sont formels". Le service de santé communal a cependant enregistré 140 déclarations d'irritation, de bronchite ou de conjonctivite liées à l'incendie. Volonté de ne pas inquiéter la population en début de période estivale ? Souci de faciliter la reprise du travail dans une usine qui emploie 75 personnes ? En tout cas, les autorités ont attendu le 15 juillet pour communiquer aux riverains la liste des produits présents sur le site (aldéhyde, carbamate, fiprole, thiazole, etc.). D'après le Bulletin épidémiologique biterrois du 6 juillet, qui n'a pas obtenu ces informations plus tôt, la fumée contenait, outre du disulfure de carbone (irritant mais relativement bénin), de l'acide cyanhydrique, de l'acide chlorhydrique et de l'acide bromique, beaucoup plus toxiques. Par ailleurs, selon nos informations, l'usine fabriquait, pour l'exportation, un produit interdit en France depuis 1998, le Pelt 44. "On peut craindre une pollution globale, vu la quantité de produits répandus", estime François Veillerette, de l'Action citoyenne pour les alternatives aux pesticides (ACAP). "Il faudrait mener une analyse systématique des potagers sous le vent pour vérifier qu'il n'y a pas de contamination". Les accidents dans les usines de pesticides ne sont pas rares : le 10 décembre 2004, des produits chimiques de l'usine Soft s'étaient déversés à Port-la-Nouvelle (Aude) ; le 6 février, un incendie s'était produit dans l'entreprise Chimac-Agriphar, en Belgique ; enfin, le 11 avril, des flammes avaient déjà dû être éteintes dans l'usine SBM de Béziers. Hervé Kempf Article paru dans l'édition du 27.07.05 Accédez à cet article sur Lemonde.fr http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0@2-3228,36-675457,0.html Cet article nous a été transmis par le MDRGF MDRGF (Mouvement pour les Droits et le Respect des Générations Futures) 7, rue principale - 60380 SaintDeniscourt Tel / Fax :03 44 82 70 37 - Portable : 06 81 64 65 58 email : fv@mdrgf.org - site : http://www.mdrgf.org
15 juin 2005
Incendie de Daewoo : la
justice aux ordres du pouvoir et du patronat !
Kamel Belkadi, condamné à 2 ans de prison, avec sursis, pour un crime qu'il n'a pas commis. La Cour d'Appel de Nancy vient de condamner Kamel Belkadi à 2 ans de prison avec sursis, pour l'incendie de l'usine Daewoo-Orion de Mont-Saint-Martin, alors qu'aucune preuve matérielle ne pèse contre lui. Ce jugement est le point d'orgue d'une manoeuvre visant à criminaliser la lutte menée par les salarié(e)s de Daewoo contre leur patronat mafieux et, plus généralement, toutes les actions syndicales qui ne rentrent pas dans le cadre d'un consensus avec le patronat et les pouvoirs publics. C'est un déni de justice : lors des audiences d'octobre 2004, à Briey, et le 5 avril, à la Cour d'Appel de Nancy, le scénario imaginé par l'accusation s'était vidé de tout contenu au point que l'avocat général de Nancy a été obligé de reconnaître que "ce n'est pas le procès Belkadi, c'est l'affaire Daewoo", et de revoir son réquisitoire à la baisse. Les contradictions et les incohérences du seul témoin qui accuse Kamel, l'impossibilité matérielle que celui-ci ait pu mettre le feu dans le créneau horaire déterminé par l'enquête, les différents témoignages qui attestent de la présence de Kamel au poste de garde en continu depuis 1/2 heure avant le départ de feu et jusqu'au moment de l'alerte, tous ces éléments ont fait ressortir l'évidence de l'innocence de Kamel. Ce jugement est aussi un non-sens judiciaire : dans la foulée du TGI de Briey, la Cour d'Appel de Nancy avait "besoin" d'un coupable, même au rabais, parmi les ouvriers les plus en pointe dans la lutte... Elle a donc condamné celui qui était dans le collimateur depuis le début. Mais comme tous les éléments du dossier montraient que Kamel n'était pas réellement coupable, elle a revu la peine à la baisse, en l'assortissant d'un sursis complet... alors qu'un incendie volontaire, selon la jurisprudence habituelle, "ça vaut" 7 à 10 ans de prison ferme ! Reste que notre camarade a réellement fait 3 mois de détention préventive. En dévoilant publiquement l'inconsistance de l'accusation, la mobilisation menée par l'Union Locale CGT-Longwy et le comité de soutien à Kamel a permis de faire reculer la justice de classe sur la nature de la peine (de 3 ans de prison dont 18 fermes, on passe à 24 mois, avec sursis), mais pas de faire reconnaître l'innocence de Kamel. Kamel et son avocat, Maître Behr, ont formé un pourvoi en Cassation à l'issue du verdict prononcé par la Présidente de la Cour d'Appel. Il est évident que nous ne laisserons notre camarade payer pour un crime qu'il n'a pas commis. Plus que jamais la question se pose, à laquelle il faudra bien que la justice réponde : à qui profite le crime ? Cet incendie tombait "à point" pour tous ceux qui voulaient en finir avec la lutte des salariés. Il a permis à la direction de Daewoo de faire l'économie d'un plan social qui lui aurait coûté au minimum 3 fois plus que le stocks de produits finis parti en fumée. Les circonstances du départ de feu montrent sans équivoque que l'incendie n'est pas le fait d'un individu isolé qui aurait "pété les plombs", mais d'une entreprise organisée, impliquant une préparation et des complicités : système de sécurité neutralisé, restriction des effectifs de gardiennage depuis la veille, déménagement des pièces comptables par la direction le matin même de l'incendie, etc. Daewoo et ses complices doivent rendre des comptes pour leurs pratiques mafieuses ! Où est passé l'argent public que Daewoo-Orion a empoché (46 millions d'Euros de subventions, 5 ans d'exonération de taxes professionnelles, ...) ? Pourquoi a t-on présenté cette usine comme "le fleuron de la reconversion de Longwy" alors qu'elle présentait plus de 3 000 points de non-conformité aux normes d'hygiène et de sécurité ? Pourquoi les a-t-on laissé vendre leurs produits à perte aux autres filiales du groupe ? Pourquoi a-t-on laissé faire lorsqu'il s'est avéré que Daewoo possédait plusieurs comptes à Clearstream, la "banque des banques" spécialisée dans le "blanchiment" d'argent sale ? Quelles personnalités politiques sont compromises dans cette affaire ? Et les cotisations URSSAF impayées pendant 18 mois ? Kim Woo Choong, l'ex-PDG du groupe, bénéficiant de la nationalité française et décoré de la croix de la Légion d'Honneur, a coulé des jours tranquilles sur la Côte d'Azur et a été récemment embauché par la Société Lohr, en Alsace, alors qu'il était recherché par Interpol pour malversation et détournement de fonds ! Il vient de "se livrer" à la justice coréenne... sans doute pour bénéficier de la grâce présidentielle, dont ont déjà profité 4 de ses complices condamnés dans cette affaire. D'autre part, le Conseil de Prud'Hommes de Longwy vient de condamner Daewoo-Orion (en la personne de son liquidateur judiciaire) pour licenciement sans cause réelle et sérieuse des 107 salariés qui avaient introduit un dossier, avec l'aide de la CGT, à la suite de la fermeture de l'usine. Jugeant que ces licenciements étaient liés à la politique financière de l'entreprise, qui vendait ses produits finis à perte aux autres filiales du groupe, le Conseil a condamné le liquidateur judiciaire de Daewoo-Orion à verser aux ex-salariés la somme globale de 640 000 Euros, pour des rappels de salaire sur pause et pour des dommages et intérêts, compte-tenu de leur licenciement abusif. C'est un premier pas dans le sens d'une vraie justice ! Nous avons également porté plainte, contre Kim Woo Choong, pour complicité de banqueroute, et nous veillerons à ce que ce dossier ne reste pas sans suite... Plus que jamais, la mobilisation continue ! KAMEL EST INNOCENT ! DAEWOO-MAFIA, ETAT COMPLICE ! Pour l'Union Locale CGT, Isabelle BANNY Secrétaire Générale
15 juin 2005
Au Mans, un centre d'appels
pousse un syndicaliste dehors !
Par Nicolas de la Casinière Article paru dans le quotidien "Libération", édition du 14 juin 2005 Nantes, correspondance Un délégué Sud menacé de licenciement pour "agissements graves" Le centre d'appels veut éloigner le délégué syndical SUD. En le licenciant pour faute. "Agissements graves créant un climat de tension délétère", dit la lettre qui met à pied Frédéric Madelin pour dix jours, jusqu'à l'entretien préalable au licenciement, le 17 juin. Très crispé dans sa vision du droit syndical, le courrier ajoute : "Vous dénigrez, insultez, menacez de manière systématique et publiquement vos collègues en faisant preuve de harcèlement et d'agressivité à l'égard de l'employeur et des salariés". Le service communication de B2S Business Support Services, qui compte 2 500 salariés lâche d'un ton insidieux : "On ne peut rien dire, sauf qu'il y a un amalgame malheureux entre le droit syndical et des comportements individuels". Syndicaliste combatif sur le plateau du centre d'appels Ceritex B2S du Mans (Sarthe), Frédéric Madelin siège au comité central d'entreprise. Le directeur général Etienne Ortega en a fait sa bête noire et enrage chaque fois que le délégué syndical prend la parole. Jusqu'à menacer en réunion le syndicaliste, affirmant qu'il "ne [se gênerait] pas pour lui casser la gueule, à ce p'tit con". Le climat ne s'est pas apaisé après une grève dure en janvier pour réclamer sans succès 5 % de hausse de salaire. La direction a répondu en envoyant des vigiles, des huissiers, des CRS. Depuis, deux autres meneurs du mouvement, à Maisons-Alfort (Val-de-Marne) et au Mans, ont été virés. Il faut dire que les patrons de B2S ne rigolent pas. Surnommés les 2B4 clin d'oeil au boys band 2B3 , les quatre dirigeants de cette grosse PME ont déjà attaqué le syndicat SUD de B2S devant la justice, pour avoir mis en ligne sur le site de SUD PTT des tracts mettant en cause la gestion de leur entreprise. Aujourd'hui, la même direction fait un procès en représentativité à Frédéric Madelin, qui vient d'être désigné délégué syndical central. "La semaine dernière, en une heure, on a recueilli 100 signatures à la pétition de soutien contre mon licenciement. On est actuellement 350 sur le site, dit Frédéric Madelin. Si le climat est très sain entre salariés, il reste très tendu avec la hiérarchie".
9 juin 2005
Pour sauver l’emploi : la
grande braderie
Communiqué du "Comité pour une Répartition Equitable de l’Emploi et des Revenus" (CREER) C’est avec intérêt que le CREER, Maison des chômeurs et Citoyens Solidaires - a suivi le discours de politique générale du 1er ministre, en particulier sur l’emploi, et s’interroge sur la possibilité de remédier au problème du chômage quand après 30 ans toutes les mesures se sont avérées vaines : toujours 10% de chômeurs et que, de l’aveu même du ministre, les "marges de manoeuvre budgétaires sont étroites". Nous nous insurgeons contre le "contrat nouvelle embauche" qui n’est qu’une manière détournée de mettre fin au CDI, de renforcer la précarité par 2 ans d’incertitude pour le salarié et brimer le droit syndical. Au passage nous ne notons aucune concertation avec les principaux intéressés. Privilégier l’activité, favoriser le retour rapide à l’emploi, aider directement le salarié par une prime de 1 000 euros à tous les chômeurs longue durée allocataires des minima sociaux est très insatisfaisant. En effet, nous considérons que seul un salaire décent et une vie professionnelle stable sortiront les chômeurs et précaires de leur misère et de leurs difficultés quotidiennes. On ne peut recevoir ce plan, que comme une série de mesures qui cherchent en effet surtout à contraindre les chômeurs à s’adapter à un marché du travail constitué essentiellement d’emplois précaires, mal rémunérés. Des conséquences, "les décideurs" semblent s’en moquer: vie instable à cause des changements d’employeurs et de nature de travail mais aussi, des difficulté pour constituer une famille à cause de la fragilité et l’incertitude de la situation, de la difficulté de trouver un intérêt dans des boulots non choisis. En aucun cas, nous ne pouvons tolérer une fois de plus la culpabilisation faite aux chômeurs. Le CREER est aussi attaché à l’équilibre des droits et des devoirs, il n’acceptera pas des obligations d’emploi en dessous des qualifications et sous rémunérés. Pour les 60 000 jeunes : un service militaire adapté ? N’est-ce pas là une preuve d’impuissance en terme de politique pour l’emploi des jeunes ? De même, pour les plus de 50 ans, doit-on considérer qu’ils sont trop âgés pour les entreprises privées et encore jeunes pour les emplois de la fonction publique ? Si le Premier Ministre avait répondu à la demande de rencontre de notre Mouvement National des Chômeurs et Précaires, il aurait probablement été plus prudent dans ses effets d’annonce. Les chômeurs ne désirent pas rester au chômage. Pour un bon nombre qui ont déjà vécu la précarité de l’emploi, ils ont le droit d’exiger un emploi stable, correctement rémunéré et qui les intéresse. Le Conseil d’Administration du CREER Maison des Chômeurs et Citoyens Solidaires - 4, rue Levat - 34000 Montpellier Tél. : 04.67.92.74.98 - Email : creer-mncp@voila.fr
6 juin 2005
Le "Non" est
le choix de la France : il faut respecter le vote des citoyens !
