LA CHARTE DU CROAC

Préambule :

Si l'aventure à mener consiste à changer le monde, il faudra aussi se changer soi-même.
Si un nouveau collectif doit trouver sa place dans ce combat, il doit rompre avec de nombreuses pratiques. Il nous semble important d'entreprendre une réflexion sur les formes de lutte, d'organisation…, nos propres degrés d'implication et de résistance afin de mettre en accord nos actes et nos paroles, chemin indispensable pour inventer le monde de demain et commencer à en poser les jalons dès aujourd'hui (Démocratie dans le mouvement, rapport hommes/femmes, notre consommation…, soutiens aux alternatives existantes…). Commencer donc dès aujourd’hui, par nos pratiques et notre réflexion, l’ambitieux projet de changer la société.
La première tache à se donner : écouter et respecter la parole de chacun. De la confrontation naîtra la richesse et notre patience sera un bon indicateur de notre capacité de résistance. Permettre à tous de trouver sa place dans la diversité de nos parcours, est le seul moyen de rassembler nos forces.
La Charte qui suit n’est pas immuable, elle sera modifiée chaque fois que l’assemblée générale l’estimera nécessaire.

Le capitalisme, avec l’OMC comme chef d’orchestre, s’étend à toute la planète.
Sa domination s’exerce non seulement par l’économie mais aussi par les modes de vie, la pensée unique, la normalisation des comportements.
Il engendre l’exploitation, les guerres, le racisme, la misère, la concurrence de tous contre tous, le saccage des ressources naturelles et de l’environnement.


DE CETTE SOCIÉTE-LÀ, NOUS N’EN VOULONS PAS

En France, la mobilisation sociale exceptionnelle, engagé depuis mars 2003 contre l’application de cette politique n’a pas débouché sur une grève générale en raison notamment des divisions entretenues par le patronat, avec l’aide des gouvernements - qui se succèdent dans la même politique – et l’appui de médias aux ordres :
travailleurs du privé contre ceux du public, ceux qui ont un travail contre ceux qui en ont été privés, français contre étrangers, hommes contre femmes, jeunes contre vieux, syndiqués contre non syndiqués.

CONTRE LA DIVISION, UN POUR TOUS, TOUS POUR UN

Cette division, arme principale de ceux qui veulent écraser toute résistance, s’est trouvée amplifiée par la faiblesse, l’absence de volonté, le frein ou le blocage de directions d’organisations syndicales.

DE CETTE IMPUISSANCE ET DE CE SABOTAGE-LÀ, ON N’EN VEUT PAS
RÉSISTER ET PASSER Á L’OFFENSIVE…AUJOURD’HUI ET DEMAIN


Contre la mondialisation capitaliste et ses conséquences sur l’avenir de l’humanité, nous luttons pour :
  • Une économie au service des peuples et une autre répartition des richesses
  • La préservation d'une planète en grand danger
  • Une manière de produire et de consommer sans détruire la nature, l’arrêt des gaspillages, l’utilisation des énergies renouvelables
  • L’égalité entre les hommes et les femmes ; contre le sexisme et l’homophobie
  • La libre installation et la libre circulation des personnes
  • Le droit au logement
  • Le droit à l’emploi, à un revenu minimum et à la retraite que permettent pour tous, par une autre répartition, les richesses produites dans notre pays, dans la recherche d’un épanouissement au-delà du travail aliéné
  • Le droit à la santé
  • Le droit à l’éducation dans une école gratuite et laïque.
  • Le droit à la culture
  • L’arrêt de la casse et l’amélioration des services publics (eau, énergie, transports, communications)
  • L’élaboration et le contrôle démocratique des décisions.
Pour cela, nous nous engageons à :
  • Informer et diffuser toute information susceptible de renforcer la lutte ; entre autres, entreprendre dès ce jour la résistance à l’AGCS
  • Réfléchir aux formes d’action et mener des actions contre ceux qui détiennent le pouvoir économique, politique et médiatique
  • Agir avec toutes les organisations (associations, syndicats, partis) luttant réellement contre le capitalisme.
  • Nous informer et à nous relier aux mouvements de résistance et de lutte des autres régions et des autres pays.
ILS SONT UNE POIGNÉE, NOUS SOMMES DES MILLIONS

Notre force, c’est le nombre. Nous devons tout faire afin que ne se retrouve plus seul le sans-papier, le précaire, le chômeur et celui qui risque de le devenir (Tati, Alsthom, Air Littoral, IBM…), le travailleur menacé pour avoir redressé la tête et tous ceux qui, quelle que soit leur place dans la société, rentrent en lutte contre les conséquences ou contre les projets de ceux qui nous gouvernent. Nous devons nous regrouper pour penser et agir. Chômeurs ou non, français ou non, membres d’une organisation (association, syndicat, parti politique) ou non, nous avons tous notre place dans ce regroupement. Le temps pour agir n’est pas illimité, l’état de la planète est là pour nous le rappeler. Il est de la responsabilité de chacun de s’impliquer dans ce combat à l’issue incertaine, mais porteur d’espoir pour l’avenir.

« Si tu ne participes pas à la lutte, tu participes à la (ta) défaite. » B. Brecht