Déclaration du "Collectif National de l'Appel des 200" Le Non est le choix de la France, il faut respecter le vote des citoyens ! Le rejet par les citoyens français du projet de traité constitutionnel est une bonne nouvelle pour l'Europe. C'est un vote populaire antilibéral et européen qui a mobilisé l'essentiel des forces vives du pays. C'est un vote de solidarité avec les peuples européens. Nous rejetons avec indignation les accusations de xénophobie et de replis sur soi qui sont une insulte au suffrage universel. C'est un vote de gauche, d'exigence sociale, démocratique, environnementale, de paix, de rejet des politiques libérales en France et en Europe. Le Non de gauche est majoritaire dans le Non. Le Non est majoritaire à gauche. Le Non de gauche, pro-européen, fait reculer la droite extrême. C'est un vote porteur d'espoir pour une Europe solidaire. Le Non de gauche a imposé un débat imprévu et organisé l'intervention populaire sur la question de l'Europe. C'est un formidable acte de citoyenneté républicaine ; il s'agit maintenant de donner du sens à la citoyenneté européenne. La victoire du Non de gauche est à mettre à l'actif de toutes les forces qui y ont contribué ; elle est le fruit de la dynamique unitaire qui s'est amplifiée tout au long de la campagne et d'une formidable mobilisation de terrain et de conviction menée par les centaines de collectifs unitaires qui se sont constitués. Merci et bravo à toutes celles et tous ceux qui ont pris leur part de ce bien commun. C'est une première victoire qui en appelle d'autres. Aujourd'hui, les dirigeants français et européens prétendent que le Non français ne doit pas arrêter le processus de ratification de la Constitution européenne. La nomination du gouvernement Villepin et ses premières déclarations montrent que le président de la République refuse d'écouter les exigences de la majorité des électeurs. Nous dénonçons ce nouveau mépris du peuple et de la démocratie. S'il est légitime que les autres peuples s'expriment, ce Traité est juridiquement et politiquement mort. Il doit être retiré et une nouvelle discussion doit s'ouvrir au grand jour et sous l'autorité des peuples sur les politiques économiques et sociales et sur les institutions de l'Europe. Les collectifs unitaires qui ont été l'artisan de cette victoire discutent actuellement de leur maintien et de leur élargissement. Leur action doit se poursuivre contre les offensives libérales, qu'elles soient internationales, européennes ou nationales. C'est nécessaire en France, par exemple contre la privatisation d'EDF et de GDF, la fermeture des bureaux de poste, l'ouverture à la concurrence du transport ferroviaire, la transposition des directives de libéralisation des services publics, la remise en cause des droits des chômeurs dans le plan Borloo, les licenciements collectifs, les projets de démantèlement du Code du Travail, etc. C'est nécessaire en Europe. Le Conseil européen se réunira les 16 et 17 juin à Bruxelles. Le choix de notre peuple doit y être respecté. Des mesures immédiates doivent être décidées de remise en cause des politiques libérales qui viennent d'être rejetées : retrait de la directive Bolkestein et des autres directives libérales, annulation des mesures de libéralisation des services publics, mesures de solidarité et de convergence sociale et fiscale permettant de lutter contre le dumping social et les délocalisations, remise à plat de la politique agricole commune alignée sur l'OMC, révision du statut et des missions de la Banque Centrale Européenne et remise en cause du Pacte de stabilité monétaire, annulation de la dette des pays pauvres. Pour cela, nous appelons à participer aux délégations qui se rendront à Bruxelles et à organiser une journée nationale de mobilisation le 16 juin à l'occasion de la réunion de ce Conseil européen, avec notamment une initiative à Paris. Dans le même temps, nous travaillerons à renforcer le débat dans toute l'Europe, notamment dans les pays européens où il a été interdit ou escamoté. Le Non français, fondé sur la volonté d'une autre Europe n'est pas isolé. Il n'y a pas un "problème français", mais un problème de tous les peuples avec le libéralisme. Le vote aux Pays-Bas le confirme. Des contacts existent, des déclarations et des appels européens en soutien au Non français ont été publiés. Nous affirmons notre volonté de contribuer à donner une nouvelle dimension à cette solidarité européenne en construction. Nous avançons l'idée d'une première réunion de travail, le 24 juin à Paris, de toutes les forces européennes qui partagent les mêmes objectifs. Nous invitons les collectifs à tenir de larges réunions publiques -ouvertes à toutes celles et tous ceux qui veulent agir pour une Europe solidaire et combattre les politiques de démantèlement social- où seront débattues l'appréciation de la situation ouverte par le vote du 29 mai et des propositions pour une autre Europe et pour une alternative au libéralisme. Nous proposons aux collectifs qui le souhaitent une rencontre de travail, d'échange d'expériences, de bilans et de perspectives le 25 juin à Paris. Collectif de l'Appel des 200 - Paris, le 2 juin 2005
5 juin 2005
Après le 29 mai : l’espoir
d’un tournant démocratique et solidaire pour l’Europe
Communiqué du "Collectif Biterrois pour le NON à la constitution" 61% des Biterrois et des Biterroises, comme 55% des Français, ont voté NON ! Les partis qui appelaient au OUI, UMP, UDF et PS sont désavoués : c’est le résultat des politiques menées ces vingt dernières années dans le cadre des directives européennes. Mobilisé de façon exceptionnelle, le peuple a dit NON à la tornade libérale qui ravage l’Europe. Le peuple français refuse les gâchis, les souffrances, l’absence de perspectives engendrés par la casse des solidarités. Ce vote est surtout celui de 80% des ouvriers, des employés, d’une majorité de jeunes, de la majorité des actifs salariés et indépendants. Ce vote s’est forgé dans l’échange, le débat. Rien n’y a fait : ni la déferlante médiatique, ni les pressions patronales, ni le chantage à la peur… Ce vote prolonge les mobilisations sociales pour défendre les retraites, la santé, l’école, les services publics, la viticulture... Il renforce les actions déjà en cours, et celles qui surviendront nécessairement face aux mesures qui se préparent. Ce vote évoque pour beaucoup les grands mouvements de notre histoire : Front Populaire, Libération, Mai 68. Le Collectif biterrois pour le NON regroupe des partis, des associations, des syndicats (LCR, MRC, PCF, PRS, ATTAC, SNUIPP-FSU, SUD-Education…), des collectifs locaux et des citoyen(ne)s sans appartenance politique ou syndicale, mais désireux d’intervenir dans la vie publique. Ce collectif appelle chacune et chacun à poursuivre dans la voie qui s’est ouverte grâce au vote du 29 mai. Sans aller jusqu’à exiger sa démission nous considérons que, si Chirac était respectueux de la démocratie, il devrait vraiment tenir compte de la volonté exprimée par le peuple souverain ! Une autre Europe est possible, plus démocratique, plus sociale, plus solidaire. Elle va se construire par l’intervention des peuples à qui nous, citoyen(ne)s français(e)s, venons d’adresser un signal de fraternité. Nous vous proposons d’exiger avec nous :
Le collectif biterrois pour le NON (dont la dénomination va bien sûr changer : peut-être "Mouvement du 29 mai" ?) continue son combat, en liaison avec tous les comités du NON en France. Nous invitons tous ceux qui veulent changer les choses par un rassemblement populaire à participer au travail de réflexion de ce collectif. Prochaine réunion : mercredi 8 juin à 18 heures, 2 rue Voltaire, à Béziers. Nous vous prions de communiquer ce texte à toute personne de votre connaissance susceptible d’être intéressée. Collectif Biterrois pour le NON à la constitution
3 juin 2005
Le mouvement social réprimé
et traîné en justice :le gouvernement perdrait-il le contrôle de lui-même ? Paris, le 2 juin 2005 : Après quatre mois d'une lutte acharnée, le mouvement lycéen est maintenant traîné en justice. Non content d'être resté sourd à un mouvement légitime, non content d'avoir fait voter une loi à marche forcée, non content d'avoir provoqué des violences policières lors des manifestations et des interpellations à la suite d'occupations, le gouvernement persiste et entend tout broyer sur son passage Mercredi 1er juin, le verdict contre Samuel Morville, lycéen et membre de la Coordination Lycéenne, annonce 500 euros d'amende et cinq mois de prison avec sursis. Lors de son procès le 25 mai, le Procureur avait requis 200 heures de Travaux d'Intérêt Général ou 500 euros d'amende contre Samuel Morville, pour des faits que la partie civile a eu le plus grand mal à plaider. Des peines de prison, des amendes de plusieurs milliers d'euros ont déjà été prononcées contre des lycéen-nes interpellé-e-s lors de manifestations ou de blocage d'établissement. D'autres procès sont prévus. Mais d'ores et déjà, l'exercice même de la justice dérape ! Lors du procès de deux lycéens et d'un étudiant, mardi 31 mai, au Palais de Justice de Paris, une audience publique a été fermée à ce même public, refoulé violemment à l'extérieur du bâtiment. Trois avocats, en tenue, ont eux aussi été expulsés du Palais par les militaires... Le pouvoir perdrait-il tout contrôle de lui-même ? Les conflits se multiplient et la répression aussi ! La semaine dernière, au centre de tri de Bordeaux, des faits graves et similaires surviennent. La Poste annonce la suppression de 48 emplois et, le 26 mai, un rassemblement est appelé par les organisations syndicales. Les groupes du GIPN interviennent violemment. Les représentants du personnel (3 CGT et 2 SUD) ont été embarqués et placés en garde à vue ainsi que quatre autres salariés qui participaient à ce rassemblement de protestation. Cinq agents ont été assignés en référés, ainsi que les syndicats CGT, CNT et SUD pour "séquestration de moins de 7 jours, entrave à la circulation des personnes et entrave à la liberté du travail ". La comparution immédiate a eu lieu vendredi 27 mai à 18h00 et La Poste a été déboutée par le juge ! Malgré cela, La Poste les a suspendus sur le champ et ce sont maintenant 14 agents qui sont suspendus de leurs fonctions, en attente de leur conseil de discipline. Ces 14 salariés (syndiqués SUD, CGT et CNT) risquent évidemment de très lourdes sanctions. Les salariés, tout comme les lycéens, n'ont commis qu'une seule faute : celle d'avoir des convictions syndicales et militantes et de s'opposer à des lois ou des décisions qui invalident l'idée même de service public ! Dans le même temps, une avocate est jetée en prison sous prétexte de lois liberticides dénoncées justement par les syndicats de la Magistrature, des prisons pour mineurs sont construites sur tout le territoire, un militant CGT de l'usine Daewoo à Longwy est lourdement sanctionné lors d'un conflit social pour des faits que la justice n'a jamais pu lui imputer. Des audiences publiques sont interdites. Des mineurs sont passibles d'incarcération. Le mouvement social doit réagir ! Le gouvernement n'a plus les moyens de contenir les protestations sociales. Partout, des grèves éclatent. Partout, la répression est la réponse unique et criminelle d'un pouvoir que rien ne semble ébranler. S'agit-il de baillonnner la moitié du pays ? Contre cela, le Centre de Tri de Bordeaux est en grève illimitée depuis le dimanche 29 mai. Une grève nationale est d'ores et déjà appelée, à partir de jeudi 9 juin, par les syndicats CNT, CGT et SUD. De son côté, le Comité de soutien aux victimes de la répression du mouvement lycéen appelle à un meeting, le vendredi 10 juin, à la Bourse du Travail, à Paris, et à une manifestation, le samedi 11 juin à Paris, à 14h00 (République). Contre la répression du mouvement social ! Pour l'abandon de toutes les sanctions disciplinaires, de toutes les poursuites judiciaires ! La CNT appelle l'ensemble des salariés et des acteurs du mouvement social à tenir des assemblées générales et à voter la grève ! Confédération Nationale du Travail Bureau Confédéral
2 juin 2005
Face à la répression au
centre de tri de Bordeaux : Solidarité !
Communiqué de presse Face à la répression au centre de tri de Bordeaux : Solidarité ! Et rassemblement de protestation, le 2 juin à 13h00, devant la DOTC, à Toulouse. L'UL CNT Toulouse appelle le monde postal et les usagers-éres à se rassembler et à clamer leur profonde indignation face au délire sécuritaire des cadres postaux et ce devant le siège de la poste toulousaine. Rappel des faits : Un mois et demi de lutte pour protester contre un projet de restructuration visant à supprimer 48 emplois. Les agents, excédés, face à une absence totale de "dialogue social" décide lors d'un CHSCT, le 25 mai de discuetr des problèmes jusqu'à entrevoir des réponses. La Poste, fidèle à ses objectifs, fait intervenir la police… et le GIPN arrive cagoulé, en hélicoptère pour arrêter les dangereux terroristes postaux. Bilan : 14 mises à pied conservatoire d'agents du centre de tri, dont : - 9 mises en examen de 6 délégués CGT, et de 3 délégués SUD. Chef d'inculpation "séquestration". Ils seront menacés, selon le procureur, durant leur garde à vue de 20h00, de 10 années d'incarcération. Plus, évidemment, une révocation. - 5 mises à pied, procès le 10 juin d'un militant CNT contractuel, avec demande de licenciement. Un préavis national fut lancé pour le 29 mai, la mobilisation a été au rendez-vous, prenant les devants pour la région : centres de tris deToulouse, 3 jours de grève, Albi 80% de grévistes, Agen 100%. Nous exigeons : L'ARRÊT IMMÉDIAT DE TOUTES POURSUITES JUDICIAIRES ET LA RÉINTÉGRATION IMMÉDIATE ET SANS CONDITION DES AGENTS CONCERNÉS. AUCUNE COMPROMISSION N'EST ACCEPTABLE !
2 juin 2005
Survie vient de
sortir son "Rapport sur les élections au Togo"
(Prix public : 10 euros) Avril 2005 : le choix volé des Togolais Rapport sur un coup d’État électoral perpétré avec la complicité de la France et de la communauté internationale - Coordonné par l’association Survie. Avec les contributions de : Ligue Togolaise des Droits de l’Homme, Commission diocésaine Justice et Paix de Lomé, Rencontre Africaine pour la Défense des Droits de l’Homme (RADDHO), Kangni Alem, Benjamin Chevillard (revue Indésens), Clément Boursin (ACAT-France), Franck Ekon (Le Togolais.com), Thomas Loudenot et Charlotte Merle (Citoyens Sans Frontières), Ardiouma Sirima, Fabrice Tarrit, Comi Toulabor (CEAN, Sciences-Po Bordeaux), François-Xavier Verschave, Abdourahman Waberi. Le 24 avril 2005, alors que les Togolais sont appelés aux urnes, le régime organise la fraude afin de permettre à Faure Gnassingbé, fils du dictateur Gnassingbé Eyadéma, décédé quelques semaines auparavant, de succéder à son père. Malgré les protestations du peuple togolais et la répression dont il est aussitôt victime, la CEDEAO (et à travers elle, la France) avalise les résultats donnant Faure Gnassingbé vainqueur. Au Togo, dans les pays voisins, en France, un front du refus se met en branle. Convaincus que la vérité doit être connue sur ce qui s’est passé au Togo, que la fraude électorale doit être démontrée, des journalistes, des représentants d’ONG et d’organisations religieuses, des militants des droits de l’Homme, se rencontrent, communiquent par téléphone, échangent leurs écrits, manifestent. Un combat les rassemble, celui de la lutte contre l’impunité. Ce rapport met en lien leurs textes, articles, déclarations et autres documents. Produits pendant cette période, ils fournissent des éléments concrets d’appréciation et d’analyse sur les événements togolais. Y ont été ajoutés quelques textes de synthèse. Rédigé rapidement pour pouvoir être publié avant que l’attention ne retombe... et pour aider à ce qu’elle ne retombe pas, ce document obéit à la nécessité de rendre disponibles, au plus tôt, les tenants et aboutissants de cette crise politique et diplomatique majeure, qui pourrait affecter durablement l’essor démocratique du continent africain. Olivier THIMONIER olivier.thimonier@survie-france.org Association Survie 210, rue Saint-Martin 75003 Paris Tel : 01 44 61 03 25 Fax : 01 44 61 03 20 www.survie-france.org
22 mai 2005
Quand la presse française
cache des problèmes politiques européens
Quand la presse française, presque unanime pour le oui, cache des problèmes politiques européens avant le référendum du 29 mai... C'est à peine croyable mais pourtant vrai. Une motion de censure a été déposée au Parlement européen le jeudi 12 mai contre le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso. Il y a maintenant plus de huit jours... Elle sera discuté le 25 mai lors d'une mini-session à Bruxelles et soumise au vote lors de la session qui se tiendra à Strasbourg entre le 6 et 9 juin. En avez vous entendu parler ? Avez-vous lu quelque chose là-dessus ? Si vous lisez la presse européenne, il y a des chances. Si vous lisez la presse française, si vous écoutez les radios et regardez les télés françaises en revanche... Rien ! C'est comme si toutes les rédactions avaient décidé de ne pas en parler. A part une allusion dans un article du Figaro (19 mai), vite retirée de son site internet. A part un article dans Politis (19 mai), rien de rien... La motion de censure reproche à Barroso d'avoir menti en affirmant que la Commission n'avait pas intercédé en faveur de Spiro Latsis, un milliardaire grec (54ème fortune mondiale) sur le yacht duquel le président de la Commission (nommé mais pas encore investi) a passé des vacances l'été dernier, tous frais payés. Ces vacances de luxe ont été révélées à la mi-avril par Die Welt (beaucoup de journaux ont repris l'info, mais en France seulement l'Humanité en a parlé). Barroso a été prié de s'expliquer devant le Parlement mais s'est contenté de le faire dans une lettre adressée le 22 avril au président du Parlement européen, Joseph Borell. Et c'est là qu'un hebdo espagnol de gauche La Clave (6 mai) a retrouvé des documents où la Commission appuyait un projet d'oléoduc d'une société où Spiro Latsis a une grosse participation. C'est tellement gênant, à l'approche du 29 mai (France) et du 1er juin (Pays-Bas) que seuls les députés eurosceptiques et europhobes sont montés au filet et ont déposé une motion de censure. Motion aussitôt dénoncée par les 4 principaux groupes du parlement (PPE, PSE, Verts, Libéraux et démocrates) dans un communiqué commun. Cette sainte alliance a dû suffire à impressionner toute la presse française... Comme le nuage de Tchernobyl, l'info s'est arrêtée à nos frontières. Si vous voulez savoir ce qui se dit au-delà, tapez Barroso et Spiro Latsis dans Google... C'est fou tout ce qui s'accumule sous le tapis en prévision du 29 mai. Michel Soudais soudais@politis.fr
24 avril 2005
En Allemagne, des
enchères pour être moins payé
Le site Jobdumping met en ligne des offres d'emplois. Le chômeur qui propose le moins emporte le contrat. Par Muriel GREMILLET - mercredi 30 mars 2005 Jusqu'où un chômeur allemand est-il prêt à aller pour trouver un travail ? Pour les fondateurs du site Internet d'enchères inversées Jobdumping.de, la réponse est rapide : jusqu'à moins de 5 euros de l'heure pour faire le ménage chez un particulier. Le portail, lancé en novembre, applique au travail et aux salaires ce qui a fait la fortune de certains sites, les enchères, mais à l'envers. Le principe est simple, un employeur propose le poste à pourvoir en fixant un salaire maximum pour la mission. Les internautes enchérissent à la baisse. Le chômeur qui propose le salaire le plus bas remporte le travail. Fabian Löw, 31 ans, l'un des fondateurs de Jobdumping, se défend d'être un horrible libéral. "1 300 personnes ont trouvé un travail grâce à nous, ce n'est pas si mal, dit-il. La presse allemande nous traite de tous les noms, mais je m'en moque. Personne n'est lésé, on met en contact des gens, pour un salaire négocié et accepté par les deux parties". Selon lui, Jobdumping est quasiment une oeuvre de salut public. "J'ai été travailleur social, j'accompagnais les gens en leur disant : "Il n'y a pas de travail", raconte-t-il. Aujourd'hui, j'ai décidé de vraiment les aider à retrouver du travail". Et selon lui, tout est bon pour lutter contre le chômage qui culmine à 12 %. Y compris, et surtout, faire baisser les salaires. Engluée "Les salaires allemands sont trop élevés et, si l'on ne fait rien, nos voisins polonais ou tchèques finiront par prendre tout le travail", poursuit Fabian Löw. Le fondateur du site n'hésite pas non plus à critiquer la société allemande, qui serait un peu engluée dans son confort : "On vit avant de travailler, en Allemagne. Un peu comme en France, non ?". Les syndicats allemands ont réagi très négativement. Certains mettant en ligne des contre-sites qui répertorient, par branche, le salaire minimum exigible. Des experts travaillant sur l'instauration d'un salaire minimum ont aussi dénoncé le mécanisme des enchères inversées : "En dessous de 7,50 euros de l'heure, on ne peut pas vivre de son travail en Allemagne". Mais les fondateurs de Jobdumping se défendent de pratiquer un "capitalisme de vautours" : le site permettrait de rechercher des salariés qui disposent de qualifications ou de diplômes professionnels particuliers, en les valorisant. La qualification est un dogme pour les Allemands. Pour l'instant, le site n'existe qu'en Allemagne, même si ses fondateurs songent à l'exporter. C'est que ce système d'enchères inversées colle parfaitement au contexte local. Des salaires moyens conventionnels assez élevés, peu d'emplois de services, ou occupés généralement par des immigrés, peu de flexibilité, quasi-inexistence de l'intérim. Les emplois proposés sur Jobdumping se glissent dans ces interstices : les employeurs cherchent des jardiniers pour tailler les haies, des peintres pour rénover des chambres, des monteurs de gaines d'aération ou des aides pour personnes âgées. Des emplois de services très peu valorisés dans l'économie allemande et pas toujours couverts par des accords de branche. Jobs à 1 euro Le gouvernement allemand essaie bien de combattre le chômage, en restreignant son système d'assurance chômage avec le plan Hartz IV. En introduisant de la flexibilité. Avec, comme mesure phare, les "jobs à 1 euro" pour les chômeurs indemnisés. "Je vous assure qu'il vaut mieux chercher un boulot grâce aux enchères inversées chez nous plutôt que de prendre un job à 1 euro, tranche Fabian Löw. Les statistiques ont montré qu'un chômeur pouvait au mieux espérer toucher 180 euros pour 900 heures de travail avec ce type d'emplois aidés". En attendant d'être consacré sauveur de l'économie allemande, Jobdumping a décidé de se rebaptiser d'une manière moins "négative", en effaçant le mot "dumping" du libellé du site. On accédera bientôt aux enchères par l'adresse lohnauktion.de, littéralement : "enchères sur les salaires". Voir l'article du quotidien "Libération" : http://www.liberation.fr/page.php?Article=285983
Un autocollant sympa !
21 avril 2005
A propos d'Organismes
Génétiquement Modifiés
Gentech-News n° 112 1. USA : Syngenta a vendu illégalement, pendant 4 ans, du maïs transgénique Le maïs Bt10 de Syngenta vendu illégalement "par erreur" pendant 4 ans, contient un gène marqueur de résistance à l'antibiotique ampicilline. L'ampicilline est très largement utilisée en médecine humaine et la dissémination de ce gène de résistance pourrait nuire à son efficacité. (Nature, 29/03/2005) 2. Inde : lancement d'un projet pour une "Inde hors OGM" Une vaste coalition - allant des ONG jusqu'aux multinationales - lance une campagne en faveur d'une Inde sans OGM. (Financial Express, India, 3/04/2005) 3. International : "virus de la variole - c'est fini - sauf en laboratoire transgénique !" Des organisations internationales somment l'OMS d'interdire les expériences sur le virus de la variole. Le risque d'accident ou de mauvais usage est bien trop important. (TWN, 4/04/2005) 4. Angleterre : les papillons évitent le soja transgénique La plus grande étude réalisée à ce jour sur le soja transgénique le prouve: après la floraison, le nombre de papillons et d'abeilles diminue de manière dramatique. Selon certains experts, les incidences sur certaines variétés d'oiseaux tels le bouvreuil ou le moineau ne sont pas exclues. (taz Nr. 7626, 30/03/2005) 5. Suisse : signaux olfactifs souterrains contre le chrysomèle des racines du maïs Attaquées par les larves du chrysomèle des racines du maïs, celles-ci émettent une substance volatile attirant les ennemis de cette larve, les nématodes. A leur tour, les nématodes détruisent le parasite du maïs. Le chrysomèle se propage rapidement en Europe et est difficile à combattre. Selon les chercheurs, cette substance volatile devrait permettre de lutter efficacement contre le parasite tout en respectant l'environnement. A propos: la plupart des espèces de maïs n'émettent aucun signal olfactif. (Nature 3451, 21/03/2005) Vous pouvez consulter les références et les articles de fond correspondants sur la rubrique "Gen-Lex-News français" de notre site http://www.blauen-institut.ch. Le bulletin est rédigé par Florianne Koechlin du Blauen Institut (en collaboration avec le Groupe suisse de travail sur le génie génétique GTG).
26 mars 2005
Cesare, on te soutient
plus que jamais !
Bonjour à tous, Vous êtes sans doute au courant de la décision du Conseil d'Etat concernant le recours de Cesare contre le décret d'expulsion signé par le Premier ministre Raffarin, le 23 octobre 2004. Voici, à ce propos, deux articles de presse mis en ligne sur les sites de Libération et du Monde, le vendredi 18 mars, jour de cette ignoble décision : _______________ Libération - 16h33 : Rejet du recours de Battisti contre son extradition "Le Conseil d'Etat a rejeté vendredi le recours de l'ex-activiste italien contre une mesure d'extradition vers l'Italie prise par le gouvernement français. Le Conseil d'Etat a confirmé, vendredi, la mesure d'extradition de Cesare Battisti. C'était son dernier recours possible devant la justice française ses avocats contestant la validité du décret d'extradition signé par le 23 octobre 2004 par le Premier ministre Jean-Pierre Raffarin. Mais le conseil d'Etat a décidé d'écarter le principal argument des avocats de l'écrivain italien sur la procédure de contumace italienne qu'ils ne jugeaient pas conforme à la Convention européenne des droits de l'homme. Sa décision précise en effet que l'ancien militant d'extrême gauche "peut être regardé comme ayant renoncé de façon non équivoque" à comparaître devant la justice de son pays. Le conseil d'Etat estime que Battisti, alors en fuite, "avait une connaissance directe, effective et précise" des poursuites engagées contre lui par la justice italienne. Il note aussi qu'il a "bénéficié devant les juridictions italiennes, de la défense d'avocats qu'il avait personnellement choisis" à tous les stades de la procédure. La plus haute juridiction administrative a également rejeté l'argument tiré de la "doctrine" Mitterrand, engagement pris en 1985 par l'ancien chef de l'Etat de ne pas extrader les anciens militants italiens, excluant toutefois les crimes de sang. "De tels propos, tenus au surplus par une autorité qui ne disposait pas du pouvoir de décider l'extradition, constituaient de simples déclarations d'intention et étaient, en eux-mêmes, dépourvus d'effet de droit", souligne-t-elle. La procédure engagée devant la plus haute juridiction administrative était le dernier recours que pouvait exercer Battisti devant une juridiction française. La Cour de cassation avait rejeté le 13 octobre 2004 un pourvoi de Battisti s'opposant à son extradition. Battisti est en fuite depuis le 21 août. Ex-dirigeant du mouvement des "prolétaires armés pour le communisme" (PAC), Battisti, 50 ans, est réclamé par son pays pour purger une peine de réclusion à perpétuité pour meurtres et complicité d'assassinats, prononcée par contumace en 1993". _______________ Le Monde - 16h44 : Le Conseil d'Etat rejette le dernier recours de Cesare Battisti. L'ex-militant d'extrême gauche est en fuite depuis le 21 août. "Le Conseil d'Etat a confirmé, vendredi 18 mars, la mesure d'extradition qui frappe l'ex-militant italien d'extrême gauche Cesare Battisti, rejetant le dernier recours que l'écrivain pouvait exercer devant les tribunaux en France. L'écrivain est en fuite depuis le 21 août. Ses avocats contestaient la validité du décret d'extradition signé le 23 octobre 2004 par le premier ministre Jean-Pierre Raffarin. Ex-dirigeant du mouvement des prolétaires armés pour le communisme, Cesare Battisti, 50 ans, est réclamé par son pays en vue d'y purger une peine de réclusion à perpétuité pour meurtres et complicité d'assassinats, prononcée par contumace en 1993. Réfugié en France en 1990, il a bénéficié du soutien de la gauche française et de nombreux intellectuels. Le Conseil d'Etat a écarté le principal argument des avocats de Battisti sur la procédure de contumace italienne - qu'ils ne jugent pas conforme à la Convention européenne des droits de l'homme -, considérant que "l'intéressé peut être regardé comme ayant renoncé de façon non équivoque" à comparaître devant la justice de son pays. Il estime que M. Battisti, alors en fuite, "avait une connaissance directe, effective et précise" des poursuites engagées contre lui par la justice italienne. Il note aussi qu'il a "bénéficié devant les juridictions italiennes, de la défense d'avocats qu'il avait personnellement choisis" à toutes les étapes de la procédure. La plus haute juridiction administrative française rejette également l'argument tiré de la "doctrine" Mitterrand, engagement pris en 1985 par l'ancien chef de l'Etat de ne pas extrader les anciens militants italiens, excluant toutefois les crimes de sang. "De tels propos, tenus au surplus par une autorité qui ne disposait pas du pouvoir de décider l'extradition, constituaient de simples déclarations d'intention et étaient en eux-mêmes, dépourvus d'effet de droit", souligne le Conseil d'Etat. La Cour de cassation avait rejeté, le 13 octobre 2004, un pourvoi de Battisti contre son extradition." _______________ Pour ceux qui le souhaitent nous tenons à leur disposition le communiqué et le jugement du Conseil d'Etat. La décision politique du CE n'a pas surpris Fred Vargas et les deux avocats de Cesare malgré l'espoir fondé un moment sur le fait qu'ils apportaient la preuve que Cesare n'avait pas organisé sa défense devant les tribunaux d'exception italiens entre 1982 et 1990 (période durant laquelle il a été jugé et condamné à perpétuité en son absence, par contumace.) Tous les espoirs reposent maintenant sur le recours déposé devant la Cour Européenne des Droits de l'Homme (CEDH). Le mémoire est en préparation et une campagne d'information accompagnera sa dépose. On vous tiendra au courant. En l'attente, que faire pour soutenir Cesare ? Le comité de soutien lyonnais relance la pétition aux élus (appel du 13 janvier) que nous avions relayé régionalement. Pour l'instant au niveau national, cette pétition n'a pas eu grand succès. Alors que de nombreux pétitionnaires appelaient les élus à s'engager, seules 61 signatures d'élus ont été jusqu'à présent récoltées. Notre comité à lui seul a recueilli 70 % des signatures (39 signatures d'élus de la région et 4 signatures d'élus d'autres régions). La liste des signataires devrait être prochainement en ligne sur le site http://www.vialibre5.com Tout est à faire dans beaucoup de régions et chez nous il est encore possible de solliciter des élus. Une dizaine d'élus du Languedoc-Roussillon ont répondu spontanément à une sollicitation par courrier ou courriel (cela a été pour nous un grand encouragement). Pour les autres, la signature a été obtenue par contact personnel ... c'est ce qu'il faut privilégier. Nous tenons à votre disposition les modèles de courriers adressés. Merci de nous communiquer toute signature obtenue à l'adresse suivante : soutienlrbattisti@yahoo.fr On compte aussi sur vos idées d'actions. On continue ! Cesare, on te soutient plus que jamais ! Le comité Languedoc-Roussillon
20 mars 2005
Information sur
le choix du médecin traitant
Vous vous apprêtez à signer un contrat qui vous engage au-delà
du simple choix d'un médecin !
19 mars 2005
Pollution des eaux par les pesticides. Quels problèmes et quelles solutions ? Les pesticides Les pesticides (ou produits phytosanitaires) sont des composés chimiques très divers (environ 900 molécules) et très complexes, ils sont utilisés pour la protection des cultures contre les insectes, les champignons et les "mauvaises herbes ". Cette protection a permis depuis 40 ans d'augmenter et de stabiliser la production agricole, mais l'utilisation des pesticides occasionne aussi l'altération des ressources en eau. Dans le contexte viticole languedocien, les problèmes avérés de contamination des ressources en eau concerne essentiellement les désherbants. C'est en comprenant les usages agricoles et les déterminants du devenir de ces molécules dans l'environnement que des solutions pourront être trouvées. Phénomènes de contamination des eaux La diffusion de la pollution par l'épandage de pesticides se fait surtout au moyen de l'eau (pluie, arrosage,…) - qui circule sur et sous le sol. Nous présenterons les principaux phénomènes hydrologiques et biogéochimiques impliqués dans cette circulation : ruissellement, infiltration, rétention, dégradation, ainsi qu'un état d'avancement de la recherche dans ces domaines. ... vers des solutions ! Une fois envisagée la complexité des phénomènes impliqués dans le devenir des pesticides dans l'environnement, reste à trouver les solutions qui permettraient de limiter la contamination des ressources en eau. Entre l'interdiction des traitements sur les cultures d'un coté et la mise en place d'usines de traitement de l'eau de l'autre, nous tenterons de présenter des voies intermédiaires. Ces voies impliquent la négociation entre acteurs qui auront besoin d'outils d'aide à la décision dont nous présenterons un exemple. Si ce sujet vous intéresse : Mercredi 6 Avril, 20h 30, à Béziers Conférence-débat : "Pollution des eaux par les pesticides. Quels problèmes et quelles solutions ?" animée par François Colin (Maître de Conférence, Ecole Nationale Supérieure Agronomique de Montpellier). Maison de la Vie Associative - Béziers (faubourg) Association Régionale d'Ecologie 15, rue Général Margueritte MVA, Boîte 65 - 34500 Béziers envir34500@aol.com http://environnement.34500.free.fr
19 mars 2005
Convention sociale de l'UMP :Sarkozy a plaidé pour la fin du contrat à durée indéterminée Par Thomas Lebègue Vendredi 18 mars 2005 (Libération - 06:00) A droite, toute ! En concluant la première convention sociale de l'UMP, qui s'est achevée hier dans les sous-sols de l'Assemblée nationale, Nicolas Sarkozy a durci le ton. Il a fait plusieurs propositions susceptibles de renforcer les contingents de manifestants qui ont défilé ces dernières semaines. La plus spectaculaire concerne la fin du contrat à durée indéterminée (CDI), jugé "trop rigide" par le président de l'UMP et par Ernest-Antoine Seillière, le président du Medef, qui s'était exprimé dans le même sens quelques minutes auparavant. Posant la première pierre du "programme législatif de 2007", Sarkozy a proposé d'instaurer rapidement un "contrat de travail unique", sorte de CDD à rallonge qui ressemble comme deux gouttes d'eau au "contrat de mission" retoqué par le gouvernement. "Jamais le droit du travail n'a été aussi protecteur, et jamais les salariés n'ont eu un tel sentiment de précarité. Il est temps de sortir de ce système perdant-perdant", a-t-il lancé devant une salle où les ultralibéraux du parti (Alain Madelin, Hervé Novelli, Serge Dassault...) tenaient le haut du pavé. Rmistes Décidé à parler "sans tabou", Sarkozy s'en est pris ensuite aux bénéficiaires des minima sociaux. Il a encouragé le gouvernement à "poser des limites et des obligations" aux chômeurs qui "doivent être davantage incités à reprendre un emploi". Les services de l'ANPE étant à ses yeux déficients, il a plaidé pour une privatisation du marché de l'emploi : "Il ne faut pas hésiter à recourir à des sociétés de placement rémunérées aux résultats", a lancé le président du conseil général des Hauts-de-Seine qui, dans son département, a déjà mis cette méthode en oeuvre pour permettre aux RMistes de retrouver un travail. Au passage, il n'a pas résisté au plaisir de se payer la tête des manifestants de ces dernières semaines "qui défilent pour défendre un emploi qu'ils ont déjà". Succès assuré auprès des militants UMP. Dans la même veine, il a proposé de "mieux payer les fonctionnaires... quand ils seront moins nombreux". Si un départ à la retraite sur deux n'est pas remplacé dans la fonction publique, il a estimé que les "gains de productivité" réalisés pourraient aller pour moitié à la hausse de salaire des fonctionnaires, tandis que l'autre moitié serait dévolue à la réduction des déficits. Primes Pour mettre un peu de liant social dans sa sauce libérale, l'ex-locataire de Bercy a aussi proposé de mieux partager les profits records réalisés cette année par les entreprises. Plutôt que de relancer l'intéressement, comme l'avait suggéré la veille Thierry Breton, il a plaidé pour que des "primes exceptionnelles" soient versées dès maintenant aux salariés, avec une fiscalité aussi avantageuse que celle sur les dividendes versés aux actionnaires. Mais pour gagner plus d'argent, le nouvel idéologue de l'UMP appelle surtout les Français à travailler davantage. Pour corriger ce qu'il appelle la "gabegie des 35 heures", il a conseillé au gouvernement de réduire les charges salariales patronales qui "pèsent" sur les heures supplémentaires. N'en déplaise à la "dame de Lille", Martine Aubry, accusée d'être la principale responsable de la stagnation du pouvoir d'achat. Voilà donc la France rêvée de Sarkozy, une "France de propriétaires" où chacun posséderait son chez-soi, où les exclus seraient priés de rejoindre instamment le secteur productif, où les fonctionnaires seraient moins nombreux et plus productifs, et où le code du travail s'adapterait aux besoins de la compétition économique. Comme l'a dit Ernest-Antoine Seillière en quittant la convention sociale de l'UMP : "Le Medef est toujours content de voir une gauche qui comprend et, surtout, une droite qui ose".
17 mars 2005
L'insuffisance de moyens
pousseune rectrice d'académie à la démission Acte exceptionnel dans la haute fonction publique, une rectrice d'académie vient de démissionner. Elle estime ne pas disposer de moyens suffisants pour accomplir correctement sa mission. Nicole Belloubet-Frier, 50 ans, responsable des services de l'éducation nationale dans l'académie de Toulouse, a été remplacée à sa demande, mercredi 2 mars, par un nouveau recteur, Christian Merlin, jusqu'alors en poste à la Réunion. "La raison de ma démission réside, aujourd'hui, dans la difficulté de plus en plus certaine à assurer une continuité dans le discours pédagogique que j'ai porté (...) et dans la capacité à affirmer une cohérence entre des ambitions affichées et des actes posés concrètement", indique Mme Belloubet-Frier dans un courrier envoyé aux cadres de l'académie. De ce constat, la rectrice tire une conséquence forte : "Je ne pense pas trouver désormais la force de conviction suffisante pour servir le ministère de l'éducation nationale au niveau de détermination qu'exige ma conception de l'éthique professionnelle", explique-t-elle, en évoquant une "décision difficile". Nommée il y a cinq ans à Toulouse par le gouvernement de Lionel Jospin, la rectrice s'est refusée à commenter publiquement son choix. "Elle considère que les conditions sont telles aujourd'hui qu'elle n'est plus en capacité d'assumer correctement sa fonction", souligne un proche. "Grand écart permanent" Ces trois dernières années, l'académie a perdu plusieurs centaines de postes d'enseignant alors même que ses effectifs d'élèves restaient stables. Cette situation devenait "insupportable"pour la haute fonctionnaire, contrainte de supprimer une partie des projets qu'elle avait mis en place."Elle avait une politique qui insistait sur les nouvelles méthodes pédagogiques. Des décisions comme la suppression des TPE (travaux personnels encadrés) lui ont donné le sentiment de devoir faire un grand écart permanent", explique une source, au sein de l'administration centrale du ministère de l'éducation nationale. L'entourage de François Fillon s'est refusé, jeudi, à commenter la décision de la rectrice. De son côté, Martin Malvy, président (PS) de la région Midi-Pyrénées, a salué une "démission courageuse" en soulignant que"la défense de l'actuelle politique d'éducation est difficile, pour ne pas dire impossible". Auteur de plusieurs rapports sur le lycée et les violences sexuelles à l'école, l'ancienne rectrice devrait retourner à l'université, où elle est professeur de droit. Luc Bronner - Le Monde - 5 mars 2005
12 mars 2005
Cyber @ction 131 : Thaïlande - Décathlon doit jouer le jeu Premier distributeur français d'articles de sport, quatrième au niveau mondial, Décathlon fait partie de ces géants de l'industrie textile qui ont le vent en poupe. Mais qu'en est-il du respect des droits fondamentaux ? En 2004, son Directeur Général écrivait une réponse rassurante aux personnes qui l'avaient interpellé, par le biais d'une campagne du collectif "De l'éthique sur l'étiquette", sur la qualité sociale des produits Décathlon : "Décathlon s'est engagé sur deux codes de conduite : un code de conduite interne (...), et le code de conduite de la FNCASL, Fédération Nationale du Commerce des Articles de Sport et de Loisir". La lettre faisait ensuite référence à l'engagement de l'entreprise sur le respect de droits fondamentaux, aux audits réguliers effectués par des "organismes externes indépendants" et au contrôle permanent des 2 500 fournisseurs par les 400 "Responsables sous-traitant" qui sont sur place. A y regarder de plus près, tous ces "dispositifs" sont néanmoins très insuffisants. C'est malheureusement ce que constatent les ouvriers de l'usine thaïlandaise MSP Sportswear, qui fabriquent des produits pour Décathlon. Victimes de répression syndicale, ils en appellent à la solidarité internationale pour que les principes publiquement affirmés se traduisent dans la réalité. Chez MSP Sportswear, les conditions de vie et de travail correspondent hélas aux "standards" de l'industrie du sport : en plus des cadences intenables et des heures supplémentaires qui leurs sont imposées, les ouvrières subissent les insultes de l'encadrement, des fouilles au corps quotidiennes (qui s'apparentent parfois à du harcèlement sexuel), et boivent de l'eau de mauvaise qualité. En novembre 2003, des travailleurs créent une section syndicale pour être en mesure de défendre leurs droits. Dans un premier temps, la direction refuse le dialogue et licencie deux des responsables, mais la mobilisation des ONG locales et la Commission nationale des droits de l'Homme obligent la direction à faire marche arrière quelques mois plus tard. Dès lors, un processus de discussion commence et des améliorations sont obtenues. Cependant l'entreprise va à nouveau rompre le dialogue. En octobre 2004, le syndicat qui vient d'obtenir son enregistrement officiel se lance dans une campagne de recrutement. La direction n'apprécie pas et licencie brutalement trois dirigeants syndicaux le 29 du même mois. Les ouvriers sollicitent alors l'appui d'une ONG locale, le CLIST (Center for Labour Information Service and Training), et le soutien d'organisations internationales pour faire pression sur les deux principaux clients internationaux de MSP Sportswear. C'est ainsi que le réseau européen Clean Clothes Campaign entre en contact avec Nike dès le mois de novembre, tandis que le collectif français "De l'éthique sur l'étiquette" - membre de ce réseau - interpelle Décathlon pour en savoir plus. Un manque manifeste de volonté Les responsables de Nike acceptent de rencontrer les ouvriers, puis participent le 14 décembre à une réunion avec des représentants de MSP Sportswear et un conciliateur du Ministère du Travail. Mais le résultat n'est pas au rendez-vous : la direction refuse la réintégration des trois syndicalistes licenciés et manie la carotte et le bâton pour les réduire au silence. Elle leur propose par exemple une indemnisation pour qu'ils renoncent à leurs droits, puis licencie la mère de l'un d'entre eux ! Face à ce blocage, Nike choisit finalement la passivité et s'en remet à la procédure locale, alors que les principes de son code de conduite devraient l'obliger à faire tout ce qui est en son possible pour que son fournisseur respecte les droits syndicaux. Décathlon, quant à lui, a fait mener un audit chez MSP Sportswear en décembre2004. Cet audit a été suivi en janvier 2005 d'une mission en Thaïlande de la Responsable de la qualité sociale, durant laquelle une rencontre a eu lieu avec le CLIST. Mais les informations issues de cette mission restent confidentielles et il semble bien qu'aucune suite favorable ne soit donnée aux revendications des ouvrières et de leurs partenaires internationaux. Pressions internationales concertées Principaux donneurs d'ordres de MSP Sportwear, Nike et Décathlon, sont conjointement responsables de la situation sociale chez ce sous-traitant. Encore faudrait-il qu'ils consentent à agir dans ce sens. Face à leurs tergiversations, une campagne internationale est lancée. Une plainte a été déposée aux Etats-Unis contre Nike devant la Fair Labor Association (FLA), un organisme multipartite de "vérification de la qualité sociale" dont la multinationale est partie prenante. Cette possibilité n'existe pas pour Décathlon, qui n'appartient à aucun organisme de ce type. Dans le même temps, une mobilisation est lancée auprès des consom'acteurs pour qu'ils interpellent les deux compagnies. Tandis que les organisations basées aux Etats-Unis se focalisent sur Nike, nos partenaires thaïlandais et internationaux comptent sur la mobilisation européenne - et en particulier française - pour faire bouger Décathlon. Afin que le n°1 du sport français ne se contente plus de déclarations de principe mais joue concrètement le jeu des droits de l'Homme. Cette cyber @ction est signable en ligne : http://www.cyberacteurs.org/actions/action.php?id=48
11 mars 2005
EDF Sud-Aquitaine pille les
allocations familiales des usagers démunis
Lundi 7 mars 2005, 21h00 La direction d'EDF/GDF vient de franchir un nouveau cap dans la bassesse et l'inhumanité en saisissant lâchement et sans avertissement l'intégralité des prestations sociales d'une famille particulièrement en difficulté ! Il s'agit de la famille récemment défendue par le Collectif car elle subissait une coupure de courant en pleine période de grand froid : le père est Rmiste et la mère est adulte handicapée. Trois enfants vivent au foyer : un né en 1999, un né en 2001 et le petit dernier, qui a, à peine, deux mois. Leur logement HLM est équipé au tout électrique. Grâce à la protestation collective, cette famille a pu recouvrer en 24 heures son droit à l'énergie, le 18 février. Mais aujourd'hui, à la stupéfaction du père de famille, EDF vient de prélever, sans préavis, une somme d'à peu près 1 000 euros sur leur compte-chèques, afin de récupérer l'argent de la facture (dont 400 euros de pénalités) et de se venger de cette famille qui a eu le courage de témoigner dans les médias. Conséquence dramatique : la famille ne dispose plus à l'heure actuelle le moindre euro pour subvenir à ses besoins quotidiens, puisque EDF a fait main basse sur l'intégralité des prestations sociales mensuelles, incluant les allocations familiales et l'allocation adulte handicapé… Les 1 000 euros prélevés correspondent en effet à tout ce dont la famille disposait en début de mois… On ne sait que dire devant tant de cruauté et d'inhumanité. Afin de satisfaire la politique commerciale de la direction d'EDF, les enfants de cette famille devront-ils jeûner jusqu'à la fin du mois ? Immédiatement alerté, le Collectif manifeste sa solidarité envers sa famille et mobilise toutes ses forces pour informer l'opinion. Nous demandons d'ailleurs à la direction d'EDF un débat public sur ce cas. Nous appelons également les citoyens, les élus, les salariés d'EDF/GDF, les organisations syndicales, les associations, à protester avec virulence contre ce vol caractérisé. Non, nos existences ne sont pas à vendre ! Collectif Landais pour le Droit à l'Energie AC!, Terre Active, Indecosa-CGT, Secours Populaire, Attac, CGT, CLES, Secours Catholique, FSU, Ligue des Droits de l'Homme
27 février 2005
Pétition pour des aliments non contaminés Plus que deux mois pour faire connaître votre désaccord ! Communiqué de presse : CRIIRAD : 471, avenue Victor Hugo - 26000 VALENCE Menaces radioactives sur les aliments Dès 2005, les aliments présentant des teneurs en polluants radioactifs 100 fois à 1 000 fois supérieures au risque négligeable pourront être librement commercialisés et consommés sans restriction ! Deux projets, élaborés au plus haut niveau, sont en effet en passe d'être adoptés. Faute de mobilisation, ils entreront en vigueur courant 2005 et affecteront de façon radicale la qualité de notre alimentation. Il s'agit : 1/ des "Recommandations 2005" de la Commission Internationale de Protection Radiologique (CIPR). Rappelons que les "recommandations" de cet organisme servent de base à l'élaboration des réglementations européenne et française en matière de protection contre les dangers des rayonnements ionisants. 2/ de la nouvelle norme sur la contamination radioactive des aliments, élaborée par la Commission du Codex alimentarius. Cette commission - qui dépend à la fois de la FAO et de l'OMS - est chargée d'établir les normes de référence pour le commerce international des denrées alimentaires. Les auteurs de ces projets affirment que toutes les parties prenantes ont été consultées et ont donné leur aval. C'est totalement inexact. En France, le niveau d'information des consommateurs et des professionnels de l'alimentaire est pratiquement inexistant alors que l'impact économique et sanitaire des changements réglementaires sera majeur. Il s'agit des projets les plus inquiétants que la CRIIRAD ait eu à traiter depuis sa création en 1986. Compte tenu de la gravité des dossiers qu'elle a actuellement à gérer, la CRIIRAD a réuni ses adhérents en Assemblée Générale extraordinaire, le 10 octobre dernier. Ont été adoptées comme priorités pour 2004/2005, et à l'unanimité des 1 210 votants : 1/ la lutte contre les projets de banalisation de la radioactivité dans les aliments, 2/ la résistance au chantage à l'agrément instauré par l'Etat. Irradiés ou ionisés, cela veut dire la même chose. Aliments bio ou pas seront systématiquement irradiés si ces projets sont signés. Plus que deux mois pour faire connaître votre désaccord. Avertissez votre famille, vos amis, vos voisins, etc. Pour signer, cliquer ici
26 février 2005
Les citoyens réagissent à la campagne de pub de l'UIPP pour les pesticides Cyber Action 130 : "Pesticides stop pub" Depuis le 10 février, les industriels de la "protection" des plantes (UIPP) ont lancé une campagne grand public à destination des mères et pères de famille publiée dans Elle, Télérama, Paris Match, Avantage, Marie Claire, Marie France... qui doit durer 6 mois. L'accroche de cette campagne se veut axée sur le dialogue et s'intitule : "Pesticides : on peut se poser des questions, on peut aussi y répondre". Deux outils ont été créés par l'UIPP : - un site Internet http://www.protectiondesrecoltes.fr, - un numéro azur : 08 10 10 55 00. D'après l'UIPP, l'idée est d'inciter "chacun à mieux comprendre et à s'informer sur l'utilité de ces produits". En fait, cette campagne vise simplement à rendre les pesticides "socialement" plus acceptables en faisant croire à un public non averti qu¹ils ne sont pas dangereux, que leur emploi est totalement indispensable et que de toute façon les aliments biologiques ne sont pas meilleurs pour la santé ! C'est pourquoi nous vous proposons de réagir sans plus tarder à cette campagne scandaleuse. Pour ce faire nous mettons en place une cyber action en destination des journaux et revues publiant ces publicités. Merci beaucoup de votre aide précieuse dans ce dossier ! Nous reviendrons prochainement vers vous pour de nouvelles actions concernant ce dossier des pesticides et nous vous tiendrons informés de l'avancement de celui-ci. pour le MDRGF : François VEILLERETTE et Nadine LAUVERJAT pour Cyber Acteurs : Alain UGUEN Cette cyber action peut être signée en ligne : http://www.cyberacteurs.org/actions/action.php?id=47
11 février 2005
Parfum de scandale Alerte Cyberaction Greenpeace : REACH et cosmétiques http:// www.greenpeace.fr/vigitox/actu20050210.html Selon un rapport d'analyses rendu public aujourd'hui par Greenpeace, s'asperger de parfum nous expose à des substances chimiques persistantes, suspectées de pénétrer le corps, avec des effets graves pour la santé à long terme. Le rapport "Un parfum de scandale" présente les résultats de l'analyse de 36 parfums mondialement connus et démontre la présence de substances chimiques fabriquées par l'homme, notamment les esters de phtalates et les muscs de synthèse. La législation actuelle est insuffisante et ne nous protège pas de l'exposition aux substances chimiques qui se trouvent dans les cosmétiques et beaucoup d'autres produits de consommation courante. A l'occasion de la Saint-Valentin, participez à notre cyberaction : Ne laissez pas les administrations pertinentes entendre la seule voix de l'industrie et rappelez-les à leur devoir d'ingérence positive dans le dossier REACH. Une e-carte est à votre disposition pour faire connaître cette cyberaction à votre entourage. Pour en savoir plus: Rapport : Parfum de scandale Site internet : www.vigitox.org Merci de votre participation, à bientôt. Greenpeace France 22, rue des Rasselins 75020 Paris http :// www.greenpeace.fr/
10 février 2005
Vous avez aimé l'amiante ? Les études médicales sont de plus en plus précises sur le rôle de l'aluminium comme facteur déclenchant (maladies auto-immunes) ou comme facteur accélérent la dégénérescence du système nerveux (Alzheimer) Où trouve-t-on actuellement de l'aluminium ?
Pour en savoir plus Union fédérale des consommateurs, groupe de Mont-de-Marsan BP 186, 40004 Mont-de-Marsan cedex tel : 05 58 05 92 88
2 février 2005
Science et Société, un couple en instance de divorce ? Alors que les politiques pensent à leur réélection, le changement climatique est en marche sans solution de retour. Les USA, qui produisent le plus de gaz à effet de serre, ont rejeté les accords de limitation pour ne pas nuire à leurs industries et mis la main en Irak sur le pétrole, la ressource naturelle la plus vitale à nos sociétés industrielles… et qui est en voie d'épuisement. L'écologie n'est plus considérée comme une science et nos Verts se disputent les strapontins pendant que la maison brûle. La plupart des philosophes et scientifiques modernes ont prolongé le mythe prométhéen, le "Croissez et multipliez... Asservissez la nature" des religions monothéistes, sans trop en voir les conséquences et en oubliant une évidence bien connue des "primitifs": nous sommes inclus dans la nature. La science par ses applications technologiques a été indirectement la cause de cette accélération prodigieuse de l'histoire et nous devrions arriver dans quelques dizaines d'années aux limites de cette vision à court terme ! Avant d'être économique, la dérive est idéologique et elle atteint des sommets de raffinement chez les sophistes modernes. Par exemple l'offensive la plus efficace contre la raison ne vient plus de la religion mais de l'intérieur, c'est-à-dire de certains chercheurs des sciences de la culture qui remettent en cause l'objectivité des sciences de la nature par un relativisme extrême. La confusion intellectuelle qui en résulte est pire que l'obscurantisme car elle démobilise les intellectuels et occulte toute solution humaniste. On l'a vu avec l'astrologue Elizabeth Teissier à laquelle des professeurs de l'Université en sociologie post-moderne ont décerné le titre de Docteur es Sciences... Il est vrai que les dysfonctionnements croissants de nos sociétés amènent à autrement plus de prudence qu'au Siècle des Lumières ou du Socialisme triomphant lorsque l'avenir humain, aujourd'hui si menaçant, paraissait encore radieux. Au niveau actuel de connaissance, il était pourtant possible de concilier sciences "dures" et "molles", d'éviter une "guerre des sciences", de faire converger sciences de la nature et de la culture, progrès scientifique et social. Dans ce "meilleur des mondes" qui se met en place à marche forcée, il devient urgent d'y voir clair et de ne pas se tromper d'adversaire. La science, voie majeure de compréhension du monde, loin d'être niée, doit être réinvestie et détournée au service de l'homme, bref il s'agit de réhabiliter, s'il est encore temps, une "science avec conscience".
20 janvier 2005
La décroissance comme méthode participative J'ai fait un cauchemar... Il faudrait finalement peu de choses pour que s'engage la décroissance... Mais c'est une idée tellement incompréhensible pour nos économistes que cela pourrait entraîner une désorganisation rapide de la société. Une petite histoire de décroissance possible pour illustrer cela... Les accidents de la route ayant augmenté de façon significative, le gouvernement mit en place une campagne de presse intensive pour faire cesser ce fléau. A la surprise générale, les Français se laissèrent convaincre et changèrent peu à peu leur comportement. Ils utilisèrent davantage les transports en commun, respectèrent strictement le code de la route et commencèrent à avoir, en tant qu'automobilistes, de l'attention pour leurs concitoyens. Le gouvernement se félicita de la diminution des accidents qu'il attribua à la pertinence de son programme et à la force de conviction de ses ministres. L'étonnement fut grand lorsqu'il apparut que le mouvement s'amplifiait. S'identifiant de moins en moins à leur voiture, les Français n'en firent plus le support essentiel de leurs loisirs et de leur standing. Les cadres découvrirent qu'ils pouvaient exister sans voiture de prestige, et les petits marquis des cabinets ministériels qu'il y avait une vie après la Safrane. La consommation de voitures baissait. Les proclamations d'autosatisfaction du gouvernement se raréfièrent. Le lobby des constructeurs automobiles se lança dans une campagne de presse pour exalter le risque, le panache en voiture. Rien n'y fit et, peu à peu, les accidents de la route devinrent exceptionnels. Le syndicat de la réparation automobile, touché de plein fouet par cette situation, vit fondre de 70% ses effectifs. Le renouvellement du parc automobile se ralentit, malgré les primes que le gouvernement versait aux acheteurs, et l'on vit croître dangereusement le stock de voitures invendues. On annonça quelques suicides d'experts en "flux tendus". Les compagnies d'assurance furent gravement sinistrées par la diminution des contrats et la généralisation des bonus qui réduisirent considérablement leur flux de trésorerie. Les services des urgences des hôpitaux présentèrent des bilans catastrophiques car ils n'arrivaient plus à amortir leurs investissements très sophistiqués. Faute de clientèle, nombre de centres de rééducation fonctionnelle fermèrent leurs portes. La situation fut jugée grave par le gouvernement qui commanda des études à des experts. Ceux-ci chiffrèrent à 300 000 la disparition d'emplois dus à ce nouveau comportement des Français (39). D'après leurs calculs, le seuil d'accident était tombé trop bas et, si l'on voulait la reprise, il convenait de revenir à un nombre d'accidents plus conforme au "cercle de la raison" économique. Rien n'y fit ! Les Français étaient devenus désespérément sages et appliquaient ce que depuis des lustres, on leur présentait comme un comportement responsable et civique. Non seulement l'automobile fut atteinte, mais la consommation d'alcool et de tabac diminua, entraînant de graves pertes de ressources fiscales pour l'État et des disparitions d'emplois tant dans le secteur de la production que dans celui de la santé. Le plaisir de savourer le temps, les êtres et les choses remplaçait peu à peu la frénésie de les consommer. Les dernières tentatives gouvernementales pour débusquer des gisements d'emplois dans les services aux personnes ne donnèrent plus que des résultats modestes, car de plus en plus de personnes avaient du temps pour s'intéresser à leurs proches et à leurs amis. Grâce à une poussée d'attentats terroristes, on vit un moment la courbe de l'emploi se redresser légèrement du fait de la création systématiques de vigiles dans les magasins. Mais les destructions opérées et les emplois générés restaient largement insuffisants pour relancer la machine économique. Le PIB s'effondrait et l'on commença à entendre tel ou tel expert affirmer : "Au fond, ce qu'il nous faudrait, c'est une bonne guerre"... En ce lundi matin, je fus réveillé en sursaut par mon radioréveil. Le journaliste expliquait que le bilan des accidents de la route du week-end restait dans la norme saisonnière. Les kilomètres de bouchon à l'entrée des grandes villes ne subissaient pas de variation significative. La consommation d'alcool, de tabac, de "vache folle", l'exposition à l'amiante et à la pollution permettait d'envisager des créations d'emplois dans le domaine sanitaire. Grâce au stress généralisé des salariés qui avaient peur de perdre leur emploi et à celui des chômeurs qui n'en trouvaient pas, la France restait championne du monde dans la consommation d'antidépresseurs. Et l'on annonçait de prochaines manifestations de chauffeurs routiers, car le protocole d'accord signé après le dernier mouvement de grève n'avait pas été respecté. Je retrouvais un monde familier. L'économie se portait bien. Je n'avais fait qu'un cauchemar... Bernard Ginisty In " Objectif Décroissance. Vers une société harmonieuse. Celui qui croit qu'une croissance exponentielle peut continuer indéfiniment dans un monde fini est un fou, ou un économiste. ", 2003, éd. Parangon, S!lence Écologie Alternatives Non-Violence, l'Aventurine, coll. L'après développement.
7 janvier 2005
L'OGM est dans LACTEL !Ce matin, vers 10 heures, une vingtaine de militants de Greenpeace ont investi le siège social de Lactalis à Laval. Ils ont déployé deux banderoles sur la façade du bâtiment sur lesquelles on peut lire : "L'OGM est dans Lactel !" ainsi que "Lactel, stoppez les OGM !". Au même moment, Arnaud Apoteker, responsable de la campagne OGM à Greenpeace, est entré dans le bâtiment afin de demander à rencontrer la direction de Lactalis. Cette action fait suite à celle menée par Greenpeace, avec la Confédération Paysanne, les Faucheurs Volontaires et José Bové, la semaine dernière, qui visait le cargo "Golden Lion", transportant 32 000 tonnes de tourteaux de soja transgénique en provenance d'Argentine, destiné à nourrir les animaux d'élevage français. Aidez nous à faire barrage aux OGM dans l'alimentation des animaux d'élevage, notamment dans celle des vaches productrices de lait. Participez à notre Cyberaction : Faîtes savoir à LACTALIS que vous ne voulez pas acheter de lait OGM et demandez la garantie que le lait LACTEL provient exclusivement de filières animales non OGM. Une e-carte et une animation Flash sont à votre disposition pour faire connaître cette cyberaction à votre entourage. Voir sur le site : http://www.greenpeace.fr/detectivesOGM/actu20050204.php3 Merci de votre participation, à bientôt. L'équipe des DétectivesOGM www.detectivesOGM.org
12 décembre 2004
La directive
BolkesteinIl était une fois un Hollandais nommé Bolkestein... La directive Bolkestein, voilà ce que la constitution européenne compte bien nous "apporter". Supposons une entreprise polonaise qui s'installe en France. Jusqu'à aujourd'hui, elle devait verser des salaires français et appliquer les lois et conventions françaises, le droit du travail français. "Grâce" à Bolkestein, l'entreprise polonaise installée en France pourra verser, dans son établissement français, des salaires polonais et appliquer le droit polonais y compris aux travailleurs français ! Dans leur pays ! Dans ces conditions, imaginez ce que vont faire les entreprises françaises? Vous donnez votre langue au chat? Ben, elles vont aller mettre leur siège en Pologne, bien sûr. Adieu, veau, vaches, cochons et droit du travail français (ou ce qu'il en reste, encore)! Prenons le temps de lire le projet de ce qu'ils appellent la constitution européenne. Et surtout pas un ersatz comme le livre de Dominique Strauss Kahn. Le retour aux sources, y'a pas mieux. Bonne lecture de la constitution européenne, dans le texte, et bon vote !
2 mars 2005
L'association des Maires
des Grandes Villes de France
soutient la proposition de loi sur l'indemnisation chômage des intermittents L'Association des maires de grandes villes de France (AMGVF) a annoncé, le jeudi 3 mars, qu’elle soutenait la proposition de loi sur l'indemnisation chômage des intermittents du spectacle, déposée mercredi par le Comité de Suivi sur l'Intermittence. "Le dispositif mis en place le 26 juin 2003 (le nouveau protocole d'indemnisation, à l'origine de la crise des intermittents, ndlr), loin de réduire le déficit du système d'assurance chômage des intermittents du spectacle, le creuse davantage", estime dans un communiqué l'AMGVF, présidée par le sénateur-maire de Mulhouse, Jean-Marie Bockel (PS), qui a lui-même co-signé la proposition de loi en tant que parlementaire. L'association "déplore la situation de blocage dans laquelle se trouvent les partenaires sociaux et les incite à se réunir pour aboutir à un nouvel accord avant la fin de l'année". La proposition de loi, déposée à l'Assemblée nationale et au Sénat, reprend certaines mesures réclamées de longue date par les intermittents. Elle a déjà été co-signée par 261 députés (groupes UDF, socialiste, communiste, Verts plus 54 députés UMP) et 154 sénateurs (groupes UDF, socialiste et communiste). Le Medef et la CFDT, signataires du protocole de 2003, refusent de rediscuter de l’accord… avant la renégociation globale des conventions Unedic, fin 2005. NDLR : à noter que le gouvernement a envoyé, dès mercredi dernier, un courriel à l’ensemble des députés UMP les incitant à ne pas signer la demande de proposition de loi, afin "de ne pas compromettre les négociations entre partenaires sociaux"... qui ne veulent rien négocier!!! Reprenons tous en choeur: Ernest, Renaud, François, Jean Pierre sont bien gentils car y nous z'ont jamais trahis !
27 février 2005
A propos d'Organismes
Génétiquement ModifiésGentech-news 110 1. Australie : pression japonaise... "Restez hors OGM !" L’Australie de l’ouest exporte sa production de colza principalement au Japon. Désormais, 21 organisations japonaises de consommateurs invitent l’Australie de l’ouest à produire sans OGM, pour ne pas compromettre ses chances sur le marché. Depuis, les 3 plus importantes firmes australiennes d’élevage de volailles ont renoncé à nourrir leurs poules avec des produits transgéniques. (NFC, 14.2.05) 2. Chimères d’humain et d’animal : processus irréversible Une équipe de chercheurs chinois a transféré des noyaux cellulaires humains dans des ovules de lapins. Les embryons obtenus ont été élevés pendant quelques jours. D’autre part, des chercheurs US ont produit des porcs avec du sang d’humain. On envisage également de produire une souris avec un cerveau fait de cellules humaines. La limite entre l’homme et l’animal de vient de plus en plus floue. (National Geographic News, 25.1.05) 3. USA : toujours plus de mauvaises herbes résistantes La majorité des plantes transgéniques sont résistantes à l’herbicide Roundup. A l’heure actuelle, le nombre de mauvaises herbes résistantes est en augmentation... comme, par exemple, l’érigéron du Canada (horseweed) ou le ragweed commun. Et elles évoluent en "super mauvaises herbes" qu’il est quasiment impossible de combattre. (DFP, 28.1.05) 4. Allemagne : pas de maïs transgénique à proximité de la frontière Des agriculteurs bavarois entendaient cultiver du maïs transgénique près de la frontière autrichienne. Suite à de violentes protestations du gouvernement régional de Haute-Autriche, la Bavière a interrompu ses plans. (OÖN, 21.2.05) 5. La production bio en plein boom à l’échelle mondiale A l’heure actuelle, 26 millions d’hectares sont consacrés à l’agriculture biologique... soit près de 10% de plus que l’an dernier. La culture bio est en plein boom. C’est en Australie et en Argentine que l’on rencontre les plus grandes surfaces de cultures bio. En Suisse, l’agriculture biologique représente plus de 10% de l’ensemble des surfaces cultivées. (IFOAM, 23.3.05) Vous pouvez consulter les références et les articles de fond correspondants sur la rubrique "Gen-Lex-News français" du site http://www.blauen-institut.ch.
23 février 2005
Nouveau scandale à l'OPAC/ACM
de MontpellierCommuniqué de presse La famille BENBARKA réside au 6, impasse de Burgues, dans un logement de l'OPAC/ACM. Le 13 janvier, alors que les parents sont en Algérie pour une visite familiale, un incendie ravage l'appartement. L'un de leurs enfants, âgé de 19 ans, qui se trouvait seul sur les lieux au moment du sinistre, se rend à l'agence OPAC/ACM "Coeur d'agglomération", rue Substantion, avec sa soeur. Madame GELY, responsable de l'agence, leur signifie qu'ils ne pourront réintégrer l'appartement, même après les travaux, du fait que leur bail arrive à échéance et qu'il ne sera pas renouvelé. Aux protestations des enfants BENBARKA, Madame GELY rétorque que le droit Français ne s'applique pas aux Algériens. Elle leur remet un dossier de demande de logement. Monsieur et Madame BENBARKA sont de retour le 11 février. Le lundi 14, ils sont reçus par Madame GELY de l'agence OPAC/ACM "Coeur d'agglomération" qui leur confirme que leur bail ne sera pas renouvelé. Alors que la loi oblige un bailleur à reloger le locataire dont le logement a été ravagé par un incendie, Madame GELY ignore le Droit et leur déclare que du fait qu'ils sont retraités, ils n'ont plus besoin de logement et qu'il n'ont qu'à rentrer chez eux, en Algérie. Suite à cet entretien, Monsieur BENBARKA, de santé fragile (problèmes cardiaques) est hospitalisé. Depuis le 13 janvier, la famille BENBARKA est hébergée par des proches. Ces personnes vivent actuellement à 9 dans un F3. Informés de ces faits le 16 février, la CNL et la CIMADE interviennent auprès de la direction de l'OPAC. Dans les heures qui suivent, une proposition de relogement est faite à la famille BENBARKA. Cette proposition est inacceptable ! En effet, l'OPAC/ACM propose un appartement dans la tour du "Petit Bard" : ce bâtiment doit être détruit dans le cadre du projet de rénovation urbaine du quartier... La famille, qui se rend sur place pour visiter le logement, constate que la porte est fracassée et que l'appartement est dans le même état. Le 17 février, l'OPAC/ACM fait une nouvelle proposition... au troisième étage d'une tour du "Grand Mail", à La Paillade ! Cette proposition ne correspond pas aux besoins de la famille BENBARKA, déterminés par l'état santé du père de famille. Les associations signataires du présent communiqué dénoncent avec force la politique ségrégationniste de l'OPAC/ACM ; le traitement de la famille BENBARKA n'est qu'un exemple parmi beaucoup d'autres. Les associations signataires n'acceptent pas les propos inacceptables tenus par la responsable de l'agence de l'OPAC/ACM "Coeur d'agglomération". Elles saisissent le Préfet, via la COPEC, (COmmission pour la Promotion de l'Egalité des Chances et la Citoyenneté). Elles exigent que la famille BENBARKA soit relogée décemment, dans les plus brefs délais, comme l'impose le Droit. MRAP - Comité contre le parti du mépris - Union des Harkis et des Rapatriés du Languedoc Roussillon - CICADE - CIMADE - CNL - CRADHOM - Médecins du Monde - Droit au Logement - Habitez Enfin - LCR - Union Syndicale Solidaire - AC! (agir ensemble contre le Chomage) - APGB - Association des Gitans de la Paillade - CREER - CGT opac - CIRAL - Montpellier tous ensemble. Contact : 04 67 06 90 36 ou 06 81 44 75 75
29 janvier 2005
Le ministère de
l'intérieur durcit les conditions pour héberger un étranger en visiteLundi 10 janvier 2005 - LE MONDE Faire venir sa grand-mère d'Alger pour la circoncision de son petit-fils ou le mariage de sa fille sera désormais plus difficile pour les étrangers résidant en France. Le ministère de l'intérieur a adressé aux maires une circulaire exigeant des garanties financières et de logement très dures. Quelque 170 euros pour le visiteur et 14 m2 de surface habitable par personne chez le logeur sont demandés depuis le 1er janvier. C'est par cette circulaire du 23 novembre 2004, envoyée en application de la loi Sarkozy sur l'immigration, que les maires ont été prévenus des nouvelles exigences pour toute visite sur le sol français. Jusqu'alors, les maires, seuls habilités à délivrer l'attestation d'accueil nécessaire à l'obtention d'un visa pour un court séjour privé ou familial, faisaient remplir à l'hébergeant un certificat précisant son identité et son adresse, le nombre de personnes accueillies et la durée de leur séjour. La loi Sarkozy confère désormais au maire le droit de vérifier la réalité du logement et de refuser l'attestation s'il juge que les "conditions normales" d'hébergement font défaut. Un décret est venu préciser ces conditions. L'étranger visiteur doit, en plus du visa, qu'il paye entre 30 et 50 euros selon le pays d'origine, payer un timbre fiscal de 15 euros pour l'Office des migrations internationales et souscrire une assurance médicale et hospitalière avec un minimum de garantie de 30 000 euros. La compagnie d'assurances la moins chère prévoyant cette couverture en France, April, propose une assurance de 32 euros pour un séjour de moins de huit jours, et de 107 euros pour ceux supérieurs à deux mois. Au total, le visiteur étranger peut être amené à débourser, s'il n'a pas d'assurance personnelle, pas moins de 150 à 170 euros pour un séjour d'un à deux mois. Une somme astronomique quand le smic algérien est à 90 euros et le turc à 189 euros. Les exigences du gouvernement pour "lutter contre les fraudes", comme le justifie la loi, vont plus loin. La circulaire demande aux maires de vérifier que le logement de l'hôte "remplit les conditions" posées par le code de la construction et de l'habitat, qui définit les normes de confort et d'hygiène des "logements décents". L'habitation doit avoir une surface moyenne minimum de 14 m2 pour une personne, 28 m2 pour deux, 42 m2 pour trois..., les enfants étant comptés comme adultes. Le logement doit en plus comporter des "éléments d'équipement", comme un "chauffage normal", une cuisine "aménagée d'un appareil de cuisson et d'un évier", une installation sanitaire permettant de "garantir l'intimité personnelle"... Les premiers demandeurs de la mairie du 14ème arrondissement de Paris se sont vu remettre une liste de six critères pour leur logement et réclamer trois fiches de paye attestant leur capacité à couvrir les besoins du visiteur. "Avant, on ne vérifiait pas, peu importait la surface du logement. Nous sommes maintenant tenus de le faire", s'excuse le responsable des services des affaires générales et militaires. La pratique fait bondir les associations : "Ces normes sont celles exigées pour les demandes de regroupement familial. C'est démentiel de les appliquer pour les étrangers qui viennent visiter leur famille !, s'insurge Claire Rodier, du Groupe d'information et de soutien des immigrés (Gisti). C'est pire que sous les lois Pasqua." Sylvia Zappi Article paru dans l'édition du Monde du 09.01.05
26 janvier 2005
Affaire Roland Veuillet
: le Conseil Supérieur de la Fonction Publique reconnaît
"l'entrave à la liberté syndicale"JUSTICE POUR ROLAND VEUILLET ! Le Conseil Supérieur de la Fonction Publique (CSFP), à l'issue de son audience, mardi 25 janvier, s'est prononcé pour l'abandon de toute sanction à l'encontre de Roland VEUILLET. Le CSFP, organisme consultatif, ne peut qu'émettre une recommandation, il reste encore à l'imposer au Ministère de l'Education Nationale. Mais en retenant l'argument d'entrave à la liberté syndicale, le CSFP reconnaît la légitimité du combat de Roland Veuillet. Ce combat, que Roland a trop souvent mené seul, au long des milliers de kilomètres parcourus et pendant les 38 jours de grève de la faim, c'est celui contre la répression syndicale, celle qui frappe tous ceux qui refusent de se taire face à l'injustice, et de plier sous les menaces. C'est aussi le combat pour la dignité car si la répression contre ces militants se traduit par des sanctions et des condamnations, elle vise toujours à les anéantir sous les mensonges, les rumeurs les plus sordides afin de les faire passer pour d'abjects criminels. Salir les hommes pour salir leur combat : le dossier de Roland VEUILLET a été construit de toutes pièces selon cette règle, avec les outils indispensables que sont les falsifications de pièces, les mensonges et l'arbitraire. La décision du CSFP, donne une nouvelle force au combat de Roland VEUILLET, mais aussi à toutes les luttes contre la répression, de Kamel à Longwy jusqu'à Marseille avec Momo. Il reste encore à obtenir la levée de toutes les sanctions et la mise en place d'une commission d'enquête publique et contradictoire pour que toute la lumière soit faite. La mobilisation est indispensable. Pour plus d’informations sur "L’affaire Veuillet" : - Télécharger le dossier - Consulter le site Rappel : dans le cadre de la semaine d'action "Même pas peur" qui a lieu à Montpellier, du 28 janvier au 5 février, un débat sur la criminalisation du mouvement social et la répression de l’action est organisé, le 4 février à 20h00, au "Théâtre de La Plume", en présence de Roland Veuillet et de Dominique Soulié (délégué départemental de la confédération paysanne), impliqué suite à diverses actions (fauchage d’OGM, démontage du Mac Do...).
7 janvier 2005
Homo Mediaticus : Misère du
spectacle/Spectacle de la misèreDeux semaines de bombardements médiatiques massifs, avec même quelques séances de "frappes chirurgicales", "à vot' bon coeur, messieurs-dames, voici le Compte Chèque Postal". Pensez donc, une catastrophe naturelle à l'échelle mondiale en pleine "trêve des confiseurs", du pain béni, c'est le cas de le dire vu la période, pour les médias. La vague du raz de marée n'a d'équivalent que la vague médiatique qui a déferlé sur nos ondes et dans nos journaux et qui n'en fini pas de faire des clapotis dans les recoins de notre (mauvaise) conscience. Les médias se sont emparés de ce tragique évènement avec une avidité déconcertante, jonglant avec les mauvaises et les bonnes nouvelles, jonglant avec les chiffres des morts, des blessés, des disparus, des rescapés, des vrais-faux sinistrés. Ils ont tenu en haleine un public fasciné par l'énormité de la chose... ce qui ne l'a tout de même pas détourné des huîtres et du foie gras... du moins en France. UNE MONDIALISATION DU CATASTROPHISME C'est avec une constance morbide que les médias se sont vautrés, et n'en finissent pas de se vautrer dans la catastrophe. Durant des centaines d'heures, occupants la quasi totalité des bulletins d'informations et autres journaux télévisés, le long défilé des images de mort nous a harcelé jusque sur notre table, jusqu'au pied de nos lits… impossible d'ouvrir la moindre feuille de choux sans tomber nez à nez avec des corps boursouflés et autres témoignages "inédits et exceptionnels". Une lutte effrénée s'est engagée entre les agences de presse et les grands médias pour vendre de l'information à tout prix… faisant dans la surenchère du sordide, du spectaculaire et du sanglant. Il faut dire que pour une fois que "personne n'était responsable" (mis à part les carences dans la prévision), on pouvait y aller sans retenu. En effet a-t-on fait autant de vacarme pour les 800 000 morts (5 fois plus) du génocide Rwandais, ou les victimes (jamais décontées) de l'atroce guerre de Tchétchénie… pour ne citer que ces deux conflits. Il y a manifestement des morts respectables et d'autres qui ne le sont pas. Il faut dire que dans ces deux cas il n'y avait et il n'y a pas de touristes. Entre les "miraculés", les devins, les chanceux, celles ou ceux qui ont eu des rêves prémonitoires ou qui avaient perdu leurs billets d'avions nous n'avons eu que le choix pour faire fonctionner au maximum notre imagination et/ou nos fantasmes… Certains ne s'en sont pas privés. De quoi alimenter nos inconscients pendant plusieurs mois, de même que les écrans de télévision et donc les recettes publicitaires… car bien entendu, comme dirait TF1, l'information s'est faite entre deux plages (elles non sinistrées) publicitaires. A combien se sont négociées auprès des grandes chaînes de télé les petites séquences d'amateurs qui ont eu la chance historique ("j'y étais moi Monsieur! ") d'être là au bon moment avec leur vidéo prête à fonctionner… transformant, en l'espace de quelques seconde, leur ridicule instrument en lingot d'or ? Que peut-il se passer dans la tête de celles et ceux qui livrent en spectacle leur angoisse dans un hall d'aéroport dialoguant avec un journaliste qui joue plus ou moins le psychologue et guette, l'œil gourmand, la défaillance qui fera d'un simple reportage un "scoop-psy-grave"… "refais-moi ça, coco… ça passe un max !". Plus la situation du témoin est dramatique, mieux réussie est la séquence : la catastrophe comme si vous y étiez, la mort livrée dans votre salon par porteur spécial… il ne manque plus que l'odeur ! Mais, patience, on y travaille ! Nous avions l'habitude du spectacle de la misère, nous avons eu droit, quasiment en direct, au spectacle de la mort... on n'arrête pas le progrès ! LA SUBLIMATION DE L'HORREUR Partir d'un certain degrés, l'horreur devient acceptable, montrable, donc exploitable. Remarquez qu'il n'y a jamais eu une image "floutée" dans les reportages, les morts étaient socialement et politiquement propres, bref "télévisuellement corrects". L'horreur est acceptable quand elle n'est pas sociale, ou du moins quand son origine n'est ni politique, ni sociale. La "fatalité" étant la chose du monde dont le partage échappe à l'action humaine, elle dédouane les hommes de ses raisons, il est permis à Dieu d'avoir des absences, quand ce n'est pas une manière pour lui de faire de la pédagogie aux humains. Les voies du Seigneur (saigneur ?) sont impénétrables, tout le monde sait ça ! Mais l'horreur doit rester horrible pour continuer à faire ses effets. Le risque, en matière d'info, c'est que la tension du spectateur se relâche, retombe, soit par lassitude, soit parce que petit à petit, la situation tend à se normaliser ? Alors il faut relancer dare-dare ! Surtout lorsqu'on n'a pas grand-chose à se "mettre sous la dent" : une banale explosion d'immeuble par le gaz (pas même un attentat, c'est dire !), des salariés virés de leur entreprise (quelle banalité !), pas même une naissance princière ou un match de foot "d'anthologie" (comme disent les fans !)... que du menu fretin. Tout l'espoir réside dans les "répliques"... faudrait qu'elles se manifestent parce que ce coup ci toutes les caméras du monde sont prêtes ! Une bonne réplique, bien médiatisée, et l'on fait médiatiquement un malheur... "Pousse toi de là j'y étais le premier... non mais !" A défaut de "répliques", il a fallu trouver autre chose. Asie du Sud Est, tourisme, enfants abandonnés ! Ca y est on a trouve: trafic d'enfants et pédophilie... Ça c'est un filon ! Allons donc pour les trafics d'enfants ! Et c'est parti pour un tour. Mort, sang,... Il ne manquait plus que le sexe. Ce coup-ci, le tiercé gagnant est au rendez vous... et c'est reparti. A vomir ! Fallait-il informer sur la catastrophe ? Evidemment ! Mais ce à quoi nous assistons n'est plus de l'info, c'est du matraquage. Qu'il y ait une information sur les victimes, sur l'évolution de la situation, qu'il y ait même une émission spéciale sur le sujet, soit ! Mais quel sens a cette surenchère sinon d'être une mécanique incontrôlable guidée par le sensationnalisme motivé par la course à l'audimat ? Parce que, ce qu'il y a finalement derrière toute cette dérive, c'est l'argent, celui que rapporte la publicité… orientée par les statistiques de l'audimat. Le service public n'a pas eu plus de retenue que le privé… Au fait, c'est quoi et quand la prochaine catastrophe ? Patrick MIGNARD Télécharger le document
2 janvier 2005
Soutien à Kamel, victime
de la répression socialeAppel à signatures Vous connaissez certainement le cas de Kamel Belkadi, cet ex-salarié de Daewoo-Orion à Mont-Saint-Martin (54), condamné par le Tribunal correctionnel de Briey, le 12 octobre dernier, à 3 ans de prison (dont 18 mois fermes) et 30 000 Euros d'amende pour l'incendie d'une usine... qu'il n'a pas commis. Kamel a fait appel de ce jugement et devrait passer devant la cour d'appel de Nancy, le 13 janvier prochain. Son avocat, Maître Behr, a demandé un report de l'appel et nous saurons, tout début janvier, si ce report est ou non accordé. Quoi qu'il en soit, il faut réagir très vite et, le 13 janvier ou plus tard, manifester le soutien le plus large à Kamel. Suite à une réunion organisée à Nancy, le 15 décembre, contre la répression anti-syndicale et la criminalisation du mouvement social, un projet de tract a été rédigé avec, notamment, la secrétaire de l'UL CGT de Longwy, pour appeler à soutenir Kamel. Si votre organisation (syndicat, association, organisation politique) veut apporter son soutien, merci d'envoyer sa signature, par e-mail, à l'adresse suivante : signature-kamel@nancy-luttes.net avant mercredi 5 janvier midi et, surtout, de relayer le plus largement l'information dès que la date du procès sera confirmée. Les rédacteurs/trices du tract Liste des premiers signataires (organisations et individus) et un compte-rendu du procès au tribunal correctionnel de Briey : http://nancy-luttes.net/soutien.kamel.daewoo Télécharger le tract
20 décembre 2004
Non à une société
policière et à ses lois sécuritairesLe président de la République l'a annoncé, le 8 novembre à Nîmes, avec le ministre de l'Intérieur. Dans le cadre d'une "nouvelle étape de la politique de sécurité", le chef de l'Etat préconise le "renouvellement des formes de prévention". Il insiste sur la nécessité de développer "une politique ambitieuse de prévision des crimes et délits". Une politique qui implique, selon lui, que les forces de sécurité et les travailleurs sociaux "travaillent plus étroitement". D'où ce projet de loi qui sera présenté fin décembre, au conseil des ministres. NOUS SOMMES TOUS CONCERNES ! Nous sommes tous susceptibles, dans nos vies quotidiennes, de nous adresser à un de ces professionnels : enseignant, médecin, infirmière, psychologue, psychiatre, puéricultrice, assistante sociale, conseillère en économie sociale et familiale, travailleuse familiale, éducateur spécialisé, animateur, etc. AUJOURD'HUI, Ce qu'ils savent sur nous, ce que nous leur confions, est protégé par l'éthique, la déontologie ou le secret professionnel attachés à ces métiers. Cela a permis jusqu'à maintenant de garantir à chacun, en toute équité et en toute confiance, une relation pédagogique, d'aide ou de soins. Or ces métiers de l'aide à la personne sont soumis aux dispositions du projet de loi dit de "prévention de la délinquance". DEMAIN, Les maires seront les futurs "shérifs" de leur commune. La dernière mouture connue du projet de loi de prévention de la délinquance prévoit : "Tout professionnel intervenant au titre de l'action éducative, sociale ou préventive est tenu d'informer le maire de la commune de résidence de la personne au bénéfice de laquelle il intervient, ou le représentant désigné par le maire, de l'action entreprise au bénéfice de cette personne. Cette communication ne constitue pas une violation du secret professionnel". Ainsi devront être communiquées au maire (sous peine de sanctions disciplinaires) des informations d'ordre privé concernant :
Avec cette loi, tout citoyen est susceptible d'être soumis au contrôle du maire et fiché en tant que délinquant potentiel. C'est la fin de l'intimité des personnes, la systématisation du contrôle, au nom du partage de l'information, avec le maire désigné comme "le pilote en matière d'animation et de coordination de la prévention de la délinquance" et également avec les services de police (dans le cadre, notamment, des conseils locaux de sécurité et de prévention de la délinquance). Le projet de loi ne comporte aucune mesure pour remédier aux causes économiques et sociales de la délinquance, pas plus qu'il n'octroie au maire de moyens en matière d'action sociale. Il s'agit uniquement de contrôle. Le projet de loi de prévention de la délinquance, préparé par le ministère de l'intérieur et déjà expérimenté dans 23 quartiers dits criminogènes, a pour objectif de renforcer ce maillage. A partir du postulat suivant "toutes les personnes en difficultés sociales sont des délinquants potentiels" et du rejet d'une culture de l'excuse sociale, il prévoit :
Nous exigeons le retrait du projet de loi de "prévention de la délinquance".
17 décembre 2004
Communiqué des
"Faucheurs Volontaires"source : http://www.monde-solidaire.org/spip/article.php3?id_article=1794 Par sa décision de reporter le procès des six "Faucheurs Volontaires" inculpés pour leur participation au fauchage d'une parcelle de maïs transgénique, le 14 août à Marsat (Puy-de-Dôme), une décision argumentée par le fait "qu'un procès équitable justifie que tous les co-auteurs soient jugés en même temps", le tribunal correctionnel de Riom, par la voix de son président Jean-Pierre Franco, a apporté, le 14 décembre, une confirmation de la décision rendue par le tribunal de Toulouse, le 8 novembre, dans le cadre d'une affaire similaire (neuf "Faucheurs Volontaires" inculpés pour l'action du 25 juillet en Haute-Garonne). A Toulouse, deux cent vingt-quatre personnes avaient revendiqué leur participation au "délit" et demandé à être poursuivies avec les inculpés. A Riom, cent soixante-sept personnes en ont fait autant. En accédant à leur demande, contre l'avis du Parquet, les tribunaux de Toulouse et de Riom sont en train de créer une jurisprudence qui reconnaît la désobéissance civile, engagement à la fois individuel et collectif, essentiel en démocratie. Une nouvelle fois, alors qu'on les présente trop souvent comme des hors-la-loi, voire des terroristes, les "Faucheurs Volontaires" ont donné, par l'intermédiaire de leurs avocats Maîtres Marie-Christine Etelin et François Roux, une véritable leçon de droit, en se basant sur le Code de procédure pénale pour revendiquer un procès équitable. Désormais, il ne sera plus possible, après une action collective quel qu'en soit le domaine, de prendre quelques personnes en otages, comme cela était jusqu'à présent pratiqué. Une brèche légale est maintenant ouverte, où l'ensemble du mouvement social peut s'engouffrer pour la préservation du bien commun. Le Collectif des "Faucheurs Volontaires" se réjouit par ailleurs de cette nouvelle démonstration de l'indépendance de la justice, et par-là même du second camouflet infligé à M. Perben. Le Garde des Sceaux, qui s'était senti autorisé à exiger la plus ferme sévérité pour les "Faucheurs", doit enfin comprendre que nous sommes encore en République, où existe la séparation des pouvoirs. C'est à la justice de décider, pas à lui. Cette décision renforce la détermination des "Faucheurs Volontaires" pour continuer et accentuer leur résistance à la dictature des OGM, imposée par les firmes semencières avec la complicité de l'État, jusqu'à ce que celui-ci accepte enfin d'organiser un débat démocratique sur la question des OGM, un débat qu'il a jusqu'à présent refusé avec une obstination suspecte, au dépend de la démocratie et de la santé publique. Le Collectif des "Faucheurs Volontaires"
11 décembre 2004
Un message de Cesare
BattistiLa vérité est transparente comme une goutte d'eau qui court le long d'un fil. Elle peut tomber d'un moment à l'autre. Cesare Battisti, le mercredi 8 décembre 2004 J'ai beau me boucher les yeux et les oreilles. Mon repaire, qui n'en est pas un, ne saurait être à l'abri de ce climat d'ordinaire vengeance qui semble s'installer autour de mon "affaire", qui d'ailleurs est aussi celle de tous les réfugiés italiens. Disant climat, je me garde bien de dire "opinion publique" car, et fort heureusement, même les faiseurs de vérité les mieux placés n'arrivent pas à pénétrer ce mystère. Je fais naturellement allusion à tous ceux qui, par mauvaise foi ou par ignorance, se remplissent la bouche de mots comme "démocratie", "liberté", tout en me livrant à la prison à vie décidée par contumace dans un pays alors en état d'urgence. C'est à ne pas y croire. Ces personnes, je me le demande, croient-elles fermement que l'Italie des années soixante-dix était une véritable démocratie, avec un Gouvernement capable d'assurer les droits les plus élémentaires de ses citoyens ? Non, excusez la cruauté des mots, mais moi, je préfère presque la première hypothèse ; au moins c'est clair, on a affaire aux marchands de toujours, la morale dans les poches, et ainsi on n'en parle plus. Parce qu'il faut appeler un chat un chat. Ceux qui aujourd'hui prendraient la décision d'envoyer un de leurs concitoyens (je rappelle à ceux qui veulent l'entendre que ma naturalisation était acceptée juste avant mon incarcération), en Italie pour y affronter la prison à vie, sans jamais avoir eu le droit à un procès équitable, et bien, ces personnes porteront sur elles la honte à vie. Quoi qu'ils inventent pour justifier leur jugement. Mais au-delà de la pourtant sacrée présomption d'innocence, (et je le répète fort et haut, je ne peux pas payer pour des homicides que je n'ai pas commis), je tiens à préciser aussi, pour le cas où parmi ces "justes" il y aurait des amnésiques, que la question dépasse de loin le domaine juridique. Parce que moi, voyez-vous, je suis de ces personnes qui pensent encore que l'histoire est matière beaucoup trop complexe, importante, pour qu'elle soit faite en quelques heures de débat contradictoire dans une salle de tribunal et, par-dessus le marché, sans aucune possibilité de défense. Les années soixante-dix, celles d'une génération entière, de militants et de non militants, quelles que fussent les circonstances de chacun, sont un drame historique et pas un fait divers. Et à ceux qui s'obstinent à parler "d'années de plomb", il faut peut-être dire une fois de plus que le poids du plomb penchait largement du côté d'un pouvoir établi sur des bases artificielles et déchiré tout d'abord par la violence meurtrière des ses luttes intestines. Cela dit, je ne veux pas parler le même langage que celui de ces mauvaises consciences qui aujourd'hui, plus de 30 ans après les faits, se font complices de ceux qui voudraient nous enterrer vivants. Je n'accuse personne, ça aussi fera partie de l'histoire. Mais je ne peux pas rester muet, lorsque certains journaux italiens, prétendent me voir partout et, notez bien, pas n'importe où, mais très précisément logé chez ETA ou engagé par les militants armés corses. Cela me fait froid dans le dos. Parce qu'à l'époque, quand déjà les dérapages ne se comptaient plus ni d'un côté ni de l'autre de la "barrière", quand ces même journaux commençaient à écrire ces mêmes mots qu'ils ressuscitent aujourd'hui, alors, la personne "dangereuse" qu'on voyait partout, quelques semaine après était abattue à bout portant dans la rue et parfois, et cela aussi est histoire, dans son propre lit. Non, je ne veux pas faire de la paranoïa et je sais bien que les temps ont changé. Mais croyez-moi, il y a des mots, des sales tactiques qu'on n'oublie jamais. Surtout quand les défunts "dangereux" en question étaient aussi des jeunes comme moi. Pardonnez-moi si parfois mes paroles sont vives : manque de sérénité oblige. Je voudrais seulement ouvrir mon cœur à ceux qui veulent encore regarder dedans et leur dire pourquoi. Pourquoi l'histoire n'existe plus, pourquoi la mémoire devient celle d'un jour, jusqu'au prochain journal télévisé. Je divague peut-être, mais même la notion d'accident n'existe plus. L'évènement naturel aussi a disparu pour faire place à la "faute à quelqu'un". Pourquoi il y a toujours et forcément un coupable, un humain qui doit payer pour tous au nom de l'omniprésente responsabilité individuelle et la désormais innommable faute collective. Pourquoi, s'il vous plait, avant même de chercher à comprendre, poursuit-on déjà un coupable et grand malheur s'il n'y en avait pas un ad hoc ! Peut-être parce que, nous sommes devenus incapables d'assumer la douleur de l'adversité et cherchons soulagement et distraction dans la recherche du "Reo". Et puis encore, excusez-moi la naïveté et sans jamais oublier l'incontestable respect qu'on devrait tous avoir pour la vie humaine, pourquoi est-on Résistant lorsqu'on gagne et terroriste quand on perd ? Pourquoi la vengeance est-elle devenue une pratique ordinaire ? Je me souviens, pourtant, que ça n'a pas été toujours ainsi. Il fut un temps où la vengeance était quelque chose d'horrible et seulement très peu de malheureux osaient la défier, se trompant souvent de cible. Aujourd'hui, en revanche, elle semble devenue une nécessité, la "nova res publica". Il nous faut un coupable et le punir, oubliant sa vie sociale, sa famille, les valeurs de respect et de liberté qui sont et restent les siennes, les promesses... Il n'y a plus de dieux à brûler. Le ciel est vide.
